L'UE prend depuis l'Acte Unique de 1986 la posture de gardienne psychorigide à la porte du temple de la concurrence libre et non faussée, construction dogmatique déconnectée de la réalité. Mais voici que certains de ses responsables commencent à contester ouvertement cette fiction létale.

C'est l'aveu que nous attendions, le craquement sinistre d'un édifice qui ne tient plus que par la force de l'habitude et le déni de ses clercs. Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale de Belgique et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, vient de jeter un pavé dans la mare croupissante du dogme bruxellois. Dans un entretien au Financial Times, il qualifie de « naïve » la persistance de l'Europe à s'accrocher à son vieux modèle économique libéral.


Venant d'un banquier central, le terme est un euphémisme poli pour dire ce que nous crions ici depuis des années : l'Union européenne est une nef des fous naviguant selon des cartes météo du siècle dernier. Alors que le monde bascule dans une logique de puissance pure, Bruxelles continue de réciter le catéchisme de la « concurrence libre et non faussée » face à une Amérique qui assume son protectionnisme et une Chine qui déploie son dirigisme d’État.
L'Eurosclérose 2.0 : le réveil brutal de 2026
Nous ne sommes plus dans les années 80. L'Eurosclérose « version 2.0 » diagnostiquée par Wunsch et son compère Geert Langenus est bien plus virulente que la première. À l'époque, on manquait de demande ; aujourd'hui, nous sommes étranglés par l'offre. Une population vieillissante, un marché du travail saturé et une productivité en berne nous condamnent à une croissance rachitique de 1 %.
Mais le coup de grâce est venu du détroit d'Ormuz. En ce printemps 2026, la guerre entre l'Iran, Israël et les États-Unis a transformé le marché pétrolier en « boucherie à ciel ouvert ». Avec un baril de Brent qui flirte avec les 120 dollars et la suspension des livraisons de gaz qatari, le modèle européen, fondé sur l'énergie bon marché et les règles multilatérales, a volé en éclats. Les industries lourdes allemandes et belges imposent des surtaxes de 30 % pour ne pas mourir, tandis que nos gouvernements « brûlent l'argent des contribuables » dans des subventions fossiles non ciblées pour masquer l'ampleur du désastre.

Le suicide par la norme
Le constat de Wunsch est sans appel : l'Europe « régule ce qu'elle ne maîtrise plus ». Dans l'intelligence artificielle, la robotique ou les semi-conducteurs, nous ne sommes que des spectateurs. Pire, nous sommes les seuls à nous infliger des « récits grandioses » sur une transition verte qui, d'un point de vue macroéconomique, n'est rien d'autre qu'un choc d'offre négatif. On nous promet des millions d'emplois verts, mais la réalité est celle d'un « green premium » qui achève notre compétitivité.
C’est ici que le lien avec le Frexit ou l'UAExit devient limpide. Si les dirigeants
