????Etre de droite après le discours orwellien de Macron c’est défendre les libertés fondamentales et la démocratie représentative

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Emmanuel Macron veut empêcher que l'élection présidentielle se déroule dans la sérénité. Comment interpréter différemment le discours du lundi 12  juillet au soir dans lequel le Président a annoncé la vaccination obligatoire pour les soignants, la généralisation du recours au pass sanitaire et ouvert la perspective d'une restriction des droits des "non vaccinés"? Au point que l'on se demande si le président ne cherche pas à mettre en place un système où seuls les vaccinés aient accès aux bureaux de vote en avril 2022. A court terme, le Président a obtenu ce qu'il recherchait sans doute: le silence de ses opposants déclarés. A droite, le discours a eu un effet décapant immédiat, puisqu'il confirme le diagnostic fait depuis plusieurs années par Marion Maréchal: la question des libertés individuelles et collectives est devenue centrale dans les clivages politiques. Alors qu'un sondage révèle que 28% des Français seraient prêts à voter pour elle au premier tour d'une élection présidentielle, la directrice de l'ISSEP, ancien député du Vaucluse,  démonte dans un entretien à Valeurs Actuelles le mécanisme liberticide mis en place par Emmanuel Macron.

Au bout de la dérive liberticide: un droit de vote réservé aux vaccinés?

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Emmanuel Macron a de la suite dans les idées. En décembre 2020, le gouvernement avait essayé de faire passer en catimini, juste avant Noël, un « état d’urgence sanitaire permanent ». Le texte qui était poussé à l’époque disait, entre autres: « Le Premier ministre peut (…) subordonner les déplacements des personnes, leurs accès aux moyens de transport ou à certains lieux, ainsi que l’exercice de certaines activités (…) au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin (…) ».  Ayant gardé l’habitude, prise durant son mandat à l’Assemblée (2012-2017) comme député du Vaucluse, de suivre les projets de loi publiés, Marion Maréchal avait dénoncé le procédé et déclenché une bronca sur les réseaux sociaux, qui avait fait reculer le gouvernement. Emmanuel Macron avait effectué, sur facebook et twitter, un recul tactique. On sait aujourd’hui que c’était pour revenir à la charge, juste avant le 14 juillet 2021, à nouveau au moment où les Français partent en vacances. Le discours d’Emmanuel Macron et le nouveau projet de loi sont abondamment commentés depuis quelques jours. Je me contenterai ici de poser la question des prochaines élections présidentielles. On se rappelle qu’Emmanuel Macron avait repoussé le second tour des élections municipales de 2020 et modifié le calendrier des élections régionales. Qu’est-ce qui empêche le gouvernement du subordonner l’accès aux bureaux de vote au pass sanitaire? Vu la dérive liberticide des quinze derniers mois, ce n’est pas une vue de l’esprit.  

A droite, le grand clivage

Avez-vous entendu une réaction de Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez, au discours liberticide d’Emmanuel Macron? Leur compte twitter est désespérément vide. Pire, même, Xavier Bertrand se félicite , ce 16 juillet, de faire sillonner les campagnes par un car amenant la vaccination dans les moindres recoins de sa région. La liste des Républicains qui se refusent à dénoncer le Président de la République ou même le soutiennent, ne cesse de s’allonger. Autre candidat putatif aux primaires, Bruno Retailleau accepte le raisonnement selon lequel il faut une vaccination universelle pour revenir à une vie normale. Gérard Larcher annonce que LR veillera à un texte de loi équilibré.  Même David Lisnard renvoie dos à dos, partisans et opposants du Président, comme s’il s’agissait encore du vaccin et non des libertés fondamentales, un thème d’habitude cher au maire de Cannes.  Si l’on continue l’investigation, Eric Zemmour a un raisonnement très alambiqué: il reproche à Emmanuel Macron son manque de franchise sur le sujet – la vaccination n’est pas encore officiellement obligatoire mais tout sera fait pour qu’elle le devienne – puis il se contredit en rappelant, d’une part, que de nombreux textes internationaux et nationaux interdisent l’obligation vaccinale avant, d’autre part, de dire qu’il aurait « préféré que la vaccination soit obligatoire ». 

Face à tout ce manque de clarté, on se réjouira de la magnifique tribune de François-Xavier Bellamy (député européen LR) et Loïc Hervé (vice-président du groupe centriste au Sénat) dans Le Figaro: « On nous dira qu’il faut choisir entre le pass sanitaire et le confinement généralisé: mais ce chantage est absurde. Dès lors que les plus vulnérables sont vaccinés, il n’y a aucune raison de revenir au confinement, aucune raison en particulier de fermer les amphis et d’enfermer les adolescents. Nous n’avons pas à choisir entre deux manières inutiles et dangereuses d’abandonner la liberté. Ce combat n’est pas individualiste, au contraire: c’est se sentir vraiment responsables d’un bien commun essentiel que de défendre cette liberté aujourd’hui gravement menacée. Il y a là un défi de civilisation: face aux modèles autoritaires qui triomphent ailleurs dans le monde, l’Europe et la France doivent montrer qu’une action publique efficace, même en période de crise, n’impliquera jamais d’abandonner les règles intangibles qui fondent nos démocraties. Les libertés fondamentales, l’égalité des droits, l’amitié civique, ne sont pas des privilèges pour temps calmes, mais des principes qui nous obligent. » Marine Le Pen, elle aussi, s’insurge contre la privation des libertés: « Imposer le pass sanitaire, c’est en réalité déjà rendre la vaccination obligatoire. Se faire vacciner, ou non, doit rester un choix personnel. Les Français en ont assez des injonctions, des restrictions, des obligations. La liberté doit primer ! » Florian Philippot continue à tracer le sillon qui est le sien, de défenseur intransigeant des libertés et il est l’une des chevilles ouvrières de la manifestation qui aura lieu à Paris samedi 17 juillet 2021 après-midi à Paris. Au passage, on regrettera que ce soit le moment qu’il choisit pour annoncer une candidature à l’élection présidentielle largement motivée par sa rancœur vis-à-vis de Marine Le Pen. 

Marion Maréchal meilleur atout d'une reconstruction de la droite

sondage: notoriété, popularité et potentiel électoral de Marion Maréchal from EdouardHusson

Non seulement Marion Maréchal livre à Valeurs Actuelles l’une des meilleures analyses parues cette semaine de la dérive liberticide du gouvernement Macron, mais un sondage rendu public il y a quelques jours et dont nous livrons à nos lecteurs les données complètes (voir le document PDF ci-dessus), montre que, même retirée de la politique active depuis 2017, la directrice de l’Institut des sciences sociales Economiques et Politiques de Lyon a continué de s’enraciner dans l’opinion, au point de disposer d’une notoriété de 91% et de disposer d’un potentiel de vote de 28% au premier tour de l’élection présidentielle.  Le sondage, commandé par le Cercle Audace, qui regroupe des entrepreneurs libéraux-conservateurs, désespérés de voir les divisions permanentes et l’éparpillement des droites alors que le pays a besoin à la fois d’une baisse de la fiscalité, d’une diminution des dépenses sociales et d’un retour au premier plan de l’Etat régalien, est intéressant à plusieurs titres.  Les 41% de bonne opinion de Marion Maréchal sont obtenus non seulement au Rassemblement National (86%), chez LR (66%) mais aussi à la France Insoumise (32%). L’ancien député du Vaucluse prouve ainsi que l’attitude de Marine Le Pen consistant à penser qu’on ne peut pas attirer à la fois les catégories populaires et la France des entrepreneurs ne tient pas la route. Il existe un rassemblement possible d’une partie des électeurs de la « droite périphérique », de la « droite établie » et de la « gauche républicaine » contre le bloc macronien (EELV, PS, LREM) dont les électeurs déclarent avoir une mauvaise opinion de la directrice de l’ISSEP.  La popularité de Marion Maréchal est certes plus forte chez les hommes (49%) que chez les femmes (34%) mais elle elle est forte dans toutes les catégories d’âge (31% chez les moins de 35 ans et 44% au-dessus), aussi bien chez les dirigeants d’entreprise (46%)  que chez les salariés (44%), chez les très diplômés (28%) que chez les non-diplômés (44%). Les intentions de vote confirment le tableau: Marion Maréchal obtiendrait 76% des électeurs de Marine Le Pen en 2017, 32% des électeurs de François Fillon et 25% de ceux de Jean-Luc Mélenchon. Ainsi se dessine les contours d’une candidature enracinée dans la France populaire, particulièrement forte dans la France rurale (49% de popularité) et les villes de province (41%) mais qui mord pour 29% dans l’agglomération parisienne et qui ne laisse pas insensible un groupe significatif de dirigeants d’entreprises. 

En pesant 28% de potentiel électoral au premier tour  (contre seulement 18% à Eric Zemmour et 20% pour Philippe de Villiers toujours selon l’IFOP), la directrice de l’ISSEP confirme les sondages non publiés qui avaient été effectués, sur commande de l’ambassade d’Allemagne, en 2019, et qui montraient qu’elle pouvait obtenir des scores supérieurs à ceux de Marine Le Pen, soit en représentant le seul Rassemblement National soit en rassemblant, plus largement, autour de son ancien parti, la « droite hors les murs » et une partie de LR. Dans le baromètre du Figaro Magazine du mois de jullet, Marion Maréchal vient de dépasser Marine Le Pen qui perd quatre points après le résultat décevant du RN aux régionales (30% contre 29%)

On soulignera le paradoxe qui tient à ce que Marion Maréchal serait sans aucun doute, alors qu’elle n’est plus dans la politique active, la candidate la plus susceptible de battre Emmanuel Macron; plus que Marine Le Pen, Xavier Bertrand ou Valérie Pécresse. En fait, au moment où les Français déclarent à 67% qu’ils attendent plus des chefs d’entreprise que des politiques pour inventer les solutions de sortie de crise, la directrice de l’ISSEP tire certainement des bénéfices d’avoir fait le choix de fonder une entreprise et découvrir le risque professionnel du secteur privé avant d’éventuellement revenir en politique un jour. Au moment où les droites se divisent et où, de manière grotesque, les candidatures se multiplient, la jeune femme de 31 ans prend son temps, tisse ses réseaux et entreprend de faire émerger une élite renouvelée – celle précisément qui a manqué à Nicolas Sarkozy quand il a voulu mettre en œuvre un programme de gouvernement de droite.  Ajoutons que le bouleversement du prochain scrutin présidentiel provoqué, inévitablement, par le discours liberticide du 12 juillet donne raison à ceux qui, comme Marion Maréchal, pensent qu’il ne suffit plus de gagner une élection pour reconstruire la France.  Il faudra avoir rassemblé des équipes solides: l’effet révélateur des prises de position des uns et des autres vis-à-vis d’Emmanuel Macron permet de voir qui il faudra intégrer à une reconstruction de la droite et qui il faudra écarter – sous peine d’échec. 

Les prochaines élections, à partir de 2022, se joueront pour ou contre les libertés individuelles et collectives. Et Marion Maréchal est le meilleur atout pour rassembler les droites entrepreneuriale, conservatrice et identitaire au service des libertés. 


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