Stellantis a annoncé, le jeudi 16 avril, l’arrêt définitif de la production automobile à Poissy (Yvelines) après 2028. La dernière usine d’assemblage d’Île-de-France, qui sortait encore 400 voitures par jour (Opel Mokka et DS3), sera reconvertie en centre de pièces détachées et de déconstruction. Sur les 1 580 salariés réellement présents, 1 000 postes ouvriers seront conservés, moyennant 100 millions d’euros d’investissement. Le groupe parle de « futur industriel pérenne ». Mais les faits disent autre chose : une nouvelle étape dans la désindustrialisation programmée de la France.

Le jeudi 16 avril, Stellantis a annoncé la fin de la production d’automobiles dans son usine historique de Poissy, dans les Yvelines. Elle sera transformée en un site de fabrication de pièces et de déconstruction de véhicules et le constructeur a promis de conserver 1000 postes ouvriers. Le syndicat Sud ne croit pas à cette promesse et lance un appel à la grève.
Fin de la dernière usine d’assemblage automobile d’Ile-de-France
Stellantis a annoncé jeudi la fin de son usine de production d’automobiles à Poissy, dans les Yvelines. Elle deviendra bientôt un site de fabrication de pièces et de déconstructions de véhicules. Le calendrier est déjà programmé. La reconversion débutera officiellement après 2028. « Le site ne fermera pas, il aura un futur industriel pérenne », a déclaré Stellantis dans un communiqué.

Selon le groupe italo-franco-américain, un budget de 100 millions d’euros sera investi dans ce projet. Le constructeur a promis de conserver 1000 postes ouvriers parmi les 1500 existants. Les départs des salariés seront « naturels et volontaires ». Personne ne sera contraint d’abandonner son emploi.
Le syndicat Sud Stellantis Poissy reste sceptique et évoque « une véritable saignée » et qu’au maximum, le groupe ne pourra conserver que 2 à 300 emplois. Le syndicat organisera une manifestation le 23 avril prochain. Il a déjà lancé l’appel à la grève.
Une série noire qui ne doit rien au hasard
Poissy n’est pas un accident isolé. C’est la dernière d’une longue liste francilienne : Renault Boulogne-Billancourt fermée en 1992, PSA Aulnay en 2014, Renault Flins reconvertie en 2024. L’usine, née en 1938 et forte de 27 000 salariés en 1976, tournait déjà à seulement 58 % de ses capacités en 2025 après l’annulation du projet DS3 électrique.

Depuis la crise du covid, les ventes de voitures neuves en Europe ont chuté d’un quart. Ajoutez la concurrence chinoise, la transition électrique imposée par Bruxelles, et vous obtenez une casse sociale silencieuse. L’Insee est formelle : 425 500 emplois dans la filière auto en 2010, 286 800 en 2023. Poissy, c’est le même destin que Flins (Renault, 2024) ou Aulnay-sous-Bois (PSA, 2014). À son apogée, en 1976, le site employait 27 000 personnes. Aujourd’hui, il en reste 1 580 en réel. Demain, 1 000. Demain après-demain ?

Quand les élites bruxelloises et parisiennes empilent normes, taxes et contraintes, les groupes mondialisés font ce qu’ils ont toujours fait : ils arbitrent en faveur de la rentabilité. Les ouvriers de Poissy, comme ceux de Flins ou d’Aulnay avant eux, paient l’addition.
Pour inverser la courbe, il n’y a qu’une voie : libérer l’industrie. Moins de normes, moins de taxes, plus de flexibilité. La France a encore le choix. Elle peut continuer à subir ou, enfin, reprendre sa souveraineté.
