Le Syndicat de la Magistrature veut décoloniser le droit et la justice !


Partager cet article

Le Syndicat de la Magistrature et sa revue Délibérée, qui porte un regard critique sur la justice, le(s) droit(s) et les libertés, lancent un appel à contribution pour un dossier consacré aux “approches décoloniales du droit et de la justice“. Passé sous les radars des médias, nous nous saisissons de cet appel pour rappeler la pensée idéologique de ce syndicat (représentant 1/3 des effectifs syndiqués de la Chancellerie), tristement célèbre pour son “Mur des cons“.

En 1974, Oswald Baudot écrit un texte à l’attention des jeunes juges. Ce texte, resté connu sous le nom de “la harangue de Baudot“, est une des bases idéologiques de la gauche judiciaire et du Syndicat de la magistrature (né dans la mouvance soixante-huitarde). Le magistrat fixe trois lignes directrices, qui inspirent encore aujourd’hui les gardes des sceaux et les ministres de l’intérieur (notamment Christiane Taubira, Nicole Beloubet, Eric Castaner) issus de la gauche.

1er précepte : il faut avoir un préjugé favorable pour le délinquant.

“Soyez partiaux (…) Examinez toujours où sont le fort et le faible qui ne se confondent pas nécessairement avec le délinquant et sa victime. Ayez un préjugé favorable pour la femme contre le mari, pour l’enfant contre le père, pour le débiteur contre le créancier, pour l’ouvrier contre le patron, pour l’écrasé contre la compagnie d’assurance de l’écraseur, pour le malade contre la sécurité sociale, pour le voleur contre la police, pour le plaideur contre la justice“.

2ème précepte : l’emprisonnement est néfaste, et donc à éviter.

Si la répression était efficace, il y a longtemps qu’elle aurait réussi. Si elle est inutile comme je le crois, n’entreprenez pas de faire carrière en vous payant la tête des autres. Ne comptez pas la prison par années ni par mois mais par minutes et par secondes, tout comme si vous deviez la subir vous-mêmes“.

3ème précepte : s’accommoder avec la loi.

Dans vos fonctions, ne faites pas un cas exagéré de la loi et méprisez généralement les coutumes, les circulaires, les décrets et la jurisprudence. Il vous appartient d’être plus sages que la Cour de cassation, si l’occasion s’en présente (…) Consultez le bon sens, l’équité, l’amour du prochain plutôt que l’autorité ou la tradition. La loi s’interprète. Elle dira ce que vous voulez qu’elle dise. Sans y changer un iota, on peut, avec les plus solides attendus du monde, donner raison à l’un ou à l’autre, acquitter ou condamner au maximum de la peine. Par conséquent, que la loi ne vous serve pas d’alibi. D’ailleurs vous constaterez qu’au rebours des principes qu’elle affiche, la justice applique extensiblement les lois répressives et restrictivement les lois libérales. Agissez tout au contraire“.

Oswald Baudot a comparu devant le Conseil supérieur de la magistrature en 1975 ; une réprimande a été suggérée, mais le ministre de la Justice ne prononça aucune sanction contre le substitut marseillais.

L’aveuglement du Syndicat de la Magistrature est certain alors qu’il s’agirait plutôt de dépolitiser (et de désyndicaliser) la Justice française. On lira, à ce sujet, l’excellent livre de Régis de Castelnau “Une justice politique – des années Chirac au système Macron, histoire d’un dévoiement“ – Période de 1995 à 2020. On pourra compléter cette lecture par le livre de Georges Fenech “Main basse sur la justice : Les années noires, de Mitterrand à aujourd’hui“ – période 1981 à 1996.

Je vous conseille également “Le mur des cons – le vrai pouvoir des juges“ de Philippe Bilger.

Regarder également sur la chaine YouTube l’entretien de Régis de Castelnau.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Plafonds de verre RN et LFI en 2027 : que dit la science politique sur leur épaisseur ?

Plafonds de verre RN et LFI en 2027 : que dit la science politique sur leur épaisseur ?

Par Elise Rochefort À onze mois du premier tour de l'élection présidentielle, prévu au printemps 2027, les enquêtes d'opinion dessinent une configuration que la science politique connaît bien : deux formations de protestation arrivées en tête de leur camp, et l'une comme l'autre confrontées à un seuil qu'elles n'ont jamais franchi. Le Rassemblement national n'a pas accédé à l'Élysée en 2002, 2017 ni 2022. La France insoumise n'a jamais qualifié son candidat pour un second tour présidentiel.


Rédaction

Rédaction

Autonomie de la Corse : la Vè République en peau de chagrin

Autonomie de la Corse : la Vè République en peau de chagrin

Par Thibault de Varenne L'Assemblée nationale examine depuis ce mardi 16 juin un projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République ». Le texte, déposé fin avril et adopté en commission au début du mois, inscrirait dans la Constitution un statut particulier pour l'île, un pouvoir d'adaptation des lois, un article nouveau taillé pour elle seule. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentie


Rédaction

Rédaction

À partir de quel seuil faut-il vendre son or ?

À partir de quel seuil faut-il vendre son or ?

Par Vincent Clairmont L'once d'or s'échange ce mardi 16 juin autour de 4 300 dollars sur le marché spot de Londres, soit environ 3 950 euros. C'est plus de 20 % en dessous du record de fin janvier, où le métal avait frôlé 5 600 dollars. La question qui dominait les messages de lecteurs au printemps — est-il trop tard pour acheter ? — a changé de signe. Depuis la correction, on me demande l'inverse : à partir de quel seuil faut-il vendre ? Ma réponse tient en une phrase, puis je la déplie. Le b


Rédaction

Rédaction

Trois poules dans le jardin? Jusqu'à 6 000 euros d'amende
Photo by Thomas Iversen / Unsplash

Trois poules dans le jardin? Jusqu'à 6 000 euros d'amende

En 2026, élever trois poules pondeuses au fond de son jardin relève désormais du parcours administratif. Déclaration sanitaire en mairie, autorisation d’urbanisme selon la surface du poulailler, distances de voisinage imposées : l’État et les communes transforment un geste de bon sens ancestral en infraction potentielle. Sanction à la clé ? De 750 € à 6 000 €. L'État vient de transformer l'acte le plus élémentaire d'autonomie alimentaire en une procédure bureaucratique à part entière. L


Rédaction

Rédaction