Une lectrice m'écrit après la chronique de dimanche. Elle a mis en place une allocation Barbell pour son époux il y a un an, elle en est satisfaite, et elle pose quatre questions précises. Elles sont si justes — l'une d'elles relève d'ailleurs une incohérence réelle de ma part — que je préfère y répondre ici, pour tout le monde, plutôt qu'en privé.

1. Est-ce terminé pour le Livret A, les autres livrets et les fonds en euros ?
Non, et il faut distinguer. La stratégie Barbell exclut le centre : les fonds patrimoniaux diversifiés, les portefeuilles 60/40, les unités de compte multi-supports, les SCPI grand public. Elle n'exclut pas la trésorerie de précaution, qui n'est pas un placement mais une réserve.
Le Livret A, à 1,5 % depuis le 1er février 2026, rapporte moins que l'inflation (autour de 2,2 % en avril). Vous y perdez donc lentement du pouvoir d'achat. Mais ce n'est pas sa fonction : sa fonction est d'être liquide, garanti par l'État et disponible en vingt-quatre heures. Gardez-le pour cela — votre épargne de précaution, trois à six mois de dépenses — et pour cela seulement. N'attendez pas d'un livret qu'il construise un patrimoine ; ce n'est pas son métier. Le LDDS suit la même logique.
Les fonds en euros sont un cas plus délicat. Ils ont servi environ 2,65 % en moyenne en 2025, davantage pour les meilleurs. Le problème n'est pas le rendement, il est le sous-jacent : un fonds en euros est massivement investi en obligations souveraines, dont une large part d'OAT françaises — exactement la signature dont je recommande de s'alléger. Ne renforcez pas vos fonds en euros, mais ne soldez pas dans l'urgence un contrat ancien fiscalement mûr : laissez courir l'existant, n'y dirigez pas d'argent neuf.


2. Faut-il placer l'épargne de précaution en devises, sur Wise ou un service équivalent ?
Non. Et je crois que la question vient d'une confusion entre deux poches que je dois mieux distinguer. L'épargne de précaution doit rester liquide, garantie en
