On nous présente souvent Vladimir Poutine comme l’antithèse absolue de nos élites mondialisées, un souverainiste à l'ancienne capable de s’opposer à la "Caste". Pourtant, si l’on s'extrait des passions médiatiques pour pratiquer une véritable autopsie psychologique via le modèle HEXACO, on découvre une réalité bien plus nuancée : le maître du Kremlin n'est pas l'allié naturel de ceux qui chérissent la liberté.

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La convergence des solitudes : le noyau de glace
À première vue, il existe une parenté troublante entre l’homme fort de Russie et le profil type du libertarien. Leurs structures psychiques se rejoignent sur un point névralgique : une Émotivité (E) et une Agréabilité (A) très basses.
- Le primat du froid : chez Poutine, comme chez le libertarien, la décision ne s'encombre pas de sentimentalisme. Pour le premier, c’est une arme de guerre issue du KGB ; pour le second, c’est un filtre de rationalité cérébrale.
- L'asociabilité assumée : les deux profils présentent une forme de retrait social. Là où le libertarien revendique son individualisme radical, Poutine cultive son image d'outsider contrôlé.
Cette "froideur" partagée explique sans doute pourquoi une partie de la mouvance anti-système éprouve une fascination secrète pour le locataire du Kremlin : ils y voient un homme qui ne plie pas devant l'émotion collective.

Le facteur "H" : machiavélisme contre égoïsme rationnel
C’est sur le terrain de l’Honnêteté-Humilité (H) que le divorce commence.
- Le libertarien affiche un score bas en "H" car il assume un égoïsme rationnel et un rejet de la modestie de façade.
- À l'inverse, chez Poutine, ce score est "extrêmement bas", touchant à ce que les experts nomment la Triade Noire : narcissisme, machiavélisme et psychopathie.
