La réforme des retraites : chronique d’un suicide politique annoncé

La réforme des retraites : chronique d’un suicide politique annoncé

5 min de lecture

Partager cet article

En 2022, j'avais expliqué que Macron n'avait pas la légitimité nécessaire pour imposer une réforme des retraites. Passée à la hussarde, on voit combien cette réforme empoisonne son quinquennat... et comment sa suspension reste une clé de déblocage politique.

Il y a des victoires qui ont le goût amer de la défaite. Celle du gouvernement en 2023 sur la réforme des retraites en est l’archétype. Aujourd’hui, l’évocation de sa « suspension » pour sauver ce qu’il reste de stabilité politique n’est ni une surprise, ni une concession. C’est l’aboutissement logique, mécanique, d’une loi née sans légitimité, imposée par l’arrogance et le mépris du pays réel.

Nous l’avions écrit en son temps : ce texte ne passerait pas, car il portait en lui les germes de sa propre destruction. Le péché originel du recours à l’article 49.3, dans un contexte de rejet populaire et parlementaire massif, ne pouvait conduire qu’à cette impasse. L’actualité ne fait que confirmer l’analyse : on ne gouverne pas durablement contre son peuple et ses représentants.

Le péché originel de 2023 : un pouvoir sourd face à un pays réel

Pour comprendre le chaos d’aujourd’hui, il faut se souvenir de l’aveuglement d’hier. Au début de l’année 2023, l’exécutif s’est lancé dans la mère de toutes les batailles sociales avec une armée qu’il n’avait pas. L’Assemblée nationale, issue des législatives de 2022, était fracturée, privée de majorité absolue, et donc structurellement incapable de soutenir un projet aussi clivant.

S’entêter relevait moins du courage que de la témérité, voire de l’inconscience (ne manquez pas mon papier sur Substack où je dissèque les mécanismes psychiques de cette inconscience).  

Le pays, lui, avait compris. Dès l’annonce du projet, une opposition d’une ampleur historique s’est levée. Un front syndical uni, chose rare, a jeté des millions de Français dans la rue, jour après jour, dans des cortèges massifs et pacifiques. Les sondages, implacables, montraient un rejet de près de 70 % de la population. Des salariés aux petits patrons, la réforme était massivement refusée. C’était le pays réel, celui qui travaille, qui s’inquiète et qui ne comprenait pas la brutalité d’une mesure présentée comme inévitable.  

Tours : 30 minutes par jour pour sortir ses cartons sous peine de 2 500 euros d'amende — et des caméras à intelligence artificielle dans les bennes
Photo by Max Böhme / Unsplash

Tours : 30 minutes par jour pour sortir ses cartons sous peine de 2 500 euros d'amende — et des caméras à intelligence artificielle dans les bennes

À Tours, la Métropole impose désormais aux commerçants du centre piéton un unique créneau de trente minutes, de 17 h 30 à 18 h, pour déposer leurs cartons. En dehors de cette fenêtre, le dépôt peut être considéré comme « sauvage » et exposer à une amende pouvant atteindre 2 500 euros. Dans le même temps, cinq camions-poubelles sont équipés de caméras à intelligence artificielle pour surveiller le contenu des bacs. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le


Rédaction

Rédaction

Déviation de Beynac : l'État verse 24 millions d'euros au Département… pour un pont illégal que la justice a fait démolir

Déviation de Beynac : l'État verse 24 millions d'euros au Département… pour un pont illégal que la justice a fait démolir

L’affaire de la déviation de Beynac: un pont construit, stoppé par la justice, puis promis à la démolition. L’État va verser 24,16 millions d’euros au Département de la Dordogne pour solder un contentieux né d’un arrêté préfectoral jugé illégal. Autrement dit, le contribuable va indemniser une collectivité qui avait engagé des travaux sur la base d’une autorisation finalement annulée. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'e


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany