Estonie: soixante-dix millions d'euros d'obus qui ne sont jamais arrivés

Estonie: soixante-dix millions d'euros d'obus qui ne sont jamais arrivés

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Le 2 septembre 2026, le ministre estonien de la Défense Hanno Pevkur a démissionné après la révélation d'un contrat de 70 millions d'euros conclu en 2024 avec une société italienne sans aucune expérience dans la production de munitions. Résultat : des dizaines de millions d'euros d'argent public engagés, aucun obus livré à l'armée ukrainienne, et une nouvelle démonstration que le réarmement précipité de l'Europe se fait sans contrôle.

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L’Estonie voulait fournir des obus à l’Ukraine. Elle se retrouve avec près de 60 millions d’euros d’avances immobilisées et un contrat résilié. Au cœur du scandale : Datasel, société italienne rachetée en 2024 par le groupe indien Neco Defence Munitions, qui ne disposait pas, selon les éléments rapportés, d’expérience établie dans la fourniture d’obus d’artillerie.

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Un marché signé dans l’urgence

En 2024, le Centre estonien des investissements de défense (RKIK) conclut plusieurs contrats avec Datasel pour environ 70 millions d’euros, dans le cadre du mécanisme européen destiné à soutenir l’Ukraine. Les paiements sont largement effectués à l’avance : Datasel reconnaît avoir reçu environ 59 millions d’euros.

Budget 2027 : les retraités paieront, et le déficit ne baissera pas pour autant
6 Md€ demandés aux retraités, 2 à 3 Md€ promis sur les agences de l’État. Pourquoi le déficit ne passera pas sous 5 % en 2027, et ce que la ponction change.

Les livraisons prennent du retard et Tallinn affirme que des munitions réceptionnées ne répondaient pas aux exigences contractuelles. Les contrats sont finalement résiliés en novembre 2025 et l’Estonie réclame la restitution des avances. L’affaire est désormais engagée devant les juridictions et l’arbitrage international.

Ukraine : un nouveau scandale de corruption éclabousse le sommet de l’État
La lutte contre la corruption reste l’un des chantiers les plus sensibles de l’Ukraine contemporaine. Dimanche 15 février, les autorités ont annoncé l’arrestation d’un ancien ministre, interpellé alors qu’il tentait de quitter le territoire. Si le communiqué officiel ne mentionne pas son nom, l’agence

Datasel conteste cependant cette version. L’entreprise affirme avoir fourni et facturé environ 58 millions d’euros de matériel, nie que les problèmes de qualité aient été établis lors des inspections et soutient que certaines livraisons prêtes ou en production n’ont finalement pas été acceptées par l’Estonie.

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Quand la dépense militaire échappe au contrôle

Le rapport de l’Office national d’audit estonien du 28 août pointe des faiblesses dans la gestion des marchés et des actifs militaires, au moment même où le budget de la défense est passé de 768 millions à 2,4 milliards d’euros depuis l’invasion russe de l’Ukraine.

Ukraine : cette guerre que nous ne savons plus lire
Par Thibault de Varenne — chronique Voici bientôt quatre ans et demi que la guerre dure à l’est de l’Europe, et nous avons cessé de la comprendre. Non que les faits manquent : ils abondent. Mais nous ne les lisons plus que dans une seule langue, celle d’un camp

Le directeur du RKIK lui-même a reconnu que, rétrospectivement, le contrat n’aurait pas dû être signé avec un fournisseur présentant un tel déficit d’expérience. Le ministre Hanno Pevkur a, lui, assumé la responsabilité politique et démissionné le 2 septembre.

De quelles armes Macron a-t-il doté la police pour mater une insurrection ?
VSA jusqu’en 2030, drones sans arrêté préalable, plaques conservées un an, caméras de garde à vue supprimées : l’arsenal policier assemblé en huit ans, pièce par pièce.

Cette affaire illustre un schéma récurrent depuis 2022 : des budgets militaires gonflés à la hâte, des procédures d'appel d'offres allégées au nom de l'urgence, et des intermédiaires opaques qui prospèrent dans les interstices. Le Parquet a ouvert une enquête pénale. Reste une question que Bruxelles se garde bien de poser : combien d'autres Datasel dorment dans les carnets de commandes de la défense européenne ?

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