« Orange Mécanique »: quand les enfants s’entretuent !


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En deux jours, deux adolescents de 14 ans ont été tués dans des rixes en Essonne. Ces événements rappellent aussi le tabassage du jeune Yuriy en janvier. Mardi 23 février, deux bandes rivales composées de très jeunes gens venus d’Epinay-sous-Sénart et de Quincy-sous-Sénart se sont affrontées à Boussy-Saint-Antoine. Ces violences ont coûté la vie à un garçon de 14 ans, frappé au thorax par une arme blanche. Grièvement blessé à la gorge, un autre adolescent âgé de 13 ans a dû être opéré. Six mineurs ont été interpellés sur les lieux et un septième s’est rendu plus tard, s’autodésignant comme l’auteur du coup mortel, selon une source judiciaire. Le parquet a requis le placement en détention provisoire de l'un d'eux, âgé de 15 ans, notamment pour meurtre sur mineur de 15 ans et tentative de meurtre sur mineur. La veille, à l’autre bout du département, une collégienne avait été poignardée mortellement au cours d’une rixe entre des mineurs de Dourdan et de Saint-Chéron (Essonne) aux alentours du collège de Saint-Chéron. Elle avait 14 ans. Six adolescents de 14 à 16 ans ont été mis en examen. L’un d’entre eux, âgé de 16 ans, a reconnu avoir porté le coup de couteau mortel.

La justice doit être plus sévère à l’égard des auteurs de ces faits, même mineurs sans opposer pour autant sanctions pénales et mesures éducatives…

La sanction fait partie de l’éducation. Les limites de l’individualisation de la peine ont été atteintes.

La nature de la violence a changé, mais pas nos lois.

Tuer quelqu’un est devenu un mode de règlement des litiges.

La justice des mineurs (comme des majeurs) doit maintenant se recentrer sur la victime, et la peine doit être proportionnée aux dommages subis.

Toute atteinte à l’intégrité physique d’autrui, au-delà d’un seuil minime, devrait être sanctionnée par une privation de liberté d’un minimum de quinze jours sans que le juge des libertés et de la détention puisse intervenir d’une façon et ne déjuge ainsi les mesures ordonnées par d’autres magistrats. Ainsi les mineurs pourraient commencer à anticiper les conséquences de leurs actes.

La question de fond est de réfléchir à la qualité de nos lieux de privation de liberté qui doivent à la fois être contenants, en empêchant d’agir, et permettre ainsi à la pensée de se construire si une écoute de qualité est proposée.

CONSEIL DE LECTURE :

“Sur la violence gratuite en France : Adolescents hyperviolents, témoignages et analyse“

Par le Dr Maurice Berger, pédopsychiatre, psychanalyste, ex-professeur associé de psychologie de l’enfant. Il travaille en Centre Educatif Renforcé et enseigne à l’Ecole Nationale de la Magistrature.

Toutes les deux minutes, une plainte est déposée en France pour des violences gratuites, c’est-à-dire des agressions physiques sans raison apparente pouvant aller jusqu’au meurtre, pour un simple regard, un simple refus de cigarette. Tout citoyen peut y être confronté. Pédopsychiatre, psychanalyste, spécialiste des soins aux enfants et adolescents violents, le docteur Berger a voulu partager dans cet ouvrage le résultat de plusieurs années de pratique auprès de jeunes hyperviolents impliqués dans ces agressions. Qui sont ces jeunes ? Quels sont leurs parcours de vie ? Précarité et « ghettoïsation » sont-elles vraiment les causes principales de leurs comportements ? Qu’en est-il des violences conjugales et de l’organisation “clanique“ dans leurs histoires familiales ? Quel est l’impact du quartier et de l’imprévisibilité de certaines réponses judiciaires ? A partir de la prise en charge de plusieurs cas précis, le docteur Berger apporte à ces questions des réponses tirées de son expérience. Et la plupart d’entre elles sont très éloignées des discours médiatiques, politiques et sociologique actuels.


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