Vers l’ère de l’entrepreneur innovant souverain, par Eric Lemaire
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Vers l’ère de l’entrepreneur innovant souverain, par Eric Lemaire


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La numérisation débouchant sur l’intelligence artificielle est une innovation originale car elle ne bouleverse pas seulement l’économie par ses capacités mais par la vitesse inédite à laquelle elle diffuse ses effets. Uber n’a pas supprimé les chauffeurs, il a transformé leur environnement en quelques années. En Ukraine, les soldats n’ont pas disparu, leur métier a été redéfini en temps réel. La puissance ne repose plus uniquement sur la taille ou les ressources mais sur la capacité d’adaptation.

L’État, le capital et l’entrepreneur restent interdépendants, mais leur efficacité dépend désormais de leur vitesse. Plus que pendant les 30 glorieuses l’entrepreneur devient le pivot de ce système en mutation.

Une série pour comprendre le rôle réel de l’entrepreneur


Cet article apporte une première conclusion à cette série consacrée à l’entrepreneur, à l’innovation et à l’intelligence artificielle. Nous avons d’abord posé une idée structurante : l’entrepreneur est le dernier signataire du réel, celui qui engage, décide et assume. Nous avons montré que l’innovation contemporaine ne peut être comprise sans prendre en compte l’interaction entre l’État, le capital et l’initiative individuelle.

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Il restait à comprendre ce qui, aujourd’hui, modifie profondément cet équilibre. Ce facteur n’est pas une technologie en particulier, mais une transformation plus générale. Il tient à la vitesse à laquelle les innovations se diffusent, se transforment et redessinent les structures économiques.

La vitesse comme variable centrale


L’économie a longtemps été pensée en termes de volumes, de coûts, de productivité ou encore de capital. Mais une dimension est restée relativement en arrière-plan : la vitesse. De la même manière que la vitesse de circulation de la monnaie permet d’éclairer certains phénomènes économiques, il devient nécessaire de penser une forme de vitesse de diffusion de l’innovation. C’est le rôle le plus noble de l’entrepreneur.

Ce n’est pas tant l’existence d’une innovation qui crée une rupture que sa capacité à s’imposer rapidement. Dans le passé, une technologie pouvait mettre des décennies à transformer un secteur, l’électricité, la voiture, le char d’assaut. Aujourd’hui, ce délai se compte en années, parfois en mois.

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L’exemple d’Uber est éclairant. L’entreprise n’a pas introduit une technologie radicalement nouvelle. Elle a combiné des éléments existants – géolocalisation, smartphones, plateformes numériques – pour proposer un service plus fluide. Ce qui a profondément déstabilisé le secteur des taxis, ce n’est pas la nature de cette innovation, mais la vitesse à laquelle elle s’est diffusée et adoptée.

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