Passe vaccinal : Députés recherchent un Castex serein désespérément

Passe vaccinal : Députés recherchent un Castex serein désespérément


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Par Lauriane B. - Le gouvernement et la majorité souhaitaient aller vite sur l’adoption du passe vaccinal. C’est mal parti. Hier Jean Castex, selon la formule consacrée du « en-même temps », exigeait à la fois des députés la tenue d’un débat serein tout en fustigeant les oppositions qu’il qualifie « d’irresponsables ». L’Assemblée avait réussi à retrouver le chemin de la concorde au fil de l’examen du texte, mais c’était sans compter sur le retour des déclarations haineuses du locataire de l’Elysée, si chères à son quinquennat.

Officiellement le texte sur le passe vaccinal est voté pour éviter le tri dans les hôpitaux, officieusement c’est pour « emmerder » les Français qui n’ont toujours pas cédé aux sirènes de Pfizer. Bonne nouvelle, maintenant tout est officiel !

La foire d’empoigne dans l’hémicycle.

La journée de débat parlementaire commençait fort. Le Premier ministre Castex annonçait hier en début de séance de Questions au gouvernement : « Pendant ce temps-là, certains s’ingénient à faire des coups politiques pour freiner le débat ! Ce n’est pas responsable ! », il s’indignait en effet qu’on puisse repousser un examen de projet de loi dans un contexte sanitaire catastrophique mais finit son intervention par un appel à l’Assemblée Nationale « à la sérénité qu’exige les circonstances ». Drôle de façon d’appeler au calme.

Les premiers débats de la séance de fin de soirée étaient cependant bien partis pour la majorité : des accords sur le fond et sur le calendrier avaient été trouvés (notamment avec le vote unanime de l’Assemblée sur l’absence de passe vaccinale pour les moins de 16 ans concernant les activités extrascolaires et périscolaires). Le texte relatif aux mesures sanitaires n’était pas la seule actualité législative de la journée d’hier, et les députés se sont interrompus quelques heures pour se pencher sur la question des violences faites aux femmes. Lorsque l’examen du projet de loi renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire a repris aux alentours de 23h45, la publication de l’interview du Président donnée au Parisien avait déjà mis le feu aux poudres dans l’hémicycle, et l’ambiance était toute autre.

Les Députés recherchent Jean Castex tout court

Celui qui était si prompt à réclamer un débat apaisé en début d’après-midi – et avait accusé par la même occasion l’opposition d’interrompre une séance parlementaire la veille – n’a pas voulu quitter les bureaux de Matignon pour s’entretenir lui-même avec les députés. Pour rappel la Constitution interdit au Président de la République d’être présent à l’Assemblée Nationale dans l’intérêt de la séparation des pouvoirs, ce dernier ne pouvait donc pas rendre compte en personne de ses propos.

Le Ministre de la Santé a tenté de calmer le jeu en relativisant les mots d’Emmanuel Macron et essayé encore une fois de jouer sur la sémantique en rappelant la célèbre citation de Pompidou « il faut arrêter d’emmerder les Français ! » (en oubliant sciemment que cette phrase avait été prononcée avec colère dans leur intérêt à la vue de la pile de décrets à signer, et non pour les contraindre à faire quoique ce soit).

L’entourloupe n’a pas pris et six présidents de groupe sont intervenus pour demander au Premier Ministre de venir s’expliquer sur le véritable ordre du jour et les réelles intentions du gouvernement. La majorité des députés d’opposition, bien que favorables à la mise en place du passe vaccinale, ne souhaitait cependant pas voter sur la base d’un texte édicté pour « emmerder les Français ». Cette réaction prête à sourire. Effectivement, soit les députés ne savent pas lire, soit ils ne comprennent pas les conséquences des mesures qu’ils votent et ont besoin de l’interprétation du Président de la République, mais passons ! Les parlementaires refusent de reprendre les débats sans la présence de Jean Castex, situation de blocage que l’on avait pu voir à l’occasion de l’affaire Benalla. Le président de séance Marc Le Fur décide finalement que les conditions d’un débat parlementaire serein ne sont pas réunies et lève la séance à 2h du matin. 

Stratégie préméditée ou véritable débâcle, la question est sur la table.

Jusqu’à présent le Premier Ministre et le Ministre de la santé continuaient de dérouler l’argumentaire de protection sanitaire pour faire passer la pilule du passe vaccinal aux députés, cela prenait assez bien dans l’hémicycle (et seulement dans l’hémicycle, c’est peut-être cela le problème). On peut donc s’interroger sur la stratégie présidentielle et l’opportunité de donner cette interview maintenant alors que le texte aurait pu être adopté facilement au fil des prochains jours, certes pas aussi vite que la majorité l’aurait espéré.

Ce qui est certain c’est que dans un contexte où l’exécutif est affaibli, Jean Castex fait mine de réclamer la mise en œuvre d’un débat serein alors qu’il ne l’est pas lui-même, et ça commence à se voir. Si la majorité a du mal à passer en force sur ce texte, il sera du plus en plus compliqué d’avancer plus loin dans l’agenda mondialiste. En attendant ils font ce qu’ils savent faire de mieux : cliver. Cliver au risque de tout emporter sur leur passage, « c’est ça, la véritable stratégie ».

Reprise des débats en séance aujourd’hui à 15h.


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