Un juge antiterroriste vient de mettre en examen quatre suspects dans la tentative d'élimination d'Hichem Aboud, ancien officier des renseignements algériens réfugié en France. Le contrat sur sa tête, 10 000 euros pour un tireur recruté via la messagerie Signal, a failli aboutir à Roubaix en février 2025. La justice française semble enfin prendre la mesure de ce qui ressemble à une opération d'État.

Ancien officier des services secrets algériens devenu journaliste critique du régime, Hichem Aboud vit en France depuis les années 1990 avec un titre de séjour. Il y voit une opération destinée « à le faire taire ». Son avocat, Dalil Essakali, évoque des tentatives précédentes à Liège et Paris, ainsi qu’un enlèvement avorté à Barcelone en octobre 2024. Jusqu’ici, plusieurs plaintes d’Aboud avaient été classées sans suite.
Une affaire antiterroriste aux ramifications sensibles
Le dossier est désormais entre les mains de la justice antiterroriste française. Samedi, quatre suspects ont été mis en examen pour « tentative de meurtre en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ». Tous ont été placés en détention provisoire. Les faits remontent à février 2025 à Roubaix, où une équipe aurait reçu « une consigne de tuer et une adresse ».

Selon les enquêteurs, le projet criminel aurait émergé au détour d’investigations sur le braquage d’un musée près de Lyon en novembre 2024. L’exploitation de conversations sur Signal aurait permis d’identifier un groupe d’exécutants présumés, dont un tireur recruté pour 10 000 euros. Le plan échoue finalement en raison de l’absence d’Hichem Aboud à son domicile.

Ancien officier des services secrets algériens devenu journaliste critique du régime, Hichem Aboud vit en France depuis les années 1990. Il affirme être visé depuis plusieurs années par des opérations d’intimidation, évoquant des tentatives à Liège, Paris et même un enlèvement à Barcelone en octobre 2024.
Le précédent Amir DZ change la donne
Cette affaire intervient dans un contexte diplomatique particulièrement trouble. Quelques jours auparavant, le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’était rendu à Alger pour relancer la coopération judiciaire avec le président Abdelmadjid Tebboune.

Mais plusieurs dossiers empoisonnent déjà les relations bilatérales. Celui du blogueur Amir Boukhors, enlevé en région parisienne en 2024, a profondément ébranlé les autorités françaises. Un agent consulaire algérien y a été mis en examen, tandis qu’un ancien responsable diplomatique fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Pour l’avocat d’Hichem Aboud, cette séquence constitue un « tournant » : la justice française commencerait enfin à considérer sérieusement l’hypothèse d’opérations clandestines visant des opposants algériens sur le territoire national.
Le régime algérien, dirigé d’une main de fer par les oligarques du FLN, continue de traquer ses opposants en Europe tandis que son peuple, appauvri malgré les richesses énergétiques captées par la caste dirigeante, fuit massivement.
