Laurent Wauquiez et les Républicains vont rouler en Ciottinette
French conservative party Les Republicains’ (LR) newly-elected president Eric Ciotti poses before the start of the evening news broadcast of French TV channel TF1 in Boulogne-Billancourt, outside Paris on December 11, 2022, after the results of the second round of the LR presidency election. – French conservative Les Republicains (LR) party’s member of parliament Eric Ciotti won the presidency of his party scoring 53.7 % on December 11, 2022. (Photo by Christophe ARCHAMBAULT / POOL / AFP)

Laurent Wauquiez et les Républicains vont rouler en Ciottinette


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Les Républicains ont choisi Eric Ciotti. Mais ce que nous appellerons la Ciottinette n'est pas un véhicule très rapide ni ambitieux.  Le déclin va continuer, inéluctablement.

C’est une petite victoire pour Eric Ciotti, 53% et des poussières. On ne reviendra pas sur les commentaires de la soirée d’hier ou de la presse du matin qui indique que (1) Laurent Wauquiez est fragilisé par la victoire ric-rac de son poulain. (2) Bruno Retailleau, le perdant, va peser dans la conduite du parti. (3) Gérard Larcher, le dernier des grands notables chiraquiens en fonction va continuer à jouer le premier rôle dans les décisions du parti en vue des présidentielles.

Le déclin au rythme de la ciottinette

Ce qui importe, ce sont les tendances de fond. En 2007, L’UMP faisait 31% et le Front National 10%. Aujourd’hui, au-delà du changement de nom respectif, le rapport de force est totalement inversé: 23% pour Marine Le Pen et 4% pour Valérie Pécresse. Si l’on ajoute les 8% de Zemmour au vote Le Pen, on a une droite nationiste qui pèse autant que l’UMP en 2007.

Tout s’est joué, définitivement, aux dernières présidentielles.  Le parti tendait à se placer au centre, pour prendre de l’espace à Macron. Cela aurait pu être une stratégie gagnante à condition (1) de choisir Xavier Bertrand ou Michel Barnier ; et (2) qu’Eric Ciotti développe, au-delà du Congrès, une savante ambiguïté vis-à-vis d’Eric Zemmour – et soit capable de ramener les électeurs de ce dernier au second tour, sur une ligne antimacronienne dure.

Rien de cela ne s’est produit. le parti héritier du pompidolisme et du giscardisme est menacé de disparition. Et, il y a quelques semaines, quand un député du Rassemblement National était la cible d’un lynchage de la gauche et des macronistes, Eric Cotti a hurlé avec les loups:

Je condamne avec fermeté les propos d’une extrême gravité tenus aujourd’hui par un député au sein de l’hémicycle de notre assemblée.

Scandaleux de la part d’un représentant de la République.

— Eric Ciotti (@ECiotti) November 3, 2022

On peut penser que la raison profonde du score serré entre Retailleau et Ciotti se trouve dans le tweet ici reproduit.

Eric Ciotti est un faux dur. Il joue la fermeté sur les thèmes de défense de la souveraineté, de la nation et de l’identité. Comme Laurent Wauquiez. Ce sont des LR pur jus.

La suite n’est pas difficile à prévoir. Les LR roulant désormais à Ciottinette – chacun son écologie – l’histoire politique française va se faire sans eux, chez Marine Le Pen et chez Macron. La curée a commencé: Stéphane Séjourné adresse, dans le Parisien, un appel à, tous ces LR qui ne veulent pas d’une « extrême-droitisation » de leur famille politique. Selon leur tempérament, on leur propose une darmanisation ou une lemairisation….


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