Pourquoi la guerre d'Iran ne s'arrêtera pas avant l'été, par Thibault de Varenne

Pourquoi la guerre d'Iran ne s'arrêtera pas avant l'été, par Thibault de Varenne


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Pour l'observateur distrait, le calme relatif instauré par le cessez-le-feu du 7 avril 2026 pourrait ressembler à une esquisse de paix. Il n’en est rien. Ce que nous vivons est une « guerre grise » — une diplomatie du levier où le temps n'est plus un outil de résolution, mais une arme de siège.

Vers où va l’or (avec notre Guide opérationnel de l’or), par Vincent Clairmont
En ce premier week-end de mai, le métal jaune semble s’être assoupi. À 4 614 dollars l’once, l’or baille, digérant avec une lenteur bovine les excès d’une année 2025 absolument délirante où il s’était envolé de 65 %. Mais ne vous y trompez pas : ce calme n’est pas celui de l’abandon,

Le coup de maître juridique de Donald Trump

Le génie — ou le cynisme, selon le côté de l'Atlantique où l’on se place — de la Maison Blanche s'est illustré le 1er mai dernier. En informant le Congrès que les hostilités étaient « terminées », Donald Trump n'a pas signé la paix ; il a réinitialisé le chronomètre.

Trump Declares End to Iran Hostilities as War Powers Deadline Expires
Trump declares Iran hostilities over at War Powers deadline, drawing legal challenges and political backlash amid ceasefire and ongoing tensions.

L'astuce est limpide : en déclarant la fin des combats directs, l’administration Trump contourne la War Powers Resolution de 1973 au moment précis où l'horloge des 60 jours allait l'obliger à rendre des comptes au Capitole. C'est une manœuvre transactionnelle pure : maintenir un blocus naval étouffant et une présence militaire massive sans l’entrave d’un vote législatif. Pendant que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth jongle avec les définitions juridiques, le blocus, lui, reste une réalité physique. Pour Trump, le mois de juin n'est pas celui des négociations, mais celui des primaires en Californie, où chaque baril de pétrole manquant sert de preuve de sa « fermeté » face aux « lunatiques » de Téhéran.

Pas plus de 5% de chance qu’une paix durable soit conclue en Iran, par Thibault de Varenne
Les medias mainstream répercutent sans nuance les déclarations optimistes de Donald Trump sur un accord de paix avec l’Iran. Thibault de Varenne fait le point sur le sérieux de ces déclarations. Alors que le président Donald Trump multiplie les déclarations publiques affirmant qu’un accord avec l’Iran est imminent, la situation

Téhéran : le règne des prétoriens

De l'autre côté de la table, le paysage est tout aussi figé, mais pour des raisons plus sombres. La mort d'Ali Khamenei en février a laissé un vide que son fils, Mojtaba, tente de combler sous la surveillance étroite des Gardiens de la Révolution (IRGC).

Téhéran est aujourd'hui dirigé par un directoire militaire dont Ahmad Vahidi est le pivot. Mojtaba Khamenei, encore invisible en public, n'est que le sceau de légitimité apposé sur les décisions d'une caste militaire qui considère le détroit d'Hormuz comme sa propriété foncière. Cette direction collégiale est structurellement incapable de compromis rapide. Chaque concession est perçue par l'IRGC comme une menace pour sa survie institutionnelle. Les médiateurs pakistanais s'épuisent devant une bureaucratie iranienne qui joue la montre, espérant que l'usure économique de l'Occident finira par briser le front américain.

La bataille des points : un dialogue de sourds

L'impasse est inscrite dans le marbre des propositions échangées. D'un côté, le plan américain en 15 points exige ce qui s'apparente à une reddition inconditionnelle : enrichissement zéro, démantèlement nucléaire total, abandon des alliés régionaux.