La dictature Facebook et Twitter apparaît dans toute sa splendeur

La dictature Facebook et Twitter apparaît dans toute sa splendeur


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Facebook et Twitter sont-ils des instruments de démocratie ou d'oppression ? Les réseaux sociaux sont-ils au service d'une idéologie qu'ils tentent d'imposer en faisant taire toute opposition et en bannissant ceux et celles qui n'y adhèrent pas ? L'éviction de Donald Trump sur l'ensemble des réseaux (dont Facebook et Twitter), et l'éviction du réseau concurrent Parler, pose une nouvelle fois la question du droit à la diversité de points de vue dans la culture du Net, et de la nécessité de démanteler ces cartels qui sont devenus tout puissants dans la "régulation" des idées.

S’il fallait une démonstration du caractère liberticide de la loi Avia (jamais adoptée) et de l’ensemble des projets qui s’en remettent aux réseaux sociaux pour censurer les contenus haineux, Facebook, Twitter et quelques autres viennent d’en apporter une superbe démonstration en bannissant sans nuance Donald Trump, après les incidents du Capitole. On ne pouvait imaginer meilleure démonstration du danger qu’il y a à investir ces réseaux du pouvoir de censurer les contenus qui déplaisent.

Une dictature qui bannit les opposants

Il est assez saisissant désormais d’énumérer les réseaux sociaux qui ont banni Donald Trump pour une durée plus ou moins longue : bannissement définitif sur Twitter, mais aussi sur Snapchat (qui accuse Trump de violence raciale…), sur Twitch et TikTok, jusqu’au 20 janvier sur Facebook et Instagram. Seul Youtube s’est contenté de mettre le Président américain sous surveillance renforcée.

Cette mise sous silence d’un Président par les réseaux sociaux pour des considérations idéologiques en dit long sur leur capacité de nuisance : d’un geste, ils peuvent faire toute une opposition et faire disparaître socialement une personnalité. Ce pouvoir radical sans limite choque même dans les rangs des pires ennemis de Donald Trump.

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon n’a pas hésité à s’insurger contre ces décisions expéditives :

Je ne suis pas d’accord pour que des grandes entreprises comme #Facebook ou #Twitter décident de couper des comptes comme celui de Monsieur #Trump quoi qu’on pense de lui. #EnTouteFranchise #LCI pic.twitter.com/2Ms4YsYbsZ

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) January 10, 2021

De fait, et c’est bien le sujet qui est posé depuis le début, y compris par la loi Avia et par l’ensemble des textes qui visent à investir les réseaux sociaux d’un rôle de « régulation » ou de « modération » des contenus, demander aux réseaux sociaux de faire eux-mêmes la police en matière de « lutte contre la haine » est une porte grande ouverte à toute la dérive.

On commence aujourd’hui par censurer un Trump, et à qui le tour demain ?

Une libre concurrence ouvertement faussée par les GAFAM

Les réseaux sociaux ne se contentent désormais pas de bannir certains contenus, ils cherchent également à interdire les contenus publiés ailleurs. C’est particulièrement vrai pour les contenus du réseaux Parler, devenu refuge pour les conservateurs américains. Google a décidé de retirer ce réseau de sa plate-forme de téléchargement, et Apple appelle ce réseau à durcir ses conditions de modération. De son côté, Amazon a décidé de ne plus l’héberger sur ses serveurs, provoquant un arrêt du système.

Autrement dit, les GAFAM ne se cachent plus pour limiter l’accès au marché et pour fausser la concurrence, en abusant de leur position dominante. Face à ce risque, les nouveaux entrants sur le marché (comme Parler) sont bien démunis : ils n’ont pas d’autre choix que de renoncer à exercer leur activité, faute d’égalité et de concurrence sur le marché. Et la concurrence apparaît plus que jamais comme le meilleur rempart contre la dictature des dominants.

Comment Facebook rackette ses utilisateurs

Ajoutons que, si les GAFAM ne se gênent pas pour museler les opinions divergentes au nom d’une modération supposée défendre la démocratie, ils ne se gênent pas non plus pour fouler aux pieds, dans le même temps, toutes les protections en matière de vie privée (signe que le discours sur la démocratie n’est rien d’autre qu’un discours de propagande de circonstance). Ainsi, WhatsApp, qui, comme Instagram, appartient à Facebook, annonce la mise en commun obligatoire des données personnelles collectées par le réseau avec Facebook.

Cette utilisation intrusive et autoritaire des données personnelles vaut d’ailleurs au réseau prétendument crypté des désabonnements massifs. Beaucoup d’utilisateurs choisissent désormais de migrer sur d’autres réseaux, notamment Signal.

Une fois de plus, la concurrence constitue le meilleur rempart contre les abus des dominants. Mais on voit bien comment la protection de la vie privée est une position de faiblesse face au poids des intérêts qui se constituent.

Indispensable démantèlement pour sauver la démocratie

Le bannissement de Trump succède à de très nombreuses affaires liées aux censures arbitraires sur Facebook, dont certaines ont été dénoncées par Amnesty International. Mais les utilisateurs français remarquent très régulièrement que le réseau américain expurge sans nuance tous les contenus qui lui déplaisent.

Face à ces abus de plus en plus visibles, le démantèlement des GAFAM apparaît comme la mesure la plus sage et la plus raisonnable à prendre. Il est indispensable de préserver un libre accès au marché et une concurrence la plus parfaite possible en empêchant un même groupe d’héberger et de publier des contenus, d’abord, mais aussi en l’empêchant d’animer plusieurs réseaux. Enfin, le fait qu’Amazon décide de ne plus héberger telle ou telle application au vu de ses utilisateurs devrait être interdit pour préserver la neutralité du Net.

La discrète idéologie mondialiste des réseaux sociaux

La question de la neutralité devient aujourd’hui centrale sur Internet : neutralité des hébergeurs, des fournisseurs d’accès et des applications. Jusqu’ici, l’opinion a pu croire qu’Internet était un monde de bisounours, et que les réseaux sociaux étaient un espace entièrement libre et divers. Vingt ans à peine après leur invention, les réseaux subissent désormais une dérive ouverte : ils souhaitent sans vergogne ne propager que l’idéologie qui les a vus naître, celle d’un mondialisme affinitaire sans limite.

La culture des réseaux sociaux, c’est bien cet « aimons-nous les uns les autres sans frontière » particulièrement vrai pour ceux qui combattent les frontières, et beaucoup moins applicable à ceux qui les défendent. D’où une préférence systématique pour les Black Lives Matter qui combattent une prétendue forteresse blanche, et une disqualification systématique des mouvements souverainistes.

En réalité, le monde tout beau tout joli des GAFAM est imbibé d’une idéologie qui vise à justifier l’ouverture des marchés nouveaux : il faut faire tomber les frontières pour créer un grand marché mondial. En soi, cette idée peut se défendre, mais elle n’a rien de neutre. Et visiblement ne s’embarrasse ni de démocratie ni de respect du pluralisme pour se diffuser.


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