Veerle ironise aujourd'hui sur l'immense vol de données à l'Agence Nationale des Titres Sécurisés - deuxième vol en quelques mots, et quelques jours après le remplacement de la Préfète qui dirigeait depuis plusieurs années cette institution incompétente.

Mes chers voisins d'Outre-Quiévrain — ou devrais-je dire, mes chers « profils exfiltrés » — réjouissez-vous ! Le grand rituel sacrificiel de la donnée a eu lieu. L’ANTS, cette pieuvre administrative que l'on a récemment repeinte en « France Titres » pour lui donner un air de start-up (sans doute pour masquer l'odeur de poussière et de formol), vient de confirmer ce que tout libertarien sensé sait depuis que le premier fonctionnaire a tenu une plume : quand l’État prétend vous protéger, c'est là qu'il commence à vous menacer.

Le monopole de l'incurie
Imaginez la scène. Dix-neuf millions de Français. Dix-neuf millions de vies, de dates de naissance, d'adresses et de numéros de téléphone balancés sur le Dark Web comme des restes de buffet à la fin d'un cocktail au ministère. Pourquoi ? Pour une faille de sécurité d’une « banalité confondante ».
Une faille de type IDOR. Pour les non-initiés, c’est l’équivalent numérique de laisser la clé sous le paillasson avec un panneau lumineux indiquant : « Servez-vous, c'est gratuit, c'est l'argent des autres ». Si une entreprise privée avait fait preuve d’une telle désinvolture avec vos données, elle serait déjà broyée par des procès et rayée de la carte par la main invisible du marché. Mais l’ANTS ? Oh non. Elle, elle continue. Elle a le monopole de la coercition. Vous devez passer par elle pour exister aux yeux du Léviathan. Vous n'avez pas le choix de confier vos données à des gens plus compétents. C'est la servitude volontaire, option piratage intégral.

La sécurité, ce grand mensonge
Admirez le culot de la rhétorique étatique. On nous somme de donner nos empreintes, nos visages, nos domiciles, tout cela au nom de la « sécurisation des titres ». On nous explique que centraliser chaque fragment de notre identité dans un serveur poussiéreux est le seul moyen de nous protéger des faussaires.
Résultat ? L’État est devenu le plus grand complice des usurpateurs d’identité. En créant ce gigantesque miel pour hackers, il n'a pas sécurisé les Français : il a créé un point de défaillance unique pour toute une nation. Ce n'est plus du service public, c'est du libre-service pour cybercriminels.
Et que nous dit la nouvelle directrice, Julie Mercier, à peine installée dans son fauteuil de velours ? « Ne vous inquiétez pas, vos mots de passe sont saufs ». Merci, Madame ! Quelle sollicitude ! On a juste livré l’état civil complet de 19 millions de personnes — de quoi monter des arnaques au phishing tellement crédibles qu’elles feraient passer un prince nigérian pour un amateur — mais « dormez tranquilles, le mot de passe de votre espace personnel est intact ». C'est comme dire à quelqu'un dont on a brûlé la maison : « Consolez-vous, la serrure de la boîte aux lettres fonctionne encore ».

Conclusion : la menace, c'est le gardien
Le cas de l’ANTS/France Titres est une leçon magistrale de philosophie politique appliquée. Elle nous rappelle que :
- L’efficacité de l’État est inversement proportionnelle à son appétit pour vos données.
- Le contrôle n'est jamais synonyme de protection.
- L'administration est la seule organisation au monde capable de vous voler votre identité tout en vous demandant de payer un timbre fiscal pour vous la rendre.
La prochaine fois qu'un bureaucrate vous parlera de « souveraineté numérique » ou de « protection de vos droits », vérifiez si vous avez encore votre portefeuille. Car en 2026, la réalité est cruelle : pour être vraiment en sécurité en France, il vaut mieux être invisible aux yeux de l'État.
D'ici là, restez vigilants. Les pirates sont dans la place, et ils ont les clés de la boutique. Signé, votre dossier 18 452 301.
