Ukraine : un  nouveau scandale de corruption éclabousse le sommet de l’État

Ukraine : un nouveau scandale de corruption éclabousse le sommet de l’État

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La lutte contre la corruption reste l’un des chantiers les plus sensibles de l’Ukraine contemporaine. Dimanche 15 février, les autorités ont annoncé l’arrestation d’un ancien ministre, interpellé alors qu’il tentait de quitter le territoire. Si le communiqué officiel ne mentionne pas son nom, l’agence nationale anticorruption désigne implicitement Guerman Galouchtchenko , ex-ministre de l'Énergie (2021-2025) et proche de Volodymyr Zelensky, dans le cadre de « l’affaire Midas ».

Les enquêtes préliminaires, menées sous contrôle judiciaire, portent sur des accusations de pots-de-vin et de détournement de fonds publics. Galouchtchenko avait démissionné en novembre dernier, après des fuites sur un réseau de blanchiment baptisé "affaire Midas". Estimé à 100 millions de dollars, ce système aurait permis à des officiels de s'enrichir personnellement sur le dos des ressources énergétiques vitales, environ 6,2 millions d’euros ont été transférés directement sur des comptes bancaires appartenant à la famille de M. Galouchtchenko.

Le scandale Midas : profits illicites au cœur de la crise énergétique

L'affaire Midas expose un schéma classique : des intermédiaires fictifs gonflent les contrats publics pour siphonner des fonds. En Ukraine, où les infrastructures énergétiques sont bombardées par les Russes, ces malversations aggravent les blackouts chroniques. Les citoyens, déjà rationnés en électricité, voient leur indignation croître face à ces élites intouchables.

Manifestations massives en Ukraine: Zelensky accusé de favoriser la corruption
Des milliers de manifestants ont envahi les rues de Kiev et d’autres grandes villes pour dénoncer une loi qui, selon

Guerman Galouchtchenko, autrefois pilier de l’administration Zelensky, avait démissionné en novembre dernier. Son départ forcé n'a pas apaisé les tensions : les enquêtes révèlent des liens avec des oligarques, soulignant comment la guerre amplifie les opportunités de corruption.

Accusé de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle par l’Agence anticorruption ukrainienne NABU, ce proche du président Zelensky risque jusqu'à 15 ans de prison pour blanchiment d’argent et 12 ans pour participation à une organisation criminelle.

Un historique de scandales qui mine la légitimité

Ce n'est pas un cas isolé. En 2023, le vice-ministre de la Défense a démissionné pour irrégularités dans les marchés publics d'armement. Le ministre des Infrastructures, lui, a été pris en flagrant délit acceptant 400 000 dollars de pot-de-vin. Ces affaires, documentées par la NABU, illustrent un État affaibli par des décennies de clientélisme post-soviétique.

La guerre a accéléré les réformes anticorruption, sous pression européenne. L'adhésion à l'UE conditionne des progrès tangibles : enquêtes indépendantes, transparence des marchés publics. Pourtant, Bruxelles scrute avec scepticisme ces avancées, craignant que les flux d'aide – plus de 100 milliards d'euros depuis 2022 – ne financent des poches privées plutôt que la défense nationale.

L'arrestation de Galouchtchenko marque un pas dans la traque des corrompus, mais elle interroge l'efficacité structurelle. La survie politique de Zelensky dépend désormais de sa capacité à purger un système dont il est issu. Mais pour les citoyens européens, dont le pouvoir d'achat est sacrifié sur l'autel de la solidarité internationale, la question est plus profonde : peut-on continuer à financer un État où la corruption de guerre semble devenir une norme de gestion ? L'unité de l'Ukraine et la crédibilité du projet européen sont ici mises à rude épreuve par une réalité économique implacable.


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