Emmanuel Macron sera-t-il le fossoyeur de la diplomatie française?

Emmanuel Macron sera-t-il le fossoyeur de la diplomatie française?


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Emmanuel Macron va-t-il enterrer toute diplomatie française digne de ce nom? Lorsque l'on voit les BRICS coaliser leurs forces pour demander un élargissement du nombre de membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, on se dit que notre pays est très mal parti dans la bataille diplomatique à venir. Retour sur cinq  ans de déclin diplomatique accéléré.

Il faut regarder la réalité en face. La diplomatie française est très affaiblie. Et l’actuel président de la République pourrait bien être le fossoyeur de l’outil forgé par le Général de Gaulle.

La retranscription d’un de ses entretiens avec le président Poutine, donnée par plusieurs journaux ( y compris les commentaires de ses conseillers) laisse un arrière-goût terrifiant: ce qui fut la diplomatie française a cédé la place à des poses et des gloussements de potaches de Sciences Po, qui ne font tout simplement pas le poids face au président russe.

Ajoutez le communiqué du sommet des BRICS, qui devient pressant sur la question d’un élargissement du nombre de membres permanents du Conseil de Sécurité. Et vous comprenez que notre diplomatie est mal partie. Emmanuel Macron n’a-t-il pas eu l’imprudence de proposer, après certains de ses prédécesseurs, que la France cède son siège à l’Union Européenne. Les démentis ultérieurs ne changent rien aux faits, qui sont avérés.

Les signes du déclin

Il n’est pas possible de composer tout le puzzle d’un coup. Mais énumérons un certain nombre de signes de la descente en deuxième division de notre diplomatie:

+ La dissolution du corps des diplomates.

+ elle est le point d’aboutissement d’une réduction constante du budget des Affaires étrangères depuis vingt-cinq ans. Le premier quinquennat Macron, malgré les objectifs claironnés, n’a pas inversé la tendance.

+ ajoutons-y les moyens toujours plus rares affectés à la francophonie – avec au passage des gabegies type le projet de cité de la francophonie à  Villers-Cotterêts.

+ Le manque d’intérêt de nos hauts fonctionnaires pour l’outre-mer et, plus généralement, pour notre présence sur tous les océans du globe. Macron n’a-t-il pas failli vendre les Iles Eparses avant d’écouter, une fois n’est pas coutume, ceux qui l’avertissaient? N’a-t-il pas montré un manque total d’intérêt pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans le territoire national?

+ L’absorption croissante de notre énergie dans l’Union Européenne – où cependant notre influence décline du fait de notre incapacité à occuper des postes-clé à Bruxelles et de nos déficits croissants.

+ notre alignement sur l’OTAN, qui est de toute façon le tropisme croissant de l’UE depuis le traité de Maastricht.

La France sera-t-elle étouffée par le vieux monde?

Nous assistons en ce moment à une révolte de la plus grande partie du monde contre les Etats-Unis et l’Occident. Le refus d’adhérer aux sanctions contre la Russie, sur la plus grande partie de la planète, en est la manifestation éclatante.

Imagine-t-on  ce que la France perd à choisir l’Occident – de plus en plus fragile – contre le reste du monde?

Depuis quarante ans, nous n’avons rien gagné à notre alignement sur l’Allemagne et sur les Etats-Unis. Aujourd’hui ce sont deux puissances dont la force économique est remise en cause par de mauvais choix politiques. L’avenir pour nous est moins sur le territoire de l’Union Européenne que dans le vaste monde – nous avons la chance de posséder le deuxième territoire maritime du monde. L’avenir pour nous est moins dans l’accompagnement de fin de vie du progressisme occidental que dans le dialogue avec bien des Etats qui avaient admiré dans la République gaullienne la capacité à résister aux Etats-Unis sans renoncer aux libertés intérieures. La France indépendante et républicaine – si elle l’était encore – pourrait être une boussole pour bien des pays qui ont dû se durcir à l’intérieur pour résister à la subversion américaine mais qui aspirent à être un jour des nations démocratiques.

Le problème que nous rencontrons est le fait que le plus jeune président de notre histoire ait des idées de vieux. Il est né sous Giscard et, bizarrement,  pense à la manière de l’ancien président de la République récemment décédé; alors que le monde a profondément changé.

En diplomatie autant qu’ailleurs, il faudra un jour nous passer des services d’Emmanuel Macron – si l’on veut éviter que notre indépendance soit définitivement enterrée.


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