En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

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L'Union européenne a officialisé un "partenariat stratégique global" avec le Vietnam. Bruxelles se hisse au rang des grandes puissances à Hanoï. Une opération de communication diplomatique qui cache mal une fuite en avant pour tenter de peser dans un monde multipolaire.

Alors que les projecteurs étaient braqués sur les tensions commerciales entre Washington et Pékin, l'Union européenne a discrètement procédé, jeudi, à une mise à niveau majeure de ses relations avec le Vietnam.  Le Vietnam et l’Union européenne ont annoncé l’élévation de leurs relations au niveau de « partenariat stratégique global ». Cette mise à niveau diplomatique comporte des enjeux majeurs pour les deux parties. Un partenariat qui ressemble moins à une victoire diplomatique qu’à une tentative de survie pour une Europe déconnectée.

La fuite en avant économique d'une union en perte de vitesse

Jeudi, le Vietnam et l’UE ont décidé de procéder à une mise à niveau diplomatique. Leurs relations ont évolué en un « partenariat stratégique global ». Désormais, l’UE s’adjuge du même statut diplomatique que les Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Derrière le vernis diplomatique, l'objectif est purement économique et stratégique. Il s'agit de « renforcer sa présence dans le centre manufacturier en plein essor de l'Asie du Sud-Est », comme le reconnaissent les communiqués.

Face à son propre déclin industriel et à la désindustrialisation provoquée par son propre carcan réglementaire et fiscal, l'UE cherche désespérément à sécuriser des chaînes d'approvisionnement et des débouchés. Elle courtise un régime communiste, certes réformateur sur le plan économique, mais toujours autoritaire, au nom de la « prospérité partagée ».

Cette alliance de convenance illustre le grand écart moral de Bruxelles, prêt à s’allier avec n’importe quel régime pourvu qu’il alimente la machine économique européenne.

Le Vietnam, gagnant pragmatique

Hanoï, lui, joue une partition classique et efficace. Le pays diversifie ses partenaires, attire capitaux et débouchés, et tire profit des rivalités géopolitiques. La récente réélection de Tô Lâm s’inscrit dans cette stratégie : réformes économiques, exportations, industrialisation rapide. Il est piquant de voir les "démocrates" de Bruxelles s'empresser de conclure des accords avec un régime à parti unique pour compenser l'échec de leur propre compétitivité.

Face à ce pragmatisme asiatique, l’UE apparaît comme un acteur normatif, plus préoccupé par la mise en scène diplomatique que par la défense d’intérêts concrets.

Comment l’UE désindustrialise la France…
L’UE, tant adulée par la caste macroniste, favorise-t-elle la croissance économique, ou bien accélère-t-elle la désindustrialisation du pays ? Entre

L’accord de libre-échange avec l’Inde, arraché après vingt ans de stagnation, et ce rapprochement avec le Vietnam montrent que la Commission européenne cherche à tout prix à exister face à l'isolationnisme de Washington. Mais à quel prix ? Celui d'une dépendance à des marchés lointains alors que le marché intérieur européen s'effondre sous le poids de la fiscalité et du "Green Deal".

Ce « partenariat stratégique global » est moins le signe d’un « regain diplomatique » européen que le symptôme d’une profonde inquiétude. Pour la France, cette orientation confirme l’impasse du modèle européen : au lieu de libérer les énergies et les entrepreneurs à domicile, la technocratie bruxelloise dépense son énergie à nouer des accords complexes à l’autre bout du monde pour tenter de compenser ses propres faiblesses structurelles. 


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