Emmanuel Macron prépare son tour de piste final avec un faste inédit. Selon Le Parisien du 3 mai, le président veut offrir pour son dernier défilé du 14-Juillet « le plus gros qu’on ait jamais connu », préparé en secret depuis sept mois. Ce spectacle grandiose s’accompagnera d’une tribune présidentielle exceptionnelle réunissant les chefs d’État de la « Coalition des volontaires », une quarantaine de pays mobilisés pour l’Ukraine. Pour son dernier 14-Juillet, Emmanuel Macron transformera la Fête nationale en opération de communication personnelle mais aux frais du contribuable.

Le compte à rebours est lancé. Dans un an, Emmanuel Macron quittera l'Élysée, et ses proches ne cachent pas qu'il entend marquer chaque « dernier » événement de son agenda avec éclat : dernière Fête de la musique le 21 juin, dernier Tour de France, dernier 11-Novembre, derniers vœux. Mais c'est le 14-Juillet qui concentre toutes les ambitions du locataire de l'Élysée. Selon Le Parisien du 3 mai, l'entourage présidentiel promet « le plus gros qu'on ait jamais connu ». Cette sortie en fanfare interroge sur les priorités d'un chef de l'État à bout de mandat.
Une démonstration de force aux frais du contribuable
Ce choix n’est pas anodin. Après avoir limogé le général Pierre de Villiers en 2017 pour des désaccords sur le budget des armées, Macron entend conclure son mandat en paradant devant une armée qu’il a pourtant contrainte à des arbitrages budgétaires difficiles.

Le défilé doit « montrer que l’armée française est au niveau », selon un proche cité par la presse. Sur le plan géopolitique, la présence massive des dirigeants de la Coalition des volontaires (35 États fin 2025-début 2026) transforme la tribune présidentielle en sommet informel, renforçant l’image d’un président « chef de guerre » européen.

Cette présence étrangère, encore non confirmée officiellement, transforme le défilé en outil de projection géopolitique. Elle pose aussi la question des coûts logistiques et sécuritaires d’un tel rassemblement, dans un contexte budgétaire déjà contraint.
Un tel événement mobilise des moyens considérables (logistique, sécurité, réceptions) dans un contexte de dette publique française qui dépasse 110 % du PIB et de tensions sur les dépenses militaires. Les invitations n’ont pas encore été envoyées selon l’entourage présidentiel, mais la mise en scène, elle, est déjà écrite.
Un final qui interroge les priorités françaises
Ce « dernier tour de piste » révèle une stratégie classique des élites : substituer le spectacle à l’action durable. Commencé par des promesses de modernisation et de souveraineté, le quinquennat s’achève sur une industrie affaiblie, un nucléaire fragilisé par des choix antérieurs, et une dépendance énergétique et stratégique persistante. Les Français, qui l’ont reconduit en 2022, assisteront à ce final fastueux.

De la crise des Gilets jaunes aux tensions sur les finances publiques, en passant par les choix industriels et militaires contestés, le bilan de Emmanuel Macron reste profondément clivant.

Il faudra se souvenir de deux choses : ce président aura été l’un des plus néfastes pour la France de la Ve République par son bilan économique, social et industriel ; et les Français l’ont pourtant reconduit.
Le spectacle coûtera ce qu'il coûtera le chiffre ne sera pas communiqué avant, il ne l'est jamais. Mais dans une France où le déficit public dépasse les 6% du PIB et où les coupes budgétaires frappent les services publics, offrir au président sortant une sortie impériale relève d'une cohérence que ses successeurs devront assumer.
Macron aura au moins réussi une chose : partir comme il a gouverné en grand, et toujours aux frais des autres.
