Depuis le 12 août 2026, un règlement européen décide de la façon dont vous assaisonnez votre repas. Le sachet de ketchup, de moutarde ou de mayonnaise disparaît des tables si vous mangez sur place mais reste légal si vous sortez avec votre plateau. Une interdiction absurde, une note salée pour le petit restaurateur, et une adaptation que les grandes chaînes absorbent sans ciller.
Ce texte en dit long sur la complexité d’une réglementation européenne capable de transformer une simple dose de sauce en objet de conformité.
Une règle européenne qui descend jusque dans l’assiette
Le règlement (UE) 2025/40, dit PPWR, a été adopté le 19 décembre 2024 et est entré en vigueur le 11 février 2025. Il s’applique depuis le 12 août 2026. Cette norme s’inscrit dans l’objectif de réduire de 15 % les déchets d’emballage par habitant entre 2026 et 2040. Elle touche aussi, dans le même mouvement, d’autres portions individuelles comme le sucre ou le lait pour le café. Les centres de santé et de soins échappent à l’interdiction.

Mais le calendrier est moins immédiat que certains titres de presse ne le laissent entendre. L’annexe V vise notamment les emballages plastiques à usage unique contenant des portions individuelles de condiments, sauces, sucre ou assaisonnement dans le secteur HORECA (Hôtellerie-Restauration-Café). Toutefois, l’article 25 prévoit que les restrictions correspondantes s’appliqueront à partir du 1er janvier 2030.
A cet effet, les portions fournies avec des plats à emporter destinés à être consommés immédiatement restent exclues de cette interdiction. Ce même sachet peut donc relever de régimes différents selon le contexte de consommation.
Le petit restaurateur face à la bureaucratie bruxelloise
À terme, les établissements devront adapter leurs pratiques : flacons collectifs, distributeurs rechargeables ou service à l’assiette pourront remplacer certaines portions individuelles. Ces solutions existent déjà, mais leur déploiement suppose des achats, de l’entretien, une organisation et des exigences sanitaires adaptées.

Une grande chaîne peut standardiser rapidement ses équipements et ses procédures. Pour une petite brasserie, chaque nouvelle obligation représente au contraire une décision d’investissement et une contrainte opérationnelle supplémentaire.

La Commission elle-même reconnaît la complexité du texte : depuis son adoption, elle a reçu de nombreuses questions des États membres et des acteurs économiques sur son interprétation. Elle a publié en juin 2026 un document d’orientation pour tenter de clarifier les règles.


