Elon Musk offre 97,4 milliards $ pour OpenAI, Sam Altman ironise

Elon Musk offre 97,4 milliards $ pour OpenAI, Sam Altman ironise


Partager cet article

Après avoir été qualifié de « connard » par Xavier Niel, le patron de Free, cette fois, c’est son meilleur ennemi, Sam Altman, le PDG d’OpenAI, qui monte au créneau. Après avoir déjà qualifié Musk de « tyran », Altman poursuit ses attaques, estimant que le milliardaire n’est « pas une personne heureuse ». Cette déclaration intervient alors qu’Elon Musk tente de s’emparer d’OpenAI en proposant une offre colossale de 97,4 milliards de dollars pour racheter l’entreprise. Une offre que Sam Altman rejette catégoriquement, affirmant que sa société « n’est pas à vendre », même si le conseil d’administration n’a pas encore officiellement examiné la proposition.

Avec le lancement de l’entreprise d’infrastructure d’IA appelée « Stargate« , doté d’un budget colossal de 500 milliards de dollars sur quatre ans (annoncé par Donald Trump), et qui regroupe les géants SoftBank, OpenAI et Oracle. Ecarté du projet, Musk a accusé  Sam Altman, CEO d’Open AI, l’organisation à but non lucratif qui contrôle le fabricant de ChatGPT, de malversations financières. Récemment, Sam Altman, le PDG d’OpenAI, à qui l’on doit ChatGPT, estime que le milliardaire n’est « pas une personne heureuse » et évoque une « insécurité sans fondement » de Musk. Ces commentaires font suite à la révélation par le Wall Street Journal qu’Elon Musk envisageait une offre de 97,4 milliards de dollars pour reprendre OpenAI. Altman a rapidement réagi à cette nouvelle , « OpenAI n’est pas à vendre… Je pense qu’il tente de nous ralentir », a avancé Sam Altman . Cette offre de Musk au moment où Sam Altman essaie de lever des fonds et de transformer l’entreprise en société à but lucratif. Pour mémoire, en décembre, le milliardaire a lancé une nouvelle offensive judiciaire contre OpenAI. Il a demandé aux tribunaux américains de bloquer la transformation de l’organisation en une entreprise entièrement à but lucratif, intensifiant ainsi son bras de fer avec la société d’intelligence artificielle.

Musk toujours déterminé

Lors d’une interview sur Bloomberg TV au Paris AI Action Summit, Sam Altman a commenté les récentes actions de Musk :

« Elon essaie toutes sortes de choses depuis longtemps. C’est le dernier épisode de la semaine. »

Selon Altman, Musk chercherait simplement à ralentir OpenAI, une entreprise qu’il a cofondée en 2015 avant de la quitter en 2019 en raison de désaccords stratégiques.

Depuis, Musk a multiplié les initiatives pour contrer OpenAI. Il a signé une lettre ouverte appelant à un moratoire de six mois sur le développement de modèles d’IA plus avancés que GPT-4, lancé sa propre entreprise d’IA, xAI, et critiqué le projet Stargate d’OpenAI, estimé à 500 milliards de dollars, en affirmant que le consortium n’a pas les fonds nécessaires.

Sam Altman, de son côté, se défend avec humour :

« Je ne suis pas celui qui a tweeté ‘funding secured’. J’essaie simplement de me concentrer sur le travail et de construire »

, une référence claire à un tweet controversé d’Elon Musk en 2018.

OpenAI, une structure qui dérange Musk

OpenAI, initialement une organisation à but non lucratif, a évolué pour inclure une filiale à but lucratif, OpenAI LP. Cette structure a permis à l’entreprise de devenir un leader de l’IA, avec une valorisation estimée à 100 milliards de dollars. Cependant, cette évolution semble irriter Elon Musk, qui a lancé une action en justice contre OpenAI, accusant l’entreprise d’avoir abandonné ses principes open-source et de s’être trop éloignée de sa mission initiale.

L’avocat de Musk, Marc Toberoff, a déclaré à CNBC : « Il est temps pour OpenAI de redevenir la force ouverte et axée sur la sécurité qu’elle était autrefois. » L’offre de rachat vise à fusionner OpenAI avec xAI, la société d’IA de Musk, afin que ce dernier puisse reprendre les rênes de l’organisation.

Sam Altman n’a pas tardé à répliquer avec ironie : « Non merci, mais nous pouvons racheter Twitter pour 9,74 milliards de dollars si vous le souhaitez. » Une pique visant la valorisation actuelle de X, bien inférieure aux attentes d’Elon Musk lors de son acquisition, et dont les performances financières restent en deçà des promesses initiales.

Altman, entre sarcasme et compassion

Face aux attaques répétées de Musk, Sam Altman reste imperturbable, et a évoqué le « syndrome du fondateur« , où les fondateurs maintiennent une influence excessive, ce qui peut entraîner des conflits et des problèmes de gouvernance.

Il a exprimé son souhait que Musk se concentre sur l’amélioration de ses produits plutôt que sur des tactiques agressives comme les procès et les offres hostiles. Mais c’est avec une pointe de compassion qu’Altman livre son analyse:

« Probablement que toute sa vie repose sur un sentiment d’insécurité. J’ai de la compassion pour lui. Je ne pense pas qu’il soit une personne heureuse. J’ai vraiment de la compassion pour lui. »

La bataille entre Sam Altman et Elon Musk dépasse largement les enjeux technologiques. Malgré les tensions, il est peu probable que l’offre de Musk soit prise au sérieux par le conseil d’administration d’OpenAI, surtout compte tenu de l’influence significative d’Altman au sein de l’organisation. Cependant, étant donné la personnalité combative de Musk, il est probable que cette rivalité continue de faire des vagues dans le monde de l’IA.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment Musk et l'UE se tiennent par la barbichette pour censurer les réseaux, par Thibault de Varenne

Comment Musk et l'UE se tiennent par la barbichette pour censurer les réseaux, par Thibault de Varenne

L'amende que la Commission Européenne inflige à X fait du bruit. Elle nourrit le sentiment que le réseau d'Elon Musk est un paradis de liberté face à un Vieux Continent de moins en moins libéral. Pourtant, la réalité est différente. Très différente ! car il n'y en a pas un pour racheter l'autre. L'écosystème numérique mondial traverse actuellement une mutation structurelle profonde, catalysée par la collision frontale entre deux paradigmes normatifs antagonistes : l'expansionnisme réglemen


Rédaction

Rédaction

Comment l'Union Européenne organise la censure de la presse, par Thibault de Varenne

Comment l'Union Européenne organise la censure de la presse, par Thibault de Varenne

Emmanuel Macron a évoqué une labellisation de la presse (qui serait confiée à des acteurs privés) à plusieurs reprises. Les médias subventionnés expliquent peu qu'il ne s'agit pas d'une lubie présidentielle... mais d'une déclinaison pur eet simple d'un règlement européen de 2024, passé sous les radars. Nous vous expliquons aujourd'hui comment ce règlement va tordre le cou de la presse... dans un continent qui se proclame comme celui des libertés. L'adoption du Règlement (UE) 2024/1083, comm


Rédaction

Rédaction

Nutri-Score A, bedaine XXL : journal d’un bobo en perdition, par Veerle Daens

Nutri-Score A, bedaine XXL : journal d’un bobo en perdition, par Veerle Daens

Ah, quel drame hier soir à l’Assemblée ! Les députés ont osé dire non à l’obligation du Nutri-Score sur tous les emballages. On a frôlé la révolution quinoa-bio. Heureusement, les lobbies du camembert et de la saucisse de Morteau ont tenu bon. La République est sauvée. Mais pensons à lui. À ce pauvre Gaspard, 38 ans, chargé de mission « transition écologique et inclusion » à la Métropole de Lille, qui a vécu la pire soirée de sa vie depuis que son bar à poke a fermé pour cause de trop de g


CDS

CDS

Lecornu a tranché : on sauve la gamelle, on crève les entrepreneurs

Lecornu a tranché : on sauve la gamelle, on crève les entrepreneurs

Évidemment, Sébastien Lecornu a sauvé sa tête. Il fallait s’y attendre : le garçon n’a jamais eu à se lever à 5 h du matin pour ouvrir un rideau de fer, jamais eu à supplier un banquier, jamais eu à choisir entre payer l’Urssaf ou nourrir ses gosses. Sa seule expérience du « privé », c’est le badge d’accès au parking réservé des ministères. Mais pour conserver le volant de la limousine avec chauffeur, il excelle. Et là, il a été magistral. Le deal est simple, et délicieusement pourri : on au


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe