Les quatre syndicats représentatifs (CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT) appellent à une grève commune ce jeudi 5 novembre, dans un contexte où la SNCF a annoncé 1,2 milliard d’euros de bénéfice semestriel en juillet. Les organisations syndicales réclament une hausse générale des salaires, l'instauration d'un treizième mois pour tous et l'arrêt des suppressions de postes. Dans le transport public français : les bénéfices nourrissent les revendications salariales, mais ne se traduisent pas nécessairement par un avantage immédiat pour les usagers.
Ce 3 novembre, une table ronde sur les revalorisations se tiendrait à Saint-Denis, deux jours avant le mouvement. Pendant ce temps, les voyageurs risquent de payer la facture en retard, suppressions de trains et journées de travail compromises, sans garantie de voir les tarifs ferroviaires baisser.
Quatre syndicats unis pour transformer les bénéfices en levier salarial
La CGT, l’UNSA, SUD-Rail et la CFDT appelleraient ensemble à la grève, ce jeudi 5 novembre. Les quatre organisations représentatives portent simultanément des demandes qui touchent aux rémunérations, à la reconnaissance du travail et à l’emploi.
Le bénéfice semestriel de 1,2 milliard d’euros, annoncé en juillet, constitue leur principal argument. Ce résultat est celui d’une entreprise publique en quasi-monopole sur le rail français, dont l’État a repris 35 milliards d’euros de la dette de SNCF Réseau. Pour autant, les cheminots réclament leur part : augmentation générale des salaires, revalorisation des primes, et un « vrai treizième mois » pour tous. La direction, elle, a déjà consenti une prime de 100 euros après la grève du 10 juin, jugée « pas à la hauteur » par les syndicats. Les syndicats entendent faire de cette performance financière un moyen de pression sur la direction.
Les voyageurs paieront les conséquences sans maîtriser l’issue du conflit
Tous les grands réseaux sont susceptibles d’être touchés : TGV, Intercités, TER, RER et Transilien. Lors de la grève du 10 juin 2026, un TGV sur trois et un Intercités sur deux avaient été supprimés. Les grévistes devant se déclarer 48 heures à l’avance, la SNCF ne publiera ses plans de transport que le mercredi 4 novembre, vers 17 heures. Les usagers organiseront donc leurs déplacements à la veille. La journée coïncide en outre avec une mobilisation interprofessionnelle dans le public et le privé.
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Le vendredi 6, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, sera à bord du TGV M , aux côtés du PDG Jean Castex, pour le voyage inaugural Paris-Gare de Lyon–Marseille, départ à 9 h 56. Les premiers voyageurs embarqueront à partir du 9 novembre. La date de la grève n’a rien d’un hasard : difficile de mieux illustrer le contraste entre la vitrine technologique de la SNCF et les tensions sociales qui traversent l’entreprise.
Reste la question centrale, à qui profite la performance financière ? Les cheminots réclament une part des bénéfices, tandis que les voyageurs continuent de financer leurs billets sans pouvoir exiger, en contrepartie, une baisse des tarifs liée aux résultats du groupe. Il serait tout aussi simpliste de confondre bénéfice semestriel et trésorerie immédiatement disponible que d’ignorer les attentes des salariés. Mais dans une entreprise à capitaux publics, la direction et l’État doivent rendre des comptes sur l’usage des ressources, la qualité du service et la politique tarifaire. Quand les bénéfices deviennent un argument de négociation et que les trains s’arrêtent, l’usager risque bien de payer deux fois : à la caisse, puis sur le quai.