Le « Parti de l’Amérique »: les Américains disent « non » à Elon Musk

Le « Parti de l’Amérique »: les Américains disent « non » à Elon Musk


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Selon plusieurs sondages récents, dont ceux de CNN et Quinnipiac, près de 77% des Américains disent « non » au nouveau parti politique d’Elon Musk nommé « parti de l’Amérique » ou « America party » . Malgré son influence et sa fortune, le milliardaire « libertarien » semble pourtant très mal placé pour incarner une alternative crédible aux Démocrates et Républicains. Si l’idée d’un troisième parti politique séduit nombreux Américains lassés des deux partis rivaux Démocrates/Républicains. Malheureusement, Elon Musk n’incarne pas cette alternative.

Elon Musk a annoncé au début du mois la création de « parti de l’Amérique » ou « America party » après avoir demandé l’avis d’environ 1,2 millions d’abonnés sur son compte. « Par un facteur de 2 contre 1, vous voulez un nouveau parti politique, et vous l’aurez ! », a-t-il déclaré.En rupture avec Donald Trump et les deux grands partis traditionnels, Elon Musk a annoncé la création du Parti de l’Amérique pour les élections de mi-mandat de 2026.

Les électeurs américains disent « non » à Elon Musk

Alors que le milliardaire provocateur souhaitait « restaurer la liberté » face à un système qu’il juge « corrompu » avec son Parti de l’Amérique. Un sondage CNN publié ce mois de juillet 2025 a révélé que le parti nouvellement créé par l’ancien allié de Donald Trump, Elon Musk, ne séduit pas. Selon le sondage, seulement 25 % des adultes et 22 % des électeurs inscrits soutiennent cette idée. À l’inverse, 74 % des adultes et 77 % des électeurs y sont opposés, signe que le rejet est largement partagé dans toutes les catégories.

Un second sondage de l’université de Quinnipiac confirme ce désaveu contre l’ancien numéro u du « département de l’efficacité gouvernementale » (DOGE) : 83 % des électeurs interrogés refusent catégoriquement l’idée d’un parti mené par Musk, tandis que seuls 17 % pourraient l’envisager.

Autre fait marquant : la popularité personnelle d’Elon Musk s’est effondrée. Selon CNN, il ne recueillerait que 23 % d’opinions favorables contre 60 % de défavorables, soit une côte nette de -37. Un contraste saisissant avec 2016, lorsqu’il jouissait d’un solde positif de +29 dans un sondage Bloomberg, faisant de lui l’une des personnalités les plus admirées du pays.

Aujourd’hui, il est qualifié par CNN comme « l’une des figures politiques les plus impopulaires des États-Unis ». Cette image « négative » constitue un handicap majeur pour toute ambition politique, même pour un homme aussi influent que lui.

Le défi historique des partis tiers

Même en laissant de côté la personnalité de Musk, fonder un parti tiers constitue une véritable défi aux États-Unis.
Hormis George Washington – élu avant la création des partis modernes – aucun candidat indépendant n’a remporté la présidence. Le dernier à avoir gagné un État en élection présidentielle fut George Wallace en 1968.

Des figures comme Ross Perot, autre milliardaire visionnaire, ont échoué à transformer leur percée électorale en mouvement durable. Ce milliardaire texan et ancien candidat à la présidentielle, qui avait fondé le Reform Party dans les années 1990, s’est illustré en dénonçant les abus des grands partis, Perot avait recueilli 18,9 % des voix à l’élection présidentielle de 1992. Mais son mouvement s’était rapidement essoufflé malgré le succès ponctuel de Jesse Ventura au poste de gouverneur du Minnesota en 1998.

En comparaison, les intentions de vote pour Musk sont encore plus basses que celles qu’avait obtenues Perot au lancement de son projet. En 1993, 50 % des Américains soutenaient Perot. En 2025, 77 % s’opposent déjà à Musk.

Malgré des sondages catastrophiques,grâce à son statut de PDG de Tesla et SpaceX, ainsi qu’à sa plateforme X (anciennement Twitter),Musk dispose de puissants canaux de communication. De plus, sa fortune personnelle lui permettrait de financer une campagne d’ampleur nationale.

Mais comme le souligne CNN :

« L’argent ne suffit pas. Plus les Américains voient Musk en politique, moins ils l’aiment. »

Selon CNN, cette surexposition médiatique pourrait aggraver son impopularité au lieu de la corriger. Par ailleurs, Elon Musk n’est pas éligible à la présidence, étant né en Afrique du Sud. Ce simple fait rendrait son rôle politique limité, sauf à parrainer un autre candidat.Son parti pourrait certes troubler les équilibres électoraux dans certaines circonscriptions, mais il lui sera difficile d’attirer en masse les électeurs des deux grands partis.


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