Palantir : le vrai chef d’état-major de l’Occident ? par Eric Lemaire

Palantir : le vrai chef d’état-major de l’Occident ? par Eric Lemaire


Partager cet article

Née du chaos post-11 septembre, Palantir n’est plus un simple logiciel d’analyse de données. Elle est devenue l’architecture invisible qui structure la décision militaire américaine — et, par ricochet, occidentale. À l’ère de l’IA, celui qui organise l’information organise la guerre. La question n’est plus technologique. Elle est politique : qui commande vraiment ?

Il faut cesser de parler de Palantir comme d’une entreprise technologique parmi d’autres. Palantir n’est pas un logiciel. Palantir est une arme stratégique.

Depuis plusieurs semaines, son nom revient dans nos entretiens et nos analyses. Non pas comme une curiosité de la Silicon Valley, mais comme un pivot discret de la puissance américaine. Comprendre Palantir, c’est comprendre comment se reconfigure la souveraineté à l’ère algorithmique.

Du 11 septembre à l’État algorithmique: la naissance d’un pouvoir invisible

Tout commence avec un traumatisme. Les attentats du 11 septembre 2001 révèlent une vérité embarrassante : l’État américain est puissant, mais fragmenté. Les informations existaient. Certaines alertes avaient été émises. Mais elles étaient dispersées dans des silos bureaucratiques étanches. FBI, CIA, NSA, services locaux : chacun détenait une pièce du puzzle. Personne n’avait l’image complète.

Ce n’était pas seulement une question d’ego, d’incompétence ou de complot. C’était un problème structurel. Les agences ne pouvaient pas tout partager. Les sources devaient être protégées. Les opérations cloisonnées. La sécurité exigeait de la fragmentation. Or la sécurité exigeait aussi de la coordination. Contradiction apparente.

La provocation du CEO de Palantir Technologies à Davos, par Eric Lemaire
Le CEO de Palantir Technologies à Davos s’est offert une provocation lors de son intervention : « Il devient difficile d’imaginer pourquoi nous aurions besoin d’une immigration de masse, sauf pour des compétences très spécialisées. » Derrière la formule choc, Alex Karp, CEO de Palantir, esquisse surtout une thèse plus

C’est là qu’émerge le besoin fondamental : un système capable de partager sans exposer, de connecter sans dévoiler, de relier sans centraliser brutalement. Un outil capable d’organiser la circulation fine de l’information dans un environnement ultra-sensible.

Palantir est la réponse à ce besoin.

Fondée en 2003 par Peter Thiel et Alex Karp, l’entreprise ne se présente pas comme un simple fournisseur informatique. Elle propose une architecture décisionnelle. Elle ne stocke pas seulement des données ; elle les met en relation. Elle construit des graphes. Elle transforme des millions d’éléments hétérogènes en cartographies dynamiques.

La révolution est là : passer d’une logique de fichiers à une logique de réseaux.

Dans l’ancien monde, l’information était classée par fonction, par service, par administration. Dans le monde Palantir, elle est structurée autour des entités réelles : individus, organisations, transactions, événements. Chaque élément devient un nœud dans un réseau relationnel.

Trump s’appuie sur Palantir pour centraliser les données des Américains
L’administration Trump a renforcé la collaboration de Palantir avec le gouvernement, diffusant la technologie de l’entreprise – capable de fusionner

L’exemple est simple.

Un employé d’une petite entreprise achète une grande quantité de fertilisant. Fait anodin ? Peut-être. Mais si l’on découvre que son frère exploite une ferme et que les flux financiers correspondent à une activité agricole légitime, l’alerte s’éteint. Si, en revanche, il vient d’arriver d’une zone instable, n’a aucun lien avec l’agriculture et multiplie des achats suspects, la situation change radicalement.

Médicaments : dès le 1er septembre, refuser un traitement de substitution vous coûtera cher
Photo by Roberto Sorin / Unsplash

Médicaments : dès le 1er septembre, refuser un traitement de substitution vous coûtera cher

À partir du 1er septembre 2026, refuser sans justification médicale un médicament hybride ou biosimilaire proposé par le pharmacien fera perdre le bénéfice du tiers payant. Le patient devra avancer la totalité du prix et pourra, dans certains cas, être remboursé sur la base d’un produit moins cher. Une décision technique en apparence, lourde de conséquences pour des millions d'assurés. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Retards SNCF : 70 millions d'euros d'indemnités que personne ne réclame
Photo by Loukian Jacquet / Unsplash

Retards SNCF : 70 millions d'euros d'indemnités que personne ne réclame

En 2023, 119 millions d’euros auraient dû être versés par le groupe SNCF au titre des retards, mais seuls 49 millions ont été réclamés par les voyageurs. Soit environ 70 millions d’euros laissés de côté, alors même que les procédures de compensation sont censées garantir les droits des usagers. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte,


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

283 milliards à dépenser avant la fin du mois : la panique bruxelloise
Photo by Christian Lue / Unsplash

283 milliards à dépenser avant la fin du mois : la panique bruxelloise

À quelques semaines de l’échéance de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR), Bruxelles voit les États membres accélérer leurs dépenses pour ne pas perdre les crédits disponibles. Sur une enveloppe de 650 milliards d’euros, seulement 367 milliards avaient été versés, tandis que seulement 40 % des objectifs prévus pour août 2026 avaient été atteints. La Cour des comptes européenne redoute qu’une telle course au décaissement multiplie les erreurs. LE COURRIER DES STRATÈGES Rest


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany