Cette supériorité militaire « hypersonique » de la Russie que les Occidentaux s’obstinent à ne pas voir

Cette supériorité militaire « hypersonique » de la Russie que les Occidentaux s’obstinent à ne pas voir


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Personne ne veut regarder en face la raison pour laquelle Vladimir Poutine a pris le risque d'une guerre et d'un affrontement géostratégique avec l'Occident: l'arme hypersonique lui fournit une supériorité militaire que seuls les USA avaient possédé entre 1945 et 1949, quand ils avaient le monopole de l'arme atomique. Il y a ceux qui savent, au Pentagone, et qui se taisent pour ne pas rendre visible l'infériorité provisoire des USA. Il y a ceux qui ne savent ni ne voient, qui peuplent les palais gouvernementaux de l'Union Européenne et les plateaux de télévision des médias occidentaux. Mais l'Occident ne surmontera la crise actuelle qu'à condition de regarder la réalité en face: la Russie combat sans hâte et à l'économie en Ukraine car elle a pour elle le temps que lui donne sa maîtrise de la révolution militaire hypersonique.

La dissonance cognitive occidentale à son comble. D’un côté nous voyons que la Russie a effectué avant les États-Unis et même la Chine la révolution des missiles hypersoniques. De l’autre nous roulons des mécaniques et nous proclamons que l’Ukraine peut gagner la guerre.

Une supériorité stratégique équivalente à celle des USA entre 1945 et 1949

En fait la Russie a, pour quelques années, une avance comparable à celles des USA entre 1945 et 1949 quand ils avaient le monopole de la bombe atomique. La dissuasion russe peut frapper les Etats-Unis de n’importe où en 10 mn.

Les USA avaient – au pic de leur arrogance en 2002 – considéré le traité ABM comme un chiffon de papier. En 20 ans les Russes ont travaillé d’arrache-pied pour éviter de perdre l’effet de leur dissuasion. Ils ont créé l’arme capable de percer n’importe quelle défense américaine.

Manoeuvrer à la Turenne à l’abri de l’arme hypersonique

Il est évident que le mode de combat retenu en Ukraine par l’armée russe – une guerre à la Turenne plutôt qu’à la Bonaparte; par l’approche indirecte plutôt que par le choc frontal fondé sur une supériorité numérique et l’indifférence aux pertes. Une avancée prudente, à un contre trois, avec une grande capacité manœuvrière, évitant au maximum les chocs frontaux; misant sur la ruse (batailles en trompe-l’oeil de Kiev et Kharkov) – s’appuie sur la maîtrise du temps. Ce temps est fourni par l’invulnérabilité que donne l’arme hypersonique à la Russie. Selon les experts la supériorité russe durera de 5 à 10 ans.

Au pire, c’est le Général Hiver qui donnera le coup de grâce à l’alliance occidentale

L’horizon de la Guerre d’Ukraine est beaucoup plus limité. De quelques semaines à quelques mois selon que le gouvernement russe décidera d’arrondir jusqu’à Kharkov ou non la Nouvelle Russie reconstituée.

Mais, si l’Occident devait s’obstiner contre l’évidence qu’il a choisi la mauvaise stratégie et le + mauvais moment pour affronter la Russie, le Général Hiver serait une fois de plus l’allié des Russes. Les peuples européens privés de chauffage exigeront de leurs gouvernements qu’ils arrêtent là les frais.

La dissuasion française est obsolète

Tout ceci était prévisible mais nos classes dirigeantes sont emportées par des passions et des émotions qui leur font faire les plus mauvais choix.

Pour ne parler que du gouvernement français, je ne suis pas sûr qu’on y ait même la notion que notre dissuasion nucléaire est obsolète. Et qu’il serait temps de rattraper le temps perdu en matière d’armes hypersoniques.


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