Après l’interception musclée d’une flottille pro-palestinienne par Israël, la députée écologiste Sandrine Rousseau "réfléchit" à participer à une prochaine mission maritime vers Gaza. Cette posture militante pose question, une action qui n'a rien à voir avec son mandat écologiste mais tout à voir avec une stratégie de visibilité permanente.

La députée Europe Écologie-Les Verts a déclaré samedi sur France Inter « réfléchir » à participer à une prochaine flottille vers la bande de Gaza. L'annonce intervient après la diffusion d'une vidéo controversée montrant des militants de la dernière flottille agenouillés, mains liées, par les forces israéliennes. Plusieurs d'entre eux ont dénoncé des violences et humiliations lors de leur détention. Paris a depuis interdit l'entrée sur le territoire français au ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, auteur de la publication.
Une opération militante devenue crise politique
Invitée de France Inter ce samedi, Sandrine Rousseau a affirmé « réfléchir » à rejoindre une future flottille à destination de Gaza. La députée dit avoir été marquée par les images diffusées après l’interception, lundi, d’une cinquantaine de navires partis de Turquie pour tenter de briser le blocus israélien imposé à l’enclave palestinienne.
Sandrine Rousseau : "Je réfléchis à aller sur une prochaine flottille." #QuestionsPol pic.twitter.com/NzSV2OReYy
— France Inter (@franceinter) May 24, 2026
Après la vidéo relayée par Itamar Ben Gvir montrant des militants humiliés, agenouillés, mains attachées. Paris a interdit au ministre israélien l’accès au territoire français, signe d’une tension diplomatique rarement atteinte ces derniers mois.

Selon les autorités israéliennes, 430 militants ont été interpellés au large de Chypre avant d’être expulsés jeudi, dont 37 Français. Israël justifie ces opérations au nom de la sécurité nationale et du contrôle maritime autour de Gaza, territoire ravagé par près de deux années de guerre continue.
Pour la députée, ces opérations sont essentielles car elles révèlent « ce que vit le peuple palestinien ». Elle évoque même l’idée de participer à la suivante pour que des « personnalités connues » protègent les participants.
L'écologie comme couverture politique
Ces flottilles, financées par des réseaux militants internationaux et soutenues par plusieurs ONG, deviennent progressivement des instruments de communication politique autant que des opérations humanitaires.
La question qui s'impose, naturellement, est celle-ci : quel est le rapport entre Gaza et l'écologie ? Aucun. Mais pour une élue dont le mouvement perd du terrain électoral et de la lisibilité programmatique, l'activisme géopolitique remplace avantageusement le bilan environnemental, inexistant ou contre-productif. Les Verts français ont depuis longtemps abandonné la forêt pour le plateau télé.

Dans cette guerre saturée d’images et d’émotions, chaque arrestation devient une arme narrative. Gaza mérite mieux que d'être un faire-valoir.