Dans son programme santé pour 2027, publié le 30 octobre et actualisé le 4 novembre 2026, Jean-Luc Mélenchon propose de supprimer l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM), d’instaurer le « 100 % Sécu » et d’augmenter de 10 % le point d’indice des soignants. Au nom des besoins des patients, La France insoumise veut ainsi desserrer la contrainte budgétaire qui encadre les dépenses de santé. Mais alors que l’Assurance maladie est déjà confrontée à un déficit, une question demeure : qui paiera?
Concrètement, LFI veut supprimer l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM), ce plafond voté chaque année par le Parlement depuis 1996. Le texte s’intitule « Comment nous allons reconstruire notre système de santé » et a été présenté en exclusivité sur RMC. Il promet de « vaincre les maladies écologiques » dès l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement insoumis. Le chiffrage, lui, n’arrive pas.
Dépenses nouvelles, monopole public et aucune addition
Le plan empile les engagements, il prévoit 100 000 recrutements à l’hôpital et 300 000 dans le médico-social, la suppression des franchises, 2 500 postes de psychologues et au moins 360 lits de pédopsychiatrie. Il veut sortir de la tarification à l’activité pour revenir à des dotations globales par établissement. Le « 100 % Sécu » ferait de l’Assurance maladie le payeur unique, avec la fin du reste à charge. Quant aux additifs alimentaires, ils seraient interdits « d’urgence », c’est-à-dire par décision d’État.
Les déficits de la Sécurité sociale viennent de 10,8 milliards d’euros en 2023, puis 15,3 en 2024 et 23 en 2025. La loi de financement 2026 table sur 19,4 milliards, grâce à 4,5 milliards de transferts de l’État. Sans eux, le déficit approchait 24 milliards. Un compte rendu parlementaire de 2026 estime même que le déficit dépassera « très probablement » 20 milliards. Dans ce contexte, retirer l’instrument de mesure revient à désarmer le seul contrôle parlementaire sur la dépense.
Le plafond contesté, la dette assurée
Les socialistes eux-mêmes ont jugé historiquement bas le taux de +1,7 % initialement proposé pour 2026, et la CGT dénonce un carcan budgétaire. Une Sécu financée sans limite devra l’être par quelqu’un : cotisations, impôts ou dette sociale. Sur ce dernier point, les Français connaissent déjà le principe de la Cades, qui s’est vu transférer 15 milliards de déficit supplémentaires dans la loi 2026.
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Le débat ne consiste évidemment pas à opposer la maîtrise comptable aux besoins des malades. Il consiste à savoir comment financer durablement ces besoins. Si les dépenses progressent sans recettes correspondantes, la différence devra être couverte par des cotisations supplémentaires, des prélèvements fiscaux ou de nouveaux emprunts. Supprimer l'ONDAM ne supprimera pas cette équation. Cela risque surtout de rendre moins lisible le moment où la collectivité devra régler la facture. Chez Mélenchon, le compteur budgétaire est promis à la disparition. La dette, elle, n'aura pas besoin d'être réélue pour continuer à tourner.