La réforme des retraites : chronique d’un suicide politique annoncé

La réforme des retraites : chronique d’un suicide politique annoncé


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En 2022, j'avais expliqué que Macron n'avait pas la légitimité nécessaire pour imposer une réforme des retraites. Passée à la hussarde, on voit combien cette réforme empoisonne son quinquennat... et comment sa suspension reste une clé de déblocage politique.

Il y a des victoires qui ont le goût amer de la défaite. Celle du gouvernement en 2023 sur la réforme des retraites en est l’archétype. Aujourd’hui, l’évocation de sa « suspension » pour sauver ce qu’il reste de stabilité politique n’est ni une surprise, ni une concession. C’est l’aboutissement logique, mécanique, d’une loi née sans légitimité, imposée par l’arrogance et le mépris du pays réel.

Nous l’avions écrit en son temps : ce texte ne passerait pas, car il portait en lui les germes de sa propre destruction. Le péché originel du recours à l’article 49.3, dans un contexte de rejet populaire et parlementaire massif, ne pouvait conduire qu’à cette impasse. L’actualité ne fait que confirmer l’analyse : on ne gouverne pas durablement contre son peuple et ses représentants.

Le péché originel de 2023 : un pouvoir sourd face à un pays réel

Pour comprendre le chaos d’aujourd’hui, il faut se souvenir de l’aveuglement d’hier. Au début de l’année 2023, l’exécutif s’est lancé dans la mère de toutes les batailles sociales avec une armée qu’il n’avait pas. L’Assemblée nationale, issue des législatives de 2022, était fracturée, privée de majorité absolue, et donc structurellement incapable de soutenir un projet aussi clivant.

S’entêter relevait moins du courage que de la témérité, voire de l’inconscience (ne manquez pas mon papier sur Substack où je dissèque les mécanismes psychiques de cette inconscience).  

Le pays, lui, avait compris. Dès l’annonce du projet, une opposition d’une ampleur historique s’est levée. Un front syndical uni, chose rare, a jeté des millions de Français dans la rue, jour après jour, dans des cortèges massifs et pacifiques. Les sondages, implacables, montraient un rejet de près de 70 % de la population. Des salariés aux petits patrons, la réforme était massivement refusée. C’était le pays réel, celui qui travaille, qui s’inquiète et qui ne comprenait pas la brutalité d’une mesure présentée comme inévitable.  

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