La chambre régionale des comptes constate que les élus de l’ancienne majorité de la ville de Montluçon (Allier) ont dépassé de 464 000 euros l’enveloppe légale de leurs indemnités entre 2019 et 2026. Elle relève aussi 20 000 euros de frais de réception insuffisamment justifiés. L’ex-maire Frédéric Laporte nie toute irrégularité et parle d’une erreur de calcul, tandis que la nouvelle majorité et la gauche exigent le remboursement.
Dépassement de 464 000 euros d’indemnités de l’enveloppe légale, 20 000 euros de frais de réception insuffisamment justifiés, et une « erreur de calcul » invoquée par l’ancien maire. Le rapport de la chambre régionale des comptes ne conclut pas à une infraction pénale. Il constate.
464 000 euros de dépassement : une erreur de calcul qui coûte cher aux finances publiques
Dans un rapport de 79 pages consacré à la gestion de la Ville de Montluçon, la chambre régionale des comptes relève que l’enveloppe légale consacrée aux indemnités des élus a été dépassée de 464 000 euros entre 2019 et 2026, s’y ajoutent 20 000 euros de frais de réception insuffisamment justifiés. "Il n'y a aucune irrégularité", estime l’ancien maire , Frédéric Laporte. Il invoque même une "erreur " dans le calcul de l’enveloppe autorisée. L’argument mérite d’être examiné, mais il ne suffit pas à dissiper les interrogations soulevées par les constats de la chambre.
La chambre ne qualifie pas les faits d’infraction pénale ; elle établit des constats comptables et juridiques. Rien ne permet donc de présenter cette affaire comme la preuve d’un détournement. Pourtant, reste une question: comment un écart de 464 000 euros a-t-il pu se constituer sur plusieurs exercices sans être corrigé à temps ?
La nouvelle majorité réclame un remboursement, l’ancien maire défend sa gestion
La nouvelle majorité municipale et l’opposition de gauche demandent le remboursement des sommes perçues. L’adjoint aux finances, Mathieu Bogros, rattache ce trop-perçu à la « notion d’exemplarité des élus ». À gauche, Pierre Mothet résume : « la morale veut que ses élus remboursent. » Nouvelle majorité et opposition de gauche réclament donc le reversement des sommes perçues.
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Leur position place l’ancien exécutif face à une exigence simple : expliquer le calcul retenu, établir les responsabilités dans le suivi des indemnités et préciser les suites données aux observations de la chambre. Les indemnités des élus rémunèrent l’exercice d’un mandat, mais leur montant n’est pas laissé à la seule appréciation de ceux qui les perçoivent. Les règles qui les encadrent sont précisément là pour éviter que les bénéficiaires décident eux-mêmes de la limite de leurs avantages.
La suite devra donc éclaircir les modalités d’un éventuel remboursement, les responsabilités de gestion et les réponses apportées aux observations financières. Le contribuable, lui, ne dispose pas de la même marge de manœuvre lorsqu’il doit régulariser une erreur fiscale.
À Montluçon, la chambre régionale des comptes a mis des chiffres sur un dépassement important ; les élus qui demandent réparation réclament maintenant des actes. Une explication comptable peut éclairer les faits., mais malheureussement, elle ne dispense pas de rendre des comptes.