Abattage massif : Macron face à la coalition des bannis

Abattage massif : Macron face à la coalition des bannis


Partager cet article

Il y a quelque chose de pourri au royaume de la technostructure. Alors que la France périphérique s'apprête à passer un Noël anxieux et souvent dans la gêne, le gouvernement, dans sa tour d'ivoire, a décidé d'offrir au peuple un spectacle sacrificiel digne des heures les plus sombres du « quoi qu'il en coûte » sanitaire : l'abattage massif, bureaucratique et froid de milliers de bovins sains.

La crise de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), qui ravage nos campagnes depuis juin 2025, n'est pas une simple épizootie. Elle est le révélateur clinique d'un régime à bout de souffle, enfermé dans une psychorigidité mortifère. Cette fois pourtant, la Caste pourrait bien avoir commis l'erreur de trop. En s'attaquant à la vache, animal totémique de la France éternelle, elle est en train de souder contre elle une coalition inédite : celle des bannis, des exclus, des « sans-dents » et des non-alignés.

La seringue et le couteau : l'obsession de la "pureté" sanitaire

Le macronisme est une maladie auto-immune qui consiste à détruire le corps social pour le sauver de lui-même. La gestion de la DNC en est la caricature parfaite. Face à un virus vectoriel, transmis par des insectes, l'administration centrale oppose une logique binaire : l'abattage total. On tue le malade, on tue le sain, on tue le veau dans le ventre de la mère. C'est le triomphe de la tabula rasa.

Libre-échange avec le MERCOSUR : par-delà la mythologie, par Elise Rochefort
Certains débats transcendent les clivages politiques et révèlent les tensions profondes de notre époque. Celui sur le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur en fait partie. Signé en 2019, révisé en 2024, cet accord cristallise les espoirs des uns et les craintes des autres, entre ceux

Pourtant, d'autres voies existent. Comme le rappellent inlassablement des personnalités souvent loin du peuple, comme Mathieu Bock-Côté, la France a su faire preuve d'intelligence par le passé. En 1992, à la Réunion, face à la même maladie, on a vacciné massivement et abattu seulement les malades. Résultat? Le cheptel a été sauvé.

Le gouvernement obéit-il à la FNSEA lorsqu’il ordonne l’abattage des troupeaux en Ariège ? par Elise Rochefort
C’est la question qui brûle les lèvres dans les campagnes, alors que les gaz lacrymogènes se dissipent à peine en Ariège et dans le Doubs. Pour y répondre, il faut dépasser la simple caricature d’un ministère aux ordres pour plonger dans les mécanismes de la “cogestion” à la française,

Pourquoi ce refus obstiné du bon sens en 2025 ? Parce que la technocratie européenne et parisienne préfère le statut « indemne » sur un fichier Excel, indispensable pour l'exportation, à la survie de nos paysans. C'est la primauté du flux marchand sur la racine vitale. Cette rigidité n'est pas une erreur, c'est une doctrine. C'est la même qui a conduit à la gestion calamiteuse du Covid-19 : enfermement, coercition, refus du traitement précoce. Les éleveurs qui voient débarquer les gendarmes pour tuer leurs bêtes revivent le traumatisme des non-vaccinés de 2021. La seringue obligatoire a laissé place au couteau administratif, mais la main qui le tient est la même : celle d'un État profond qui ne tolère plus la moindre aspérité dans sa gestion du cheptel humain ou animal.

La convergence des "déplorables"

Ce que le Château n'avait pas prévu, c'est que l'abattage des vaches servirait de catalyseur à une fusion nucléaire des colères. La sociologie des barrages de cette fin 2025 est fascinante. On n'y trouve plus seulement la FNSEA, courroie de transmission du ministère, mais une plèbe en ébullition.

Veerle Daens : “Comment j’ai compris que je n’étais pas dans le logiciel parisien”
Chronique satirique sur le name-dropiing parisien.

La Coordination Rurale, qui a tout compris à la grammaire insurrectionnelle de l'époque, se revendique désormais comme les « Gilets Jaunes de l'agriculture ». Elle a intégré que le dialogue social à la française est une farce où l'on discute de la couleur de la corde pour se pendre. En bloquant les routes et en déversant du lisier sur les symboles de l'État, elle parle le seul langage que la technostructure craint : celui de la force.

Dermatose: les éleveurs trahis... abattage de bovins sains malgré la vaccination
À Pouilley-Français, dans le Doubs, la contradiction est frappante. Un troupeau de 82 vaches, intégralement vaccinées contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a été entièrement abattu le 2 décembre 2025. La raison ? Un seul animal a développé la maladie. Face à la mobilisation de 300 agriculteurs et syndicalistes, l’État

À leurs côtés, on retrouve la nébuleuse des covido-sceptiques. Pour eux, l'abattage préventif est une nouvelle preuve de la dérive totalitaire du biopouvoir. Florian Philippot et les Patriotes, qui avaient diverti la rue contre le Pass Sanitaire, sont aujourd'hui sur les ronds-points pour défendre la liberté d'élever. Le lien est fait : on nous a menti sur le virus chinois, on nous ment sur le virus bovin.

Et que dire de cette alliance contre-nature, cauchemar du ministère de l'Intérieur, entre les bonnets rouges de l'élevage et les écologistes radicaux des Soulèvements de la Terre? Eux qui s'affrontaient hier sur les méga-bassines se retrouvent aujourd'hui pour protéger physiquement les troupeaux contre les vétérinaires d'État. C'est la preuve ultime que le clivage gauche-droite est mort, remplacé par le clivage réel : ceux qui vivent de la terre contre ceux qui la gèrent depuis des bureaux climatisés.

L'Ukraine, Gaza et la trahison des élites

Pour couronner le tout, cette crise se cristallise sur fond de désaveu géopolitique complet. Le paysan français n'est pas idiot. Il voit bien que l'État, si prompt à l'abattre pour une norme sanitaire, ouvre grand les vannes aux poulets et aux céréales d'Ukraine qui ne respectent aucune de ces normes.

Le « deux poids, deux mesures » devient insupportable. On demande au producteur local de mourir pour la patrie, pendant qu'on finance l'effort de guerre à Kiev en ruinant notre souveraineté alimentaire. Ce sentiment de trahison nourrit une colère froide. On y retrouve même, par une étrange capillarité, les opposants à la politique israélienne du gouvernement, qui voient dans la répression des mouvements pro-palestiniens la même logique de « bannissement » du débat public.

Sondage : 91% des Français soutiennent le mouvement des agriculteurs - Public Sénat
Selon un sondage Odoxa – Backbone Consulting pour le Figaro, les personnes interrogées soutiennent très largement la mobilisation des agriculteurs. Pire encore, le soutien au mouvement n’a jamais été aussi haut avec 91% des Français (en hausse de 2 points) déclarant approuver le mouvement lancé il y a près de 3 mois.

Tout se mélange : le refus de l'OTAN, le refus de l'UE, le refus de l'abattage, le refus du mépris. Le cordon sanitaire qui visait à isoler le RN a fini par isoler le gouvernement lui-même. Jordan Bardella n'a plus qu'à se baisser pour ramasser les fruits de cette décomposition, soutenu par 91% de l'opinion publique qui a choisi son camp : celui de la vache contre celui du technocrate.

L'information libre a un prix : le courage de la soutenir
CTA Image

Surveillés par les "commissaires politiques" de l’information comme ConspiracyWatch, boudés par les subventions publiques, nous ne devons rien au système. Notre seule légitimité, c’est vous. Pour garantir notre indépendance totale et continuer à dire ce que les autres taisent, nous avons besoin de votre soutien.

Je rejoins la résistance libertarienne (79€/an)

Vers la sécession

Nous ne sommes pas face à une crise agricole, mais face à un début de sécession. La « psychorigidité macroniste » n'est pas un trait de caractère, c'est un mode de gouvernement par l'exclusion. On a banni les Gilets Jaunes, on a banni les non-vaccinés, on a banni les prorusses, on a banni les électeurs du RN. Aujourd'hui, on bannit les éleveurs.

Mais à force d'exclure, le cercle de la « raison » s'est réduit à une peau de chagrin. La coalition des bannis est désormais majoritaire. Si le gouvernement persiste à envoyer ses blindés contre les étables comme il les a envoyés sur les Champs-Élysées, il ne faudra pas s'étonner si la chute du régime commence, non pas dans une urne, mais dans une ferme de l'Ariège, au milieu des meuglements d'un troupeau qu'on refuse de laisser mourir.

L'abattage de trop a peut-être déjà eu lieu.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Pourquoi Michel-Edouard Leclerc annonce que le prix du carburant n'est pas prêt à baisser, par Vincent Clairmont

Pourquoi Michel-Edouard Leclerc annonce que le prix du carburant n'est pas prêt à baisser, par Vincent Clairmont

Si vous espériez voir le prix du litre de gazole repasser sous la barre des 1,50 € comme "avant", j'ai une mauvaise nouvelle pour vous. Et ce n'est pas moi qui le dis, mais Michel-Édouard Leclerc. Le patron des centres E. Leclerc multiplie les sorties médiatiques en ce printemps 2026 pour nous avertir : la crise énergétique n'est pas une simple vague, c'est un changement de régime. Le prix des carburants ne “baissera pas de sitôt”, estime Michel-Edouard LeclercLe prix des carburants ne “baisse


Rédaction

Rédaction

L'humeur de Veerle Daens : Pourquoi la présidentielle de 2027 ne sera qu'une compétition entre pilleurs

L'humeur de Veerle Daens : Pourquoi la présidentielle de 2027 ne sera qu'une compétition entre pilleurs

Les médias mainstream commencent à dresser le chapiteau du cirque électoral. Les présidentielles approchent. Mais faut-il aller voter ? À quoi sert le vote ? Mes chers spoliés du pays des Lumières (ou ce qu'il en reste une fois la facture d'électricité payée), installez-vous confortablement. À mesure que l'ombre de 2027 s'allonge sur nos portefeuilles, le cirque médiatique commence déjà à nous vendre le "grand tournant". On nous promet du renouveau, de la rupture, ou du "en même temps" version


CDS

CDS

Quelles sont les dérives illibérales de l'UE ?

Quelles sont les dérives illibérales de l'UE ?

Comme promis, je livre aujourd'hui une analyse de ce que sont les dérives illibérales de l'Union Européenne. Elles sont de deux ordres : politiques (notamment avec le DSA), mais aussi méta-politiques : l'obsession de la concurrence pure et parfaite, qui contredit le principe même du libéralisme. 1. Pratiques autoritaires et concentration du pouvoir par Ursula von der Leyen Concentration du pouvoir et contournement des traités Ursula von der Leyen est accusée d’avoir systématiquement concent


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Jordan Bardella, l'homme qui promet l'Élysée depuis Milan

Jordan Bardella, l'homme qui promet l'Élysée depuis Milan

Réunis à Milan le 18 avril, plusieurs leaders européens de la droite radicale ont affiché leur volonté commune de rompre avec Bruxelles. Jordan Bardella, figure centrale du meeting, a affirmé en italien, que « la victoire est proche », évoquant explicitement la fin du mandat d’Emmanuel Macron. Matteo Salvini, lui, tonne contre le Green Deal. Derrière l'unité de façade, les fissures sont pourtant nombreuses. Le symbole était voulu fort. La place del Duomo, cœur de Milan, capitale économique d


Rédaction

Rédaction