La semaine d’Emmanuel Macron (18 au 24 mars)


Partager cet article

La semaine d’Emmanuel Macron s’est majoritairement passée en France. Un conseil européen en fin de semaine a dominé l’actualité, mais la polémique qui a suivi le regain de violence samedi dernier a imprimé le tempo présidentiel : il a fallu montrer aux Français que le dilettante Castaner se remettait au travail et que l’ordre serait rétabli.

Lundi 18 mars: lendemain de crise et Grand Débat

Dès le lundi 18 mars, le débat public était plombé par la mise à sac des Champs-Elysées, et par l’impuissance de l’imposant dispositif de sécurité à garantir la tranquillité publique. A 11h30, le président recevait Christophe Castaner, Laurent Nunez et Nicole Belloubet pour dresser un point de situation.

Dans la pratique, ce n’était que le début d’un long festival: la semaine a été émaillée de déclarations martiales annonçant les mesures les plus tempêtueuses pour éviter de nouveaux troubles. Le sacrifice du Préfet de Police a beaucoup retenu l’attention, en grande partie parce que l’opinion a considéré qu’il s’agissait d’un pis-aller pour éviter la démission de Christophe Castaner.

A 16h30, Emmanuel Macron a quand même pris le temps de rencontrer Donald Tusk, le président du conseil européen, vraisemblablement pour évoquer le Brexit.

Le soir, il s’est livré à un marathon de 8 heures, dans le cadre du Grand Débat, avec une soixantaine d’intellectuels. L’événement était retransmis en direct sur France Culture. L’impact de ce moment sur l’opinion publique, quarante-huit heures après les événements des Champs-Elysées, est incertain. Il est probable qu’il n’ait pas contribué à réduire le sentiment d’éloignement entre le Président et les Français.

Mardi 19 mars: repos

Après sa performance de 8 heures à la radio, le Président avait allégé l’emploi du temps de son mardi. Son seul rendez-vous officiel a eu lieu à 17h avec Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation des libertés.

Mercredi 20 mars: conseil des ministres

Comme d’habitude, le mercredi est le jour du Conseil des Ministres, avec un conseil restreint de défense au préalable, et des rencontres avec le Premier Ministre.

A l’ordre du jour du conseil figurait un décret sur la politique de sécurité économique (c’est-à-dire la lutte contre l’espionnage industriel) et surtout un train de mesures pour lutter contre la pauvreté. Certaines de ces mesures ne manquent pas d’ambition, comme la mise en place d’un revenu universel d’activité. Signe des temps: leur audience dans l’opinion est restée très faible.

Jeudi 21 mars, vendredi 22: conseil européen de Bruxelles

Le Conseil Européen a commencé le jeudi après-midi et s’est terminé vendredi. Il a donné lieu à une moisson assez pauvre pour la France et l’Europe. En particulier, les chefs d’Etat ont bâclé la question des relations avec la Chine et se sont surtout focalisé sur la question du Brexit. Sur ce dernier point, Macron a joué les « faucons » en plaidant contre un report de facilité demandé par la Grande-Bretagne.

Cette décision ouvre une crise politique outre-Manche: Teresa May est désormais confrontée à une remise en cause quasi-ouverte de son camp qui la juge incapable de prendre une option claire sur le Brexit lui-même.

Dimanche 24 mars: début de la visite de XI Jinping

Ce dimanche, le Président chinois a entamé sa visite d’Etat en France par un déplacement sur la Côte d’Azur où il a dîné avec Emmanuel Macron. L’enjeu majeur de la visite tient à la notion de libre-échange: l’Europe peut-elle ou non continuer à ouvrir ses marchés à un puissant partenaire sans que la réciproque n’intervienne?

Le Président français est l’un des seuls en Europe à répondre par la négative.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

L’ombre d’une guerre de décapitation hante Pyongyang. Après l’élimination d’Ali Khamenei, Kim Jong Un verrouille son pouvoir par une clause apocalyptique. En cas d’attaque contre lui, l’armée doit lancer des armes nucléaires sans attendre aucun ordre. Un signal de terreur qui en dit long sur la fragilité des régimes totalitaires face à la stratégie de décapitation. La Corée du Nord vient d’inscrire dans sa constitution le déclenchement automatique d’une frappe nucléaire, en guise de représaille


Rédaction

Rédaction

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

On pourrait croire à un épisode mal écrit de Sous le soleil, mais non : c’est le sommet de l’État. Apparemment, entre deux décrets liberticides et une énième ponction sur le fruit de votre travail, le Château s’adonne au vaudeville de boulevard. Je m'abonne au Courrier On nous murmure que Brigitte aurait administré une correction manuelle à notre Jupiter national (vous savez ? la fameuse, à la sortie de l'avion). La cause ? L'ombrageuse et sublime Golshifteh Farahani. Pendant que la France


CDS

CDS

Votes parlementaires: Démok.fr, la plateforme qui menace le confort des partis

Votes parlementaires: Démok.fr, la plateforme qui menace le confort des partis

Une nouvelle webapp gratuite, Démok.fr, permet aux Français de suivre en temps réel et de voter sur les projets et propositions de loi, en parallèle de leurs députés. Lancée par un citoyen il y a dix ans dans sa conception, elle vise à combler le fossé entre représentants et représentés. Un outil simple qui rappelle une vérité trop oubliée : une fois élus, les députés n’ont aucun devoir légal de représentativité. Démok (demok.fr) est une webapp non lucrative, née d'une idée vieille d'une dizain


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Menaces contre Emma Fourreau : quand LFI appelle à l’ordre… après avoir jeté de l’huile sur le feu

Menaces contre Emma Fourreau : quand LFI appelle à l’ordre… après avoir jeté de l’huile sur le feu

Après plusieurs semaines de cyberharcèlement, l’eurodéputée insoumise Emma Fourreau a annoncé le dépôt de 101 plaintes à Caen pour menaces de mort, menaces de viol et injures sexistes. En toile de fond : son opposition aux banquets du Canon Français, mouvement soutenu financièrement par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Derrière les faits indéfendables de harcèlement, se dessine une France fracturée où extrêmes s’invectivent et où la justice devient l’arène d’un bras de fer politique. Le p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany