Troublante série noire pour AstraZeneca et son vaccin


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Alors que l'Agence Européenne du Médicament (EMA) vient de conclure à l'efficacité du vaccin AstraZeneca, la série noire continue pour le laboratoire anglo-suédois. Non seulement, les soupçons d'effets secondaires continuent à alimenter la peur et le doute, mais les autorités américaines affirment aujourd'hui que les taux de réussite du vaccin ont été calculés sur des données périmées. Un refus d'agrément Outre-Atlantique mettrait les Européens en difficulté.

Le vaccin AstraZeneca pose-t-il plus de problèmes que l’Agence Européenne du Médicament n’a bien voulu le dire ? Après le communiqué publié par le NIAID (National Institute of Allergy and Infectious Diseases) américain, un nouveau doute survient sur ce vaccin désormais régulièrement décrié en Europe.

Les Américains sèment le doute sur AstraZeneca

L’institut américain affirme en effet que les données à partir desquelles AstraZeneca a calculé le taux d’efficacité de son vaccin étaient périmées.

Late Monday, the Data and Safety Monitoring Board (DSMB) notified NIAID, BARDA, and AstraZeneca that it was concerned by information released by AstraZeneca on initial data from its COVID-19 vaccine clinical trial. The DSMB expressed concern that AstraZeneca may have included outdated information from that trial, which may have provided an incomplete view of the efficacy data. We urge the company to work with the DSMB to review the efficacy data and ensure the most accurate, up-to-date efficacy data be made public as quickly as possible.

Les autorités américaines ne remettent pas en cause, à ce stade, l’efficacité du vaccin. Elles souhaitent simplement qu’AstraZeneca fournissent des taux d’efficacité avec des données à jour.

Cet avis tranche avec la prise de position récente de l’Agence Européenne du Médicament, qui n’a pour sa part pas nié le lien possible entre le vaccin AstraZeneca et de possibles troubles sanguins chez les personnes faiblement dotées en plaquettes. La prudence américaine devrait en tout cas alimenter les doutes sur la parfaite indépendance de l’Agence Européenne.

Une efficacité douteuse avec la variant sud-africain

La question de l’efficacité du vaccin AstraZeneca a toujours été posée, avant même son autorisation de mise sur le marché en Europe. Une erreur de dosage lors des essais avait semé le doute.

Selon toute vraisemblance, une étude devrait sortir prochainement montrant que, face au variant sud-africain, ce vaccin serait efficace à seulement 22%. Là encore, il faut se méfier des affirmations trop rapides et il faut prendre les données qui sortent avec précaution. Il n’en reste pas moins que la communication d’AstraZeneca paraît beaucoup moins rodée et rassurante que celle de Pfizer et de son vaccin à ARN messager.

Ces questionnements ont en tout cas conduit les autorités américaines à ne pas délivrer, pour l’instant, d’autorisation de mise sur le marché pour ce vaccin…

Un nouveau cas de décès en France

En Europe, les cas suspects d’effets secondaires graves se multiplient, présentés statistiquement comme négligeables par les autorités européennes. Mais la sensibilité de l’opinion à ces affaires montre bien que l’inquiétude n’est guère apaisée par les discours officiels sur le « bilan coût-avantage » très positif du vaccin.

Ainsi, un jeune Nantais, étudiant en médecine, est décédé hier quelques jours après avoir reçu le vaccin. Comme toujours, on multiplie les précautions (et les dénis quand c’est nécessaire) pour éviter de reconnaître un lien direct entre le vaccin et le décès. Une enquête est ouverte pour faire la lumière sur une affaire qui nourrira sans doute les accusations proférées par certains contre la « démocratie émotionnelle ».

Tout le problème est qu’il est difficile de fournir la photo d’une personne qui n’est pas tombée malade grâce au vaccin. Alors qu’une photo d’une personne morte du vaccin peut facilement faire le tour de l’opinion. Ce qui ne se voit pas a toujours moins d’impact que ce qui se voit.


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