Alors que l'affaire Epstein continue d'alourdir son casier réputationnel, Jack Lang se retrouve rattrapé par une autre controverse, celle d'un homme de pouvoir qui n'a jamais sorti son portefeuille. Des témoignages concordants, remontant jusqu'aux années 1970, dressent le portrait d’un homme qui ne sort jamais son portefeuille, même pour un café ou un taxi.

Depuis la publication des documents affirmant ses liens à l’affaire Epstein qui l’a poussé à quitter l’Institut du monde arabe (IMA), Jack Lang fait face à un lynchage médiatique. De nouveaux éléments qui viennent entacher l’image de l’ancien ministre de la Culture ont fait surface. En effet, des anciens proches se sont livrés à des témoignages dans lesquels, ils décrivent Jack Lang comme un homme « radin » et « mesquin ».
Le mécène qui ne mécénait que les autres
Longtemps connu comme un grand ministre de la Culture et un promoteur des grandes fêtes culturelles, Jack Lang est en train de perdre sa réputation. Les révélations concernant son vrai caractère se multiplient. Ses proches et ses anciens collaborateurs, fatigués et dégoûtés par ses mauvaises habitudes ont fini par briser le silence. Ils ont livré des témoignages peu glorieux à propos de l’ex-président de l’IMA, dont l’image publique est déjà fragilisée par le problème judiciaire provoqué par les révélations dans les dossiers Epstein et son départ de l’institut.

Apparemment, la mesquinerie et la radinerie de Jack Lang ne dataient pas d’hier. Les témoignages indiquent qu’il se comportait ainsi dès la fin des années 1970, au moment où sa carrière politique commençait à briller. L’homme avait l’habitude de fréquenter des restaurants et des hôtels prestigieux afin de façonner une élégance et de soigner sa classe. Pourtant, il refusait de payer ses notes. Des restaurateurs et des hôteliers se sont plaints pour des factures impayées.

Plusieurs sources évoquent une stratégie délibérée, construite avec son épouse Monique : crier misère pour obtenir davantage de subventions, optimiser chaque avantage lié à la fonction, minimiser toute dépense personnelle. « Ils hurlaient qu'ils n'avaient pas assez pour obtenir davantage », raconte un ancien proche de leurs débuts. Le pot de départ de Blois, en 2001 — 22 000 euros de facture laissée à son successeur après une défaite aux municipales — illustre parfaitement cette logique : privatiser le prestige, socialiser les coûts.
Une accumulation de controverses
Ces révélations interviennent alors que Jack Lang est déjà fragilisé par les retombées de l’affaire Epstein. Désormais, d’une controverse politique ou judiciaire, elle glisse vers une remise en cause morale.

Promoteur de la Fête de la musique, figure du rayonnement culturel français, Lang incarnait une forme de générosité publique. Les témoignages actuels dessinent, à l’inverse, le portrait d’un homme attentif à chaque dépense personnelle.
Au-delà du cas individuel, cette affaire interroge un système. Celui d'une élite socialiste et culturelle, si prompte à célébrer la grandeur de l’État, semble avoir perfectionné l’art de faire financer son train de vie par le contribuable ou par des tiers, tout en cultivant une image d’exigence et de raffinement.
