Comme promis, je livre aujourd'hui une analyse de ce que sont les dérives illibérales de l'Union Européenne. Elles sont de deux ordres : politiques (notamment avec le DSA), mais aussi méta-politiques : l'obsession de la concurrence pure et parfaite, qui contredit le principe même du libéralisme.

1. Pratiques autoritaires et concentration du pouvoir par Ursula von der Leyen
Concentration du pouvoir et contournement des traités
Ursula von der Leyen est accusée d’avoir systématiquement concentré le pouvoir entre ses mains, souvent en dépassant les prérogatives prévues par les traités européens. Dès son premier mandat, elle a centralisé la prise de décision au sein de la Commission, marginalisant le Parlement européen et les autres commissaires, et agissant parfois de manière unilatérale sur des dossiers sensibles (comme les achats de vaccins pendant la pandémie). Cette approche a été qualifiée d’« autoritaire » par plusieurs observateurs et acteurs politiques, notamment en raison de son refus de déléguer, de son opacité, et de son mépris pour les procédures collégiales.

Affaires emblématiques et crises de légitimité
- Pfizergate : Le refus de divulguer des SMS échangés avec le PDG de Pfizer, puis la condamnation par la Cour de justice de l’UE pour avoir menti sur l’existence de ces messages, ont gravement entamé sa crédibilité. Cette affaire illustre une gouvernance perçue comme opaque et méprisante envers les institutions démocratiques.
- Gestion des crises internes : La démission forcée de Thierry Breton, commissaire à l’Industrie, après une initiative personnelle (une lettre à Elon Musk) non coordonnée avec son cabinet, montre une intolérance à toute forme de contestation ou d’autonomie au sein de la Commission.
- Motions de censure : Depuis 2024, plusieurs motions de censure ont été déposées contre elle, toutes rejetées, mais révélatrices d’une défiance croissante, y compris au sein de sa propre coalition (PPE, S&D, Renew). Ces motions visent notamment son style de gouvernance, jugé opaque et autoritaire, et son incapacité à fédérer au-delà de sa base politique.
Conséquences institutionnelles
- Affaiblissement de la Commission : En centralisant le pouvoir, von der Leyen a fragilisé la collégialité et la légitimité de l’institution, tout en échouant à renforcer les moyens financiers et politiques de l’UE. Elle a évité de s’attaquer à des réformes structurelles (comme la création de ressources propres pour le budget européen) ou à des chantiers sensibles (comme l’isolement de la Hongrie de Viktor Orbán), préférant des annonces médiatisées mais peu suivies d’effets.
- Politique étrangère et défense : Son ambition de faire de la Commission un acteur géopolitique a souvent conduit à des conflits de compétence avec le Conseil européen et le Haut Représentant pour les affaires étrangères, sans pour autant renforcer l’autonomie stratégique de l’UE. Son alignement systématique sur les États-Unis (sous Biden) a affaibli la position européenne face à des partenaires comme la Chine ou la Russie, et n’a pas préparé l’UE au retour de Donald Trump.
2. Censure des réseaux sociaux : le Digital Services Act (DSA) et ses dérives
Objectifs affichés et réalité de la mise en œuvre
Le Digital Services Act (DSA), entré en vigueur en 2024, vise officiellement à lutter contre la désinformation, les contenus illicites et les ingérences étrangères sur les plateformes numériques. Il impose aux grandes plateformes (Facebook, X, TikTok, etc.) des obligations strictes de modération, de transparence, et de protection des utilisateurs, sous peine d’amendes pouvant atteindre 6 % de leur chiffre d’affaires mondial.