Ben Gvir poste une vidéo de militants à genoux, tollé en Israël et en Europe

Ben Gvir poste une vidéo de militants à genoux, tollé en Israël et en Europe


Partager cet article

Un ministre israélien d'extrême droite a diffusé une vidéo montrant des militants pro-palestiniens de la flottille « Global Sumud » menottés, à genoux, visage contre le sol. Le tollé est international. Mais derrière l'indignation de façade, c'est toute l'architecture politique israélienne qui vacille.

Ben Gvir, le ministre israélien de la Sécurité nationale, a publié mercredi 20 mai une vidéo montrant des militants de la flottille « Global Sumud » agenouillés, menottés et visage contre terre. La légende : « Bienvenue en Israël ». La séquence, jugée humiliante même au sein du gouvernement Netanyahu, provoque un tollé européen et une convocation de l’ambassadeur israélien par Paris. Derrière l’incident, une pseudo coalition à Tel Aviv et des capitales européennes qui défendent soudain la « dignité » de militants dont elles désapprouvent pourtant l’action.

Une démonstration de force qui tourne au scandale

La vidéo publiée le 20 mai par Itamar Ben Gvir, leader du parti d'extrême droite ultranationaliste, devait illustrer la fermeté israélienne face à la nouvelle “flottille pour Gaza”, organisée pour tenter de contourner le blocus maritime imposé à l’enclave palestinienne.

Elle montre surtout une mise en scène brutale : militants forcés à genoux, mains liées, certains le visage plaqué au sol, sous le regard satisfait du ministre d’extrême droite. La séquence est accompagnée d’un provocateur “Bienvenue en Israël”.

Flottille pour Gaza : moteurs en panne et gouvernements aux abonnés absents
L’actrice française Adèle Haenel, embarquée depuis début septembre sur la Global Sumud Flotilla, a dû quitter la mission après une panne moteur sur son navire. Malgré cet abandon forcé, elle a réaffirmé sa détermination à soutenir la cause palestinienne et à dénoncer le blocus israélien, qualifié de « génocide » par

Lorsqu’une militante crie “Free Palestine”, elle est violemment poussée à genoux. Ben Gvir lance ensuite : “Voilà comment nous recevons les soutiens du terrorisme.” Une communication dédiée à son électorat nationaliste, mais qui s’est immédiatement retournée contre le gouvernement israélien lui-même.

Netanyahu fragilisé, l’Europe hausse le ton

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rapidement pris ses distances, jugeant ces images “non conformes aux valeurs d’Israël”. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a dénoncé un “spectacle honteux” ayant “sciemment nui” à l’image du pays. Cette polémique intervient alors que la Knesset vient d’engager un processus de dissolution pouvant conduire à des élections anticipées, sur fond de tensions explosives au sein de la majorité.

Aide humanitaire à Gaza : Israël annonce la reprise sur fond de doutes
Après près de cinq mois de blocage, l’aide humanitaire va reprendre dans la bande de Gaza. Israël a annoncé une trêve militaire quotidienne pour faciliter l’acheminement des secours. Si l’ONU salue cette avancée, les humanitaires dénoncent une réponse largement insuffisante face à la famine qui menace plus

La réaction européenne a été immédiate. Giorgia Meloni a évoqué une “atteinte à la dignité humaine”, Madrid parle de “traitement inhumain”, tandis que Paris a convoqué l’ambassadeur israélien. Selon les organisateurs, sur les 430 membres de la flotille, 37 Français figurent parmi les personnes interpellées.

La conclusion s'impose d'elle-même : Netanyahu désavoue Ben Gvir après sa vidéo humiliante. Pour autant, Ben Gvir joue pour sa base électorale. Et Netanyahu, est pris en étau entre son allié encombrant et ses partenaires européens indispensables. Mais cette affaire révèle une nouvelle dérive pour Tel-Aviv, déjà isolé sur plusieurs dossiers liés à Gaza.

Brève de


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
« Licenciement complaisant » : l'ancien maire de Besançon condamné en appel pour prise illégale d'intérêts

« Licenciement complaisant » : l'ancien maire de Besançon condamné en appel pour prise illégale d'intérêts

Jean-Louis Fousseret, maire socialiste puis macroniste de Besançon pendant vingt ans, a été condamné jeudi 9 juillet par la cour d'appel à 10 000 euros d'amende avec sursis et deux ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts. En cause : le licenciement de sa directrice de cabinet Alexandra Cordier en 2019, qui lui a rapporté 82 750 euros aux frais de la mairie. La collaboratrice, elle, sort entièrement blanchie. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany