L’OTAN fait face à un déficit d’imagination, par Alexeï Netchaev

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Lorsque le Général de Gaulle décida de se retirer de l’OTAN, il justifia sa décision en exprimant la crainte « des complications en Asie du fait de la politique américaine et en Europe du fait de la politique allemande ». Partant de là, il ne souhaitait pas « que la France soit entraînée dans des conflits qui ne la concernent pas directement ». Il faut relire le texte de sa conférence de presse du 21 février 1966 pour mesurer combien était pertinente sa vision. Aujourd’hui, la France – sous un statut non juridique et ambigu de cobelligérant – est de fait en guerre contre la Russie, y consacre d’énormes moyens militaires, plus sans doute des soldats « fantômes » sur le terrain, et, en outre, elle est impliquée, d’une manière ou d’une autre, dans les tensions américaines au sein de l’Indopacifique. Bien sûr, le peuple français n’a été aucunement consulté sur ces choix cruciaux pour notre avenir, tout comme la représentation parlementaire, laquelle ne brille pas, à gauche comme à droite, par le courage politique pour défendre les droits des citoyens. En 2016, Donald J. Trump avait qualifié l’OTAN d’« obsolète » et trois ans plus tard, en 2019, Emmanuel Macron avait jugé l’organisation en « état de mort cérébral » au grand dam, d’ailleurs, des Allemands. A quelques mois du second anniversaire du conflit en Ukraine, force est de constater l’échec total de l’OTAN et un diagnostic sans faille de ses faiblesses, des insuffisances de son potentiel militaire, de son manque de cohésion et surtout de la sous-évaluation, par mépris, de l’avance des forces militaires russes. Valérie Poutine, avec sa guerre d’attrition, a finalement atteint son objectif, indépendamment des railleries de la presse occidentale : affaiblir durablement l’OTAN. C’est donc en position de force qu’il pourrait négocier prochainement la réddition de l’Ukraine.

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