Le pouvoir se prépare à un soulèvement populaire

Le pouvoir se prépare à un soulèvement populaire


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Alors que la France périphérique s'apprête à passer un Noël de gêne et d'angoisse, le spectacle offert par l'exécutif en cette fin 2025 n'est plus celui de la gestion, mais de la panique organisée.

Pour comprendre la nature profonde du moment politique que nous vivons, il faut cesser d'écouter le bruit de fond médiatique et relier deux faits que la technocratie s'efforce de présenter comme distincts : la militarisation de la crise agricole par Sébastien Lecornu et l'adoption discrète, mais fébrile, de la « garantie émeutes » dans le projet de loi de finances. Mis bout à bout, ces éléments dessinent le portrait d'une caste aux abois, qui ne cherche plus à gouverner, mais à survivre à l'inévitable explosion.

Le gouvernement obéit-il à la FNSEA lorsqu’il ordonne l’abattage des troupeaux en Ariège ? par Elise Rochefort
C’est la question qui brûle les lèvres dans les campagnes, alors que les gaz lacrymogènes se dissipent à peine en Ariège et dans le Doubs. Pour y répondre, il faut dépasser la simple caricature d’un ministère aux ordres pour plonger dans les mécanismes de la “cogestion” à la française,
Ils ont remplacé le clivage Droite-Gauche par le "Mépris Cool". Comprenez enfin la mécanique.

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L'armée comme ultime rempart

Le recours à l'armée pour vacciner les bêtes n'est pas une mesure sanitaire, c'est un aveu d'effondrement. En dépêchant les vétérinaires militaires au chevet des éleveurs, le Premier ministre ne fait pas que pallier une pénurie logistique. Il acte la faillite de l'administration civile et du ministère de l'Agriculture, devenus des coquilles vides incapables d'assurer le « dernier kilomètre » de l'action publique.

L’agriculture française rebondit en 2025... en dépit de l’État parasite et des crises
Alors que la colère agricole gronde contre le Mercosur et la gestion sanitaire de l’État, les chiffres de l’Insee racontent une autre histoire : en 2025, la production agricole française rebondit nettement, portée avant tout par l’élevage et la dynamique des prix. Alors que les tracteurs bloquent les

Symboliquement, le message est dévastateur : face à la colère paysanne, face à la détresse du réel, l'État n'a plus d'autre réponse que l'uniforme. C'est la militarisation rampante de la gestion de crise. Le pouvoir sait que la digue est friable. Il sait que derrière la dermatose bovine et les bilans comptables dans le rouge, c'est une insurrection des campagnes qui gronde. L'armée est là pour vacciner, certes, mais sa présence rappelle surtout que l'ordre républicain ne tient plus que par la force régalienne, là où le consentement a disparu.

La « taxe émeutes » : l'assurance-vie du régime

Mais le cynisme atteint son paroxysme au Parlement. Pendant que les tracteurs chauffent les moteurs, le Sénat et le gouvernement s'activent pour faire passer, dans la loi de finances pour 2026, cette fameuse « surprime émeutes ».

Par quoi voulons-nous remplacer la démocratie représentative?
Ce pont du 10 novembre, moment de répit dans l’agitation nationale, offre une occasion de prendre du recul sur le spectacle de notre propre impuissance. La France est paralysée. Le chaos parlementaire, les blocages institutionnels et la déconnexion béante entre le pays légal et le pays réel ne sont plus

Ne nous y trompons pas : il ne s'agit pas de protéger les commerçants ou les maires. Il s'agit d'une socialisation des coûts de la guerre civile. En institutionnalisant le risque d'émeute dans les contrats d'assurance, l'État admet deux choses terribles. Premièrement, il considère que l'explosion sociale n'est plus un accident, mais une probabilité statistique forte, une nouvelle normalité. Deuxièmement, il organise son impunité financière : ce n'est pas l'État failli qui paiera pour son incompétence à maintenir la paix civile, c'est l'assuré, le citoyen, la victime. On vous demande de cotiser pour payer les dégâts de la colère que ce même pouvoir a engendrée. C'est la privatisation des profits politiques et la mutualisation des pertes du chaos.

La coalition des bannis

Cette fébrilité s'explique par une hantise qui traverse les couloirs de Matignon : la convergence des colères. Le pouvoir a peur car il sent que le cloisonnement sociologique ne tient plus.

La crise agricole n'est plus corporatiste. Elle agrège le rejet du parlementarisme — ce théâtre d'ombres où des députés hors-sol votent des budgets de rigueur pendant que le pays réel s'effondre — et le désespoir des classes moyennes déclassées. Nous assistons à la naissance d'une coalition des bannis. Ceux que la mondialisation heureuse a spoliés, ceux que les normes écologiques punitives étranglent, et ceux qui voient leur culture méprisée, se retrouvent dans une détestation commune de l'élite dirigeante.

Abattage massif : Macron face à la coalition des bannis
Il y a quelque chose de pourri au royaume de la technostructure. Alors que la France périphérique s’apprête à passer un Noël anxieux et souvent dans la gêne, le gouvernement, dans sa tour d’ivoire, a décidé d’offrir au peuple un spectacle sacrificiel digne des heures les plus sombres du « quoi

Sébastien Lecornu a compris le danger. Il ne s'agit plus de gérer une manifestation, mais d'anticiper une sédition. La « grande peur » est de retour. Mais contrairement à 1789, ce ne sont pas les paysans qui ont peur des brigands ; c'est le château qui tremble face à ceux qui le nourrissent. Le gouvernement prépare les blindés et les contrats d'assurance, car il sait une chose : quand la faim et l'injustice se rencontrent, aucune « communication » ne peut éteindre l'incendie.

La question n'est plus de savoir si le peuple va se soulever, mais quand la facture de l'assurance émeutes nous sera présentée.


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