Vers une épidémie de polio en Ukraine ?

Vers une épidémie de polio en Ukraine ?


Partager cet article

Selon le chef de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) Tedros Adhanom Ghebreyesus, l’Ukraine pourrait faire face à une épidémie de polio. Il prévoit également un pic de Covid en octobre.

Depuis le 24 février, la guerre en Ukraine fait rage. Une situation qui a un impact dévastateur sur le système de santé ukrainien. Le 24 août dernier, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) alertait sur les difficultés du système de santé ukrainien. De plus en plus d’Ukrainiens ont un accès limité, voire inexistant, aux médicaments. Ils sont également dans l’incapacité d’accéder aux infrastructures de santé, détruites pour la plupart. Une situation qui prive de millions d’Ukrainiens notamment les enfants, de soins et de médicaments. Les traitements des maladies chroniques ont pratiquement cessé selon l’OMS. La vaccination contre le Covid-19 et les vaccinations de routine comme celle contre la Polio se sont également arrêtées. La situation risque de s’aggraver fortement alors que l’hiver arrive.

L’Ukraine menacée par le Covid et le Polio

Dans son discours d’ouverture lors de la 72e session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe à Tel-Aviv qui se tient du 12 au 14 septembre, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a exprimé son inquiétude face à la situation sanitaire en Ukraine.

Il a déclaré que  le nombre de cas d’infection au Covid-19 a beaucoup augmenté en Ukraine. Il est possible d’atteindre le pic en mois d’octobre selon les estimations. Les hôpitaux et les professionnels de santé risquent d’être sous pression.

Par ailleurs, le patron de l’OMS craint un éventuel début d’épidémie de polio. L’Ukraine a une faible couverture vaccinale tant pour le Covid que pour la polio. C’est une maladie infectieuse qui touche surtout les enfants. Selon l’OMS, la polio est « une maladie débilitante qui peut entraîner une paralysie à vie et même la mort chez l’enfant ».

Pour rappel, deux cas de polio ont été signalés en Ukraine en 2021. En octobre 2021, en collaboration avec l’OMS, l’Ukraine avait déclaré une «urgence biologique à l’échelle régionale». Le ministère de la santé ukrainien et l’OMS avaient déjà commencé à vacciner les quelque 140.000 enfants des régions de Rivne et de Zakarpattya au nord et à l’ouest du pays. La campagne de vaccin antipoliomyélitique a été relancée le 1er février, mais vite interrompue par l’offensive russe, le 24 février dernier.

Selon le Dr Tedros, avec les déplacements massifs de la population, le risque de propagation est à craindre. La vulnérabilité de la population face au Covid-19 et la polio demeure une forte préoccupation.

Une autre conséquence de la guerre

La guerre en Ukraine a provoqué une dégradation majeure dans le domaine de la santé. Le Dr Tedros a souligné que bon nombre des infrastructures sanitaires ont été détruites par les bombardements. La capacité d’accueil des hôpitaux a diminué. En outre, l’accès aux soins devient de plus en plus difficile.

Les pénuries d’oxygène sont à craindre puisque les sources d’approvisionnement sont localisées dans les zones occupées. Or, l’oxygène est indispensable pour les patients souffrant de diverses affections, comme le Covid-19 et ceux atteints d’autres maladies
graves résultant de complications de grossesse, de septicémies, de blessures et de traumatismes…

Avec  la faible couverture vaccinale en Ukraine, l’OMS craint une propagation du Covid et de la Polio. Comme l’a déjà rapporté le Time, la situation actuelle devrait accélérer la diffusion de la Polio. L’OMS prévoit même une forte dégradation de la situation sanitaire avec l’hiver.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Albanie : la lagune protégée offerte au gendre de Trump

Albanie : la lagune protégée offerte au gendre de Trump

Un mégaprojet à 1,4 milliard d'euros lié à Jared Kushner, gendre de Donald Trump,menace la réserve naturelle de Vjosa-Narta, sanctuaire de flamants roses sur l'Adriatique. L’île de Sazan, verrou géostratégique, complète le tableau. Le projet prévoit hôtels, villas et marina haut de gamme. Depuis le début du mois de juin, la « révolution des flamants roses » enflamme Tirana et le littoral sud. L’agence anticorruption a ouvert une enquête, sur fond de scandale impliquant déjà la vice-Première mini


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du parti
Photo by Norbert Levajsics / Unsplash

Bruxelles : 13 ans d'attente pour un logement social — sauf pour les amis du parti

Alors que des demandeurs modestes patientent jusqu’à 13 ans sur les listes d’attente, des dirigeants socialistes à Bruxelles orientent sciemment les attributions de logements sociaux vers leurs sympathisants et électeurs. Des messages WhatsApp fuités à Anderlecht et un audit accablant à Saint-Josse-ten-Noode lèvent le voile sur un système de favoritisme généralisé. Le gouvernement régional bruxellois vacille sous le poids de perquisitions, de quatre enquêtes du parquet et d’une commission d’enqu


Rédaction

Rédaction

Faut-il acheter du SpaceX ?

Faut-il acheter du SpaceX ?

Par Vincent Clairmont SpaceX fait son entrée au Nasdaq ce vendredi 12 juin, après un dépôt confidentiel auprès de la SEC le 1er avril : une levée visée jusqu'à 75 milliards de dollars — plus du double du record historique — pour une valorisation d'au moins 1 800 milliards. La question qui sature ma boîte depuis l'annonce tient en quatre mots : faut-il en acheter ? LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'ac


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

"Je soignais en EHPAD au moment du COVID"

"Je soignais en EHPAD au moment du COVID"

Pendant que la France comptait ses morts à la télévision, une animatrice d'Ehpad près de Bordeaux faisait choisir à ses résidents un cadeau à deux euros. Ils demandèrent des berlingots, des myrtilles, un caramel mou. Notre entretien avec Nathalie Firminy, soignante suspendue devenue accompagnante des mourants, dit ce que le pays a fait à ses vieux — et ce qu'il s'est fait à lui-même. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'es


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe