En ce premier week-end de mai, le métal jaune semble s'être assoupi. À 4 614 dollars l'once, l'or baille, digérant avec une lenteur bovine les excès d'une année 2025 absolument délirante où il s'était envolé de 65 %. Mais ne vous y trompez pas : ce calme n'est pas celui de l'abandon, c'est celui d'une sentinelle qui ajuste sa lunette avant le prochain tir.

Retrouvez, en fin d'article, notre Guide opérationnel de l'achat d'or à télécharger gratuitement !

L’ombre du "Yield Reaper"
Si l'or stagne sous les records de janvier (5 598 $), c'est qu'un homme hante les cauchemars des "gold bugs" : Kevin Warsh. Le 15 mai prochain, il prendra les rênes de la Réserve fédérale. On l'appelle déjà le "Moissonneur de rendements". Sa philosophie est d'une clarté brutale : si l'or s'envole, c'est que la Fed a échoué.

Warsh veut soigner le dollar par la manière forte : purger les entreprises "zombies", vendre activement les actifs de la banque centrale et laisser les taux réels grimper. Pour notre relique barbare, c'est un vent de face glacial. Car, comme je vous le rappelle souvent, l'or ne produit aucun coupon ; face à un dollar rémunérateur, il perd de son éclat immédiat. C'est ce "choc Warsh" qui a cloué le bec au marché depuis janvier.
Le baril de la colère et le blocus d’Ormuz
Pourtant, le monde brûle, et c'est là tout le paradoxe. Depuis le 28 février, nous sommes en guerre ouverte au Moyen-Orient. Le détroit d'Ormuz est verrouillé, et le Brent flirte avec les 126 dollars. Nous entrons de plain-pied dans l'ère de la stagflation : une croissance anémique étranglée par des coûts énergétiques démentiels.
