Loi santé: ça commence à bouillonner chez les médecins de ville


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La loi santé d’Agnès Buzyn ne devrait pas passer comme une lettre à la poste. Nous maintenons ici que le choix de cette ministre pour conduire ou co-conduire la liste LREM aux européennes s’explique d’abord par la volonté de l’ex-filtrer avant que son projet ne tourne au vinaigre. Une pétition vient de recueillir 10.000 signatures parmi les médecins de ville pour contester sa rédaction.

10.000 médecins de ville ont déjà signé une pétition sur Change.org pour protester contre la disposition de la loi santé prévoyant six patients par heure pour obtenir un assistant de santé financé par la sécurité sociale. Dénonçant « l’abattage » que demandent désormais les pouvoirs publics, ces médecins contestent les projets du ministère de la Santé, portés par Agnès Buzyn qui peine à convaincre ses confrères. On notera que les signataires demandent certaines mesures destinées à limiter le recours à leur cabinet:

– Suppression de l’obligation d’un certificat médical d’arrêt de travail pour les arrêts inférieurs à 2 ou 3 jours,
– Suppression de l’obligation d’un certificat médical pour l’absence de parents qui gardent leur enfant un jour ou deux, et interdiction des demandes de certificats médicaux pour la cantine/garderie/crèche etc. en cas d’absence d’un enfant, etc.,
– Interdiction de la demande de certificats médicaux de non contre indication par tous les organismes (salle de sport, club de pétanque, cours de yoga, organisateurs de courses à pied, etc.) qui le plus souvent en exigent un par an si possible datant de moins de trois mois. Pour un marathon de Paris ce seraient par exemple 57.000 consultations gagnées,
– Interdiction de tous les certificats d’absence scolaire, universitaire, grandes écoles et certificat pour les assurances, etc.,
– Campagnes de communication et d’information régulières pour informer sur les critères permettant d’éviter une consultation pour les pathologies bénignes courantes (rhumes, gastros, etc.),
– Accès direct avec prise en charge pour des actes paramédicaux : kinésithérapeutes DE, IDE, podologues, orthophonistes, etc.

Pour le gouvernement, cette grogne qui monte est un vrai danger, à plusieurs niveaux.

D’abord, un embrasement de la médecine de ville finirait d’éloigner Emmanuel Macron des classes supérieures qui l’ont élu. Structurellement, cette annonce serait fâcheuse pour lui.

Surtout, une fixation sur cette « productivité » de la médecine de ville affaiblirait la restructuration en cours de l’Élysée. L’idée de six patients par heure a été largement portée par Nicolas Revel, actuel directeur général de la Caisse National d’Assurance Maladie, pressenti pour remplacer Alexis Kohler au secrétariat général de l’Élysée. Nommer dans son proche entourage, pour se donner un nouveau souffle, un perdant devenu emblème de ce que le pays ne veut pas n’augurerait rien de bon pour la suite.


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