Par Vincent Clairmont
Une phrase circule : « L'IA fiscale croise de nombreuses bases de données — cadastre, cartes grises, actes notariés, relevés bancaires. » Trois de ces quatre éléments sont exacts. Le quatrième est faux au sens strict, et la confusion qu'il entretient n'aide ni le contribuable inquiet ni le débat sur la surveillance. Mise au point, source par source.
En 2025, plus de la moitié des contrôles fiscaux des particuliers ont été déclenchés à partir d'alertes produites par des outils de datamining — l'exploitation automatisée de masses de données pour repérer des anomalies, selon les chiffres relayés par la presse spécialisée. La part progresse chaque année. Le phénomène est donc réel, documenté, et il ne sert à rien de le minimiser. Il sert encore moins de l'exagérer. Le travail utile consiste à dire précisément ce que l'administration croise, et ce qu'elle ne croise pas.
Les deux moteurs réels
Deux dispositifs structurent l'usage de l'intelligence artificielle à la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
Le premier est le CFVR — Ciblage de la fraude et valorisation des requêtes —, en service depuis 2014 et enrichi en continu. Le CFVR analyse de grands volumes de