Christian Clavier a 73 ans, une grande maison avec jardin dans le très chic haut de Saint-Gilles à Bruxelles, et un contentieux fiscal avec l'État français. La justice vient de rejeter son recours contre un redressement de près de 600 000 euros lié à la cession de son ancienne propriété corse. Une décision qui rappelle que partir ne suffit pas toujours à régler ses comptes.
Après avoir fui la Corse, quitté la France puis Londres, Christian Clavier pensait avoir trouvé refuge en Belgique. Mais un redressement fiscal de près de 600 000 euros rappelle qu’on peut changer de pays sans échapper totalement à l’administration française.
De Punta d'Oro à la case judiciaire
À l’origine du dossier se trouve une luxueuse propriété située à Punta d'Oro, près de Porto-Vecchio. En août 2008, la villa de Christian Clavier devient le théâtre d’une opération menée par des militants nationalistes corses dénonçant la spéculation immobilière et l’arrivée de propriétaires fortunés sur l’île.

L’affaire prend immédiatement une dimension nationale. Dix militants seront condamnés pour violation de domicile, mais l’épisode est amplifié par la proximité connue entre l’acteur et le président de l’époque, Nicolas Sarkozy. La résidence devient alors un symbole politique autant qu’un bien immobilier.

Quelques années plus tard, Clavier revend la propriété pour environ 8,5 millions d’euros, réalisant une importante plus-value. C’est précisément cette opération qui nourrit aujourd’hui le contentieux fiscal. Selon L’Informé, la justice vient de rejeter le recours de l’acteur contre un redressement de près de 600 000 euros.
Londres d'abord, Bruxelles ensuite : l’exil comme réponse à l’État prédateur
En 2012, Clavier quitte officiellement la France pour Londres. Son attachée de presse prend soin de préciser à l'AFP qu'il ne s'agit « absolument pas d'un exil fiscal ». Le Brexit rebat ensuite les cartes : l'acteur jette son dévolu sur Bruxelles, où il tourne régulièrement.

Dans Ciné Télé Revue, il confie sans détour : « Paris est devenu invivable. Chez vous, l'ambiance est plus conviviale et internationale. » Dans Paris Match Belgique, il pousse la déclaration d'amour jusqu'au spéculoos : « Je retrouve quelque chose en Belgique qui ressemble à la France de mes parents. »
La Belgique est effectivement un choix fiscal rationnel avec un taux d'imposition sur les plus-values mobilières et immobilières structurellement plus favorables qu'en France, absence de wealth tax, fiscalité successorale plus clémente pour les non-résidents. Rien d'illégal dans le principe.

Cependant, le problème de l'acteur n'est pas sa résidence actuelle : c'est ce qu'il aurait dû régler avant de partir. La justice française vient de lui signifier que la vente corse à 8,5 millions reste dans le périmètre du fisc français, et que les 600 000 euros réclamés ne s'évaporent pas avec le déménagement.En effet, la France maintient une fiscalité confiscatoire sur les plus-values immobilières.
Le cas Clavier illustre aussi un paradoxe français. D’un côté, les pouvoirs publics déplorent régulièrement le départ de contribuables fortunés ; de l’autre, la pression fiscale et réglementaire alimente ces départs.


