L'humeur de Veerle Daens : ANTS, nouveau sigle de la République bananière

L'humeur de Veerle Daens : ANTS, nouveau sigle de la République bananière


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Alors que l'ancienne directrice générale de l'ANTS a été promue en décembre 2025 directrice générale de l'Outre-Mer, le site qu'elle avait mis en place, piraté deux fois (probablement par un adolescent qui a subtilisé 19 millions de dossiers !) est toujours en rade. Bel exemple de tiers-mondisation de l'État par une énarchie obsolète.

Ah, l’ANTS… ce joyau de l’administration française, ce phare de l’efficacité étatique, ce modèle du genre qui nous prouve, s’il en était encore besoin, que la République a désormais des poumons en forme de passoire. Et qui de mieux pour en prendre la tête, ou ce qu’il en reste, que l’ancienne directrice générale, fraîchement promue à la tête de l’Outre-Mer ? Une promotion, bien sûr. Parce que dans la fonction publique française, l’échec n’est pas une fin, c’est une marche vers de nouveaux sommets. Un peu comme dans un jeu vidéo où chaque game over vous propulse directement au niveau supérieur, sans même avoir à recommencer la partie.

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L’ANTS, nouveau poumon de la République bananière

On se croirait dans un épisode des Guignols de l’info, sauf que là, c’est la réalité qui écrit le scénario. L’ANTS, ce site censé simplifier nos vies administratives, est devenu le symbole parfait de l’État français : lent, inefficace, et surtout, hackable à volonté. Un premier piratage avant son départ, un second juste après, comme un adieu en fanfare, un clin d’œil complice de la part des cybercriminels : « Ne vous inquiétez pas, on garde un œil sur la boutique. » Et le site, lui, reste toujours aussi utilisable qu’un parapluie en papier toilette sous la mousson.

Mais le plus beau, c’est la promotion de l’ex-directrice générale. Parce que dans ce pays, quand vous gérez une catastrophe, on ne vous sanctionne pas, on vous récompense. C’est la logique implacable de l’énarchie : plus vous ratez, plus vous montez. Un peu comme si le capitaine du Titanic avait été nommé amiral de la flotte après avoir heurté l’iceberg. « Bravo, vous avez coulé le navire, voici les clés de l’océan ! »

Et qui dit promotion dit, bien sûr, que le système fonctionne à merveille. Après tout, si l’ANTS est dans cet état, c’est bien la preuve que l’administration française est trop efficace, non ? Trop efficace pour les citoyens, en tout cas, qui doivent désormais s’armer de patience, de chance, et peut-être d’un marteau-piqueur pour espérer obtenir un titre de séjour ou un permis de conduire. L’ANTS, c’est le Parcours du Combattant version numérique, une épreuve initiatique où le citoyen lambda découvre, entre deux erreurs 404, les joies de la bureaucratie tiers-mondisée.


La tiers-mondisation, une spécialité française

Ah, la tiers-mondisation de l’administration ! Un phénomène fascinant, où l’on voit des pays en développement nous envier notre capacité à transformer des services publics en usines à gaz inefficaces. « Regardez-nous, nous avons des énarques, des budgets pharaoniques, et des sites web qui plantent plus souvent qu’un palmier sous la tempête ! » On pourrait presque en être fiers, si ce n’était pas aussi pathétique.

Et puis, il y a ce détail savoureux : le second piratage aurait été commis par un adolescent. Un ado. De quoi faire rougir de honte les hackers russes et chinois, qui, eux, au moins, ont la décence d’envoyer des professionnels. Mais non, chez nous, même les cyberattaques sont amateuristes. Comme si l’État français, dans sa grandeur, avait décidé de sous-traiter sa sécurité informatique à la première personne venue, pourvu qu’elle ait un peu de temps libre entre deux parties de Fortnite.


L’énarchie, ou l’art de transformer l’échec en succès

Alors, bien sûr, on pourrait se dire que c’est un hasard. Que la promotion de l’ex-DG de l’ANTS n’a rien à voir avec l’état catastrophique du service. Mais non, ce serait mal connaître la France. Ici, l’échec n’est pas une faute, c’est une compétence. Une preuve que l’on sait naviguer dans les eaux troubles de l’administration, que l’on maîtrise l’art de la langue de bois et que l’on excelle dans la pratique du « ce n’est pas de ma faute ».

Et puis, soyons honnêtes : si l’ANTS était bien géré, comment justifierait-on les budgets faramineux, les légions de fonctionnaires, et cette lenteur légendaire qui fait le charme de notre pays ? Non, non, il faut que ça dysfonctionne. C’est une nécessité économique. Sans l’ANTS, que deviendrions-nous ? Un pays où les choses marchent ? Quelle horreur.


Conclusion : vive la République bananière !

Alors, chers concitoyens, réjouissons-nous. L’ANTS est toujours en panne, l’ex-DG est promue, et un ado quelque part rigole en regardant le site planter. C’est ça, la France de 2026 : un pays où l’incompétence est récompensée, où l’échec est une vertu, et où l’administration est devenue le terrain de jeu préféré des hackers en herbe.

Et si jamais vous doutez encore de la tiers-mondisation de notre cher pays, il vous suffit de tenter de renouveler votre carte grise en ligne. Vous comprendrez alors, entre deux messages d’erreur, que la République bananière n’est pas un mythe. C’est une réalité. Une réalité où les énarques, intouchables et insubmersables, continuent de nager dans le grand bain des promotions, tandis que le citoyen, lui, se noie dans les méandres d’un site web qui a des allures de Sahel numérique.

Un conseil : achetez-vous un 4x4. Pas pour les routes, non. Pour naviguer sur le site de l’ANTS.


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