Automobile : 329 000 emplois menacés par le dirigisme de Bruxelles

Automobile : 329 000 emplois menacés par le dirigisme de Bruxelles


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L'industrie automobile française, 329 000 emplois et 1,1 % du PIB, est au bord du gouffre. Entre coûts de production stratosphériques et une demande domestique anémiée se conjuguent aux incertitudes réglementaires imposées par l'UE, l’industrie s’interroge : la France organise-t-elle sa propre décroissance ?

Avec 4 080 entreprises, 329 000 salariés et 31,2 milliards d’euros de valeur ajoutée, la filière automobile reste l’un des derniers blocs industriels encore debout en France. Pourtant, les chiffres de l’enquête de l’Insee sont sans appel : un solde d’opinion de -24 points pour 2025 au sein de la filière, plombé par les coûts de production (énergie, matières premières) pour 68% des entreprises. Les perspectives 2025 s’effondrent et la transition vers le véhicule électrique, décidée dans les bureaux bruxellois et parisiens, tend l’ensemble de la chaîne de valeur. Derrière des discours officiels lénifiants, la réalité est brutale : la politique énergétique et industrielle française étrangle un secteur déjà fragilisé par la concurrence asiatique et l’effondrement de la demande intérieure. Selon l'INSEE, parmi les principaux pays d'industrie automobile en Europe, la France est le seul pays à avoir connu un recul de sa production en valeur ajoutée depuis 2017.

Des milliers d’emplois menacés dans les secteurs amont

La filière automobile en France réunit 4080 entreprises spécialisées dans la conception, la fabrication, la transformation et le recyclage des véhicules. Ces sociétés emploient 329.000 salariés.

Selon une analyse détaillée, le segment de la fabrication d’équipements automobiles fournit plus de 123.000 emplois. Le secteur de la construction automobile emploie 84.620 salariés. 60% des emplois dédiés à l’automobile sont concentrés dans le nord et l’est de la France.  

Les acteurs de la filière automobile prévoient une chute de leur activité en 2025. Le solde d’opinion dans tous les secteurs réunis est de -24 points. Une vague de pessimisme aiguë s’installe dans le domaine métallurgie et fabrication de produits métalliques. Le solde s’établit à -44%. La fabrication et rechapage de pneumatiques anticipe également un solde négatif à – 40 points.

Dans le secteur de la construction automobile, les perspectives sont légèrement positives. Il affiche un solde d’opinion de + 4 points. Toutefois, les acteurs font face à un autre problème.

Leurs fournisseurs, notamment les carrossiers et équipementiers prévoient un solde de -17 points. Suite à cette vague de pessimisme, des milliers d’emplois dans la filière automobile sont menacés. En effet, plusieurs entreprises seraient contraintes de réduire leurs effectifs en raison de la baisse d’activité. 

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Les freins majeurs: coûts de production et faiblesse de la demande intérieure

Matières premières, énergie, intrants… 68 % des entreprises se disent freinées par la hausse des matières premières et 61 % par le prix de l’énergie – résultat direct des choix publics en matière de marché européen de l’électricité et d’écologie punitive.

Dans l’industrie automobile, ce constat se renforce : 73 % des acteurs évoquent l’impact du coût des intrants et 66 % subissent la facture énergétique. À cela s’ajoutent des tensions de recrutement (48 %), reflet d’un marché du travail rigidifié par des années de sur-réglementation, et un profil de personnel jugé inadapté par 38 % des industriels.

Le second frein majeur, cité par 51% des sociétés, est la faiblesse de la demande intérieure. Celle-ci n’est pas une fatalité, mais la conséquence directe d’une politique volontariste et brutale. L’« incertitude réglementaire sur l’abandon des moteurs thermiques », inquiétant 46% des acteurs, paralyse le consommateur.

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Pris en tenaille entre des interdictions programmées et une offre électrique encore coûteuse et contrainte, il reporte ses décisions. L’État, en imposant par décret une transition technologique sans se soucier des réalités du marché, du pouvoir d’achat et des infrastructures, a tout simplement cassé le marché. La planification centralisée crée ici son propre marasme.

La diversification forcée : la fuite hors de l’automobile

Paradoxalement, les entreprises voient des opportunités… en dehors de la filière automobile. Les activités informatiques et d’ingénierie affichent un solde de +43 points sur les marchés non-automobiles.

Ceci démontre non la vitalité de la filière, mais son éclatement. Les talents et les capitaux se réorientent vers des secteurs moins régulés et plus rentables. La « filière » en tant que bloc cohérent se délitera au profit d’entreprises agiles qui exporteront leur expertise ailleurs.

La concentration géographique dans le Nord-Est (60% des emplois) transforme cette évolution en défi social colossal, que les plans de subvention ne pourront contenir.

La filière se tourne ailleurs. Quand un secteur quitte son marché naturel, c’est rarement bon signe.

Loin d’être une fatalité économique, le déclin annoncé de l’automobile française est largement politique. Entre coûts énergétiques artificiellement élevés, interdiction programmée des moteurs thermiques, normes instables et concurrence étrangère peu entravée, la France organise lentement la disparition d’un pilier entier de son industrie. Sa survie ne viendra pas d’un nouveau « plan de relance » dirigiste, mais d’une libération : allègement fiscal, moratoire réglementaire et restauration de la confiance des consommateurs par la liberté de choix. Sans cela, la France assistera non à une transition, mais à une disparition.


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