Nos lecteurs Jean-Marie Glantzlen et Franck P. nous ont interrogé sur les évolutions du cours de l'or. Je me suis permis ici de répondre à leurs questions concernant les ventes de banque centrale et les prévisions à la hausse de J.P Morgan (même si j'ai déjà largement traité ces points dans des articles antérieurs !). Merci à eux de leur confiance, en tout cas.

L’année 2026 restera, pour les observateurs du marché des métaux précieux, celle d’un paradoxe saisissant. Nous avons vu l’or, ce vieux baromètre de l'angoisse mondiale, se comporter comme un actif de croissance déchaîné avant d'être rappelé à sa fonction la plus élémentaire par les banques centrales : celle de réserve de liquidité ultime. Après une année 2025 que l'on pourrait qualifier de "parabolique" — avec une hausse de 65 %, son meilleur millésime depuis 1979 — le métal jaune a ouvert le bal de 2026 en pulvérisant un sommet historique à $5,596 l’once dès le 29 janvier.




À cette heure, les oracles de Wall Street, J.P. Morgan et Wells Fargo en tête, rivalisaient d'audace en promettant une once à plus de $6,300. Mais le destin, sous les traits du conflit en Iran à la fin du mois de février, est venu gripper cette mécanique bien huilée, forçant les mains des banquiers centraux et bousculant les certitudes des analystes.
Le sacrifice turc : quand l’or devient monnaie de survie
L’interprétation des ventes massives de la Turquie au premier trimestre ne doit pas être lue comme une perte de foi, mais comme un acte de gestion de crise purement pragmatique. Lorsque le détroit d’Hormuz se ferme et que le baril de pétrole franchit les $120, une économie comme celle d'Ankara, dépendante à 14 % du gaz iranien, se retrouve face à un mur de liquidités.
