La Banque de Russie aurait cédé environ 900 000 onces d'or sur les quatre premiers mois de 2026, son rythme de vente le plus élevé depuis février 2022, à un prix moyen autour de 4 800 dollars l'once. Dans le même temps, le métal détenu par le Trésor américain — 8 133 tonnes — ne « couvre » plus que 3 % de la dette fédérale, un plancher historique (World Gold Council, Q1 2026).

Deux chiffres qui font remonter, dans mes messages de lecteurs, la même inquiétude : si même les États vendent au plus haut, faut-il les imiter ? Ma réponse est non, et je vais expliquer pourquoi cette lecture confond deux choses qu'il faut tenir séparées.

Un État ne détient pas de l'or pour les mêmes raisons que vous
Une banque centrale gère des réserves de change. Elle vend de l'or quand elle a besoin de liquidités en devises — pour soutenir sa monnaie, financer un déficit courant, contourner un gel d'avoirs, ou simplement parce que le métal, ayant triplé en cinq ans, représente désormais une part de bilan qu'elle arbitre. La vente russe relève de cette mécanique-là : une gestion de trésorerie souveraine sous contrainte de sanctions, pas un verdict sur la valeur future de l'or. Lire un flux de banque centrale comme un signal d'achat ou de vente pour un patrimoine privé, c'est commettre une erreur de niveau : l'horizon, la fonction et les contraintes n'ont rien de comparable.
L'or, dans une allocation privée, n'est pas un pari de rendement. C'est une assurance.

