Marwan Barghouti, le "Mandela palestinien", qu'Israël ne veut ni juger, ni relâcher, ni laisser vivre

Marwan Barghouti, le "Mandela palestinien", qu'Israël ne veut ni juger, ni relâcher, ni laisser vivre


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Considéré comme le "Mandela palestinien", Marwan Barghouti, entre dans sa vingt-quatrième année de détention. Figure partisane de la résistance palestinienne et ancien secrétaire général du Fatah, l'ex-directeur du Shin Bet le désigne même comme le seul Palestinien capable de négocier une paix durable. Précisément pour cela, qu'Israël le torture. Derrière ce traitement : neutraliser celui qui pourrait rebattre les cartes du leadership palestinien.

Marwan Barghouti, condamné en 2004 à cinq peines de perpétuité, n’est plus seulement un prisonnier : il est le dernier verrou politique que le gouvernement Netanyahou tente de briser. Face au silence des chancelleries occidentales, ce que subit le « Mandela palestinien » dans les geôles de haute sécurité n'est rien de moins qu'une tentative d'exécution politique à petit feu.

Durcissement des conditions et accusations de violences


Selon des éléments rapportés par son avocat, Ben Marmarelli, la situation se serait nettement dégradée depuis l’automne 2025. En septembre, Barghouti aurait été violemment battu par plusieurs gardiens, peu après une visite du ministre israélien de la sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir.

Marwan Barghouti pour l’amour de l’humanité - La chronique de Patrick Le Hyaric - 4 novembre 2025 | L’Humanité : lire, agir
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Les conditions de visite décrites par son avocat illustrent un isolement extrême : impossibilité d’utiliser les moyens de communication standards, absence d’accès à des besoins élémentaires pendant plusieurs heures. Plus récemment, un animal aurait été utilisé pour l'attaquer « à plusieurs reprises », selon les termes de ses proches. Son avocat, contraint de hurler à travers une vitre pendant des heures, sans eau ni nourriture, pour arracher une simple consultation, décrit un dispositif d'isolement total délibérément organisé.

Un détenu au cœur des équilibres politiques palestiniens


Au-delà des accusations de mauvais traitements, l’enjeu est d’abord politique. Barghouti reste l’une des rares figures capables de transcender les divisions entre factions palestiniennes. Sa popularité, régulièrement mesurée dans les sondages locaux, en fait un candidat crédible à une éventuelle direction unifiée.

Israël/Palestine: le seul chemin vers la paix, c’est un Etat, une citoyenneté, deux nationalités
Après quatre-vingts ans de guerre et de nettoyage ethnique et le paroxysme d’un génocide en cours à Gaza, il est temps de penser de manière audacieuse: le seul moyen de faire la paix est d’instaurer un seul Etat avec une égalité de droits entre juifs, chrétiens et musulmans. Impossible vu

Respecté par le Fatah comme par le Hamas, soutenu bien au-delà des factions rivales, il incarne une légitimité transversale que ni Mahmoud Abbas ni aucun successeur désigné ne peut revendiquer. C'est précisément cette stature qui le rend insupportable à Tel-Aviv. Le « Mandela palestinien » est capable de fédérer les Palestiniens autour d'un projet politique, contredisant la thèse israélienne officielle selon laquelle il n'existe pas d'interlocuteur valable en face.

Israël hors-la-loi, prospère sous protection des grandes puissances
Un rapport onusien dénonce les “pratiques génocidaires” israéliennes à Gaza. Il révèle une stratégie expansionniste régionale et une violence concentrationnaire en Cisjordanie. L’impunité reste totale, protégée par des puissances complices. Le constat est accablant. Un comité spécial de l’ONU, dans un rapport finalisé avant le dernier cessez-le-feu, dresse l’inventaire méthodique

Pour mémoire, en janvier 2024, Ami Ayalon, ancien patron du renseignement intérieur israélien (Shin Bet), reconnaissait lui-même qu’il pouvait incarner une voie politique vers une séparation négociée. Une déclaration révélatrice : elle souligne que, même du côté israélien, Barghouti est perçu comme un acteur incontournable , pourtant potentiellement dangereux pour Benjamin Netanyahu sur le plan stratégique.

Pendant que Gaza est ravagée, les chancelleries occidentales observent. Pas de sanctions ciblées, pas de pression réelle sur le gouvernement israélien. On évoque les « droits humains » dans des communiqués, mais on ne bouge pas. Cette passivité n’est pas de l’impuissance : elle est un choix. Maintenir le statu quo permet de préserver des équilibres géopolitiques et des flux d’armements sans remettre en cause les fondamentaux du conflit. Barghouti incarne précisément ce que les élites au pouvoir détestent : un leader populaire, crédible et hostile à la logique de l’occupation israélienne.


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