Francesca Albanese: Paris réclame une démission sur la base d’une citation controversée

Francesca Albanese: Paris réclame une démission sur la base d’une citation controversée


Partager cet article

Accusée d’avoir qualifié Israël d’« ennemi commun de l’humanité », Francesca Albanese, la porte-voix des Palestiniens à l’ONU, est la cible d’une offensive diplomatique française. Accusée d'antisémitisme, elle dénonce un "système" génocidaire à Gaza. La France exige sa démission.

Lors d'une visioconférence à Doha le 3 février, organisée par Al Jazeera, Francesca Albanese a évoqué un "ennemi commun" : le réseau financier, médiatique et militaire qui, selon elle, facilite le "génocide" à Gaza. Cette nuance, essentielle, a été occultée par une déformation relayée par la députée française Caroline Yadan sur X, puis amplifiée à l'Assemblée nationale. Résultat : le ministre Jean-Noël Barrot réclame sa révocation.

L'origine : une citation tronquée? Un tweet viral

Caroline Yadan, députée macroniste des Français de l'étranger, poste sur X : "Israël est l’ennemi commun de l’humanité", attribué à Albanese.

Pourtant, l'enregistrement de son intervention à Doha est claire. La rapporteuse Francesca Albanese n'a jamais visé le peuple israélien ou la nation en tant que telle. Elle a désigné comme « ennemi commun » un système : celui du capital financier débridé, des algorithmes de censure et de l'industrie de l'armement qui permettent la poursuite du drame à Gaza.

Elle cible les soutiens globaux à une politique qu'elle juge génocidaire, non un peuple.

Malgré cette mise au point, Caroline Yadan et une quarantaine d’élus macronistes poussent pour sa révocation immédiate, auprès de Jean-Noël Barrot le 10 février.

Barrot, sans vérification, enfonce le clou : "Propos outranciers visant Israël en tant que nation."

La réaction française : entre diplomatie et alignement partisan ?

Mercredi 7 février, à l'Assemblée, Barrot dénonce une "militante politique" justifiant le 7 octobre, évoquant un "lobby juif" ou comparant Israël au IIIe Reich. « C’est une militante politique qui agite des discours de haine qui desservent la cause du peuple palestinien qu’elle entend pourtant défendre et des Nations unies », a dénoncé Jean-Noël Barrot à l’Assemblée nationale hier.

La députée Mathilde Panot (LFI) a dénoncé une politique étrangère fondée sur une « fake news », et d’ajouter sur X : « Vos accusations sont d’une gravité extrême, puisque les propos que vous condamnez n’existent pas ! »

Francesca Albanese, Italienne de 47 ans, paie cher son mandat. L'été 2025 marque un tournant : le 9 juillet, sous l'administration Trump, le secrétaire d'État Marco Rubio l'inscrit sur la liste SDN (Specially Designated Nationals) via l'Executive Order 14203, initialement dirigé contre la CPI. Motif officiel : ses interactions avec la Cour pénale internationale et ses lettres aux entreprises accusées de complicité. Le rapport d'Albanese de juin 2025, "From Economy of Occupation to Economy of Genocide", nomme explicitement Lockheed Martin, Boeing, Amazon, Microsoft, Palantir, BlackRock....Conséquences concrètes : gel d'actifs, interdiction d'entrée aux USA, exclusion du système bancaire mondial.

Cette affaire Albanese expose la fragilité de la vérité face aux narratifs dominants. Haïr une religion est irrationnel ; dénoncer des actes inhumains est un devoir. C'est exiger le respect des droits humains pour tous.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La Biennale de Venise, plus de cent ans d'ambition diplomatique, par Thibault de Varenne

La Biennale de Venise, plus de cent ans d'ambition diplomatique, par Thibault de Varenne

Dans le cadre du reportage du Courrier à Venise (à suivre dans nos colonnes), Thibault de Varenne dresse un rappel historique de ce qu'est la Biennale d'Art de Venise, et surtout de ses ambitions diplomatiques à l'heure où la réouverture du Pavillon russe fait polémique. Depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, la Biennale de Venise est un sismographe sensible des séismes de la modernité, un théâtre d'ombres où la diplomatie s'écrit en filigrane sous le vernis des cimaises. Le tumulte éthiq


Rédaction

Rédaction

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

On pourrait croire à un épisode mal écrit de Sous le soleil, mais non : c’est le sommet de l’État. Apparemment, entre deux décrets liberticides et une énième ponction sur le fruit de votre travail, le Château s’adonne au vaudeville de boulevard. Je m'abonne au Courrier On nous murmure que Brigitte aurait administré une correction manuelle à notre Jupiter national (vous savez ? la fameuse, à la sortie de l'avion). La cause ? L'ombrageuse et sublime Golshifteh Farahani. Pendant que la France


CDS

CDS

Votes parlementaires: Démok.fr, la plateforme qui menace le confort des partis

Votes parlementaires: Démok.fr, la plateforme qui menace le confort des partis

Une nouvelle webapp gratuite, Démok.fr, permet aux Français de suivre en temps réel et de voter sur les projets et propositions de loi, en parallèle de leurs députés. Lancée par un citoyen il y a dix ans dans sa conception, elle vise à combler le fossé entre représentants et représentés. Un outil simple qui rappelle une vérité trop oubliée : une fois élus, les députés n’ont aucun devoir légal de représentativité. Démok (demok.fr) est une webapp non lucrative, née d'une idée vieille d'une dizain


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Menaces contre Emma Fourreau : quand LFI appelle à l’ordre… après avoir jeté de l’huile sur le feu

Menaces contre Emma Fourreau : quand LFI appelle à l’ordre… après avoir jeté de l’huile sur le feu

Après plusieurs semaines de cyberharcèlement, l’eurodéputée insoumise Emma Fourreau a annoncé le dépôt de 101 plaintes à Caen pour menaces de mort, menaces de viol et injures sexistes. En toile de fond : son opposition aux banquets du Canon Français, mouvement soutenu financièrement par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Derrière les faits indéfendables de harcèlement, se dessine une France fracturée où extrêmes s’invectivent et où la justice devient l’arène d’un bras de fer politique. Le p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany