Par Vincent Clairmont
En quatre séances, les marchés ont offert aux épargnants un condensé de tout ce que les manuels n'enseignent plus : un record du Dow Jones lundi, une correction brutale des valeurs de l'intelligence artificielle mardi, une flambée géopolitique du pétrole mercredi — et, détail le plus instructif de la semaine, un or qui recule pendant que les canons tonnent. Leçon pour les patrimoines : tout ce qui campe « au milieu » du spectre du risque est aujourd'hui sans défense. La stratégie Barbell, elle, sort de la semaine confortée.
Lundi, l'euphorie ; mardi, la gifle
La semaine avait pourtant commencé comme finissent les rêves de banquier central : au sommet. Lundi, au retour du week-end de l'Independence Day, le Dow Jones franchissait les 53 000 points et inscrivait un nouveau record de clôture, porté par un regain d'optimisme sur l'intelligence artificielle. Paris, plus prudente, reculait de 0,3 % à 8 480 points, dans l'attente des résultats d'entreprises de fin juillet.
Mardi, Samsung a rendu son verdict trimestriel. Retenez bien les chiffres, car ils disent tout de l'époque : un bénéfice opérationnel d'environ 58 milliards de dollars, multiplié par dix-neuf en un an, supérieur de 6 % au consensus des analystes. Dans un monde normal, on sablerait le champagne. Dans le nôtre, la sanction a été immédiate : Intel et Applied Materials ont perdu 10 %, AMD 8 %, l'indice des semi-conducteurs 6 %, et la mémoire — Micron, SanDisk, Western Digital — environ 7 %. Le Nasdaq a rendu 1,2 %.
Quand battre les attentes de 6 % devient une déception, c'est que le prix n'incorpore plus aucune marge d'erreur. AMD se paie 208 fois ses bénéfices. À ce niveau de valorisation, il n'y a plus d'investissement : il y a un pari sur la perfection perpétuelle. L'école autrichienne a un mot pour désigner ces configurations où le prix cesse d'informer et se met à halluciner : le malinvestissement. Il naît toujours de la même source — une monnaie trop abondante trop longtemps, qui cherche désespérément un récit où se loger. Le récit du moment s'appelle l'IA. Le précédent s'appelait l'immobilier américain.
Mercredi, Ormuz s'invite dans les portefeuilles
Mercredi, changement de registre. Donald Trump, depuis le sommet de l'OTAN, a déclaré « terminé » le cessez-le-feu avec l'Iran, après des attaques contre des