"17/20 et recalé 28 fois…", ces lycéens modèles abandonnés par Parcoursup
Photo by Avery Evans / Unsplash

"17/20 et recalé 28 fois…", ces lycéens modèles abandonnés par Parcoursup


Partager cet article

Alors que les premiers résultats de Parcoursup tombaient le 2 juin, des lycéens aux dossiers impeccables découvraient des dizaines de refus. Nikita, 17 de moyenne générale au lycée André-Malraux de Biarritz, 28 vœux rejetés malgré maths-physique, quatre langues et une formation Python. À Toulon, Katya, 16 de moyenne en ST2S, préparée depuis des années pour devenir manipulatrice radio, se retrouve sur liste d’attente tandis que ses vœux infirmiers sont acceptés. Derrière ces cas, révélés par Le Parisien, se cache l’échec prévisible d’un système bureaucratique qui prétend « orienter » mieux que les individus et leurs familles.

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Avec 17 de moyenne générale, quatre langues maîtrisées et un solide parcours scientifique, Nikita, 17 ans, a pourtant essuyé 28 refus sur Parcoursup. Son cas est loin d’être isolé. Derrière les statistiques rassurantes du ministère, les premiers résultats de la plateforme révèlent une réalité plus dérangeante : celle d’élèves performants confrontés à une sélection opaque dont les critères demeurent souvent incompréhensibles.

La méritocratie scolaire en panne

Le 2 juin, date de publication des premières réponses Parcoursup, Nikita, élève du lycée André-Malraux à Biarritz, découvre que la quasi-totalité de ses candidatures a été rejetée.

Parcoursup : 17 de moyenne générale, 28 refus, ces bons élèves qui peinent à trouver une formation : Actualités - Orange
Alors que les premiers résultats de Parcoursup ont été dévoilés, de nombreux lycéens découvrent des réponses décevantes, malgré d’excellents dossiers. Certains peinent à comprendre pourquoi les formations qu’ils visaient leur ont échappé, selon des témoignages recueillis par Le Parisien. D’excellents résultats scolaires qui ne suffisent pas. En découvrant les premiers résultats de la plateforme d’admission post-bac Parcoursup, le 2 juin dernier, Nikita, 17 ans, a ressenti une profonde déception lorsqu’il a découvert que 28 de ses vœux avaient été refusés. Élève au lycée André-Malraux à Biarritz, l’adolescent a pourtant tout d’un bon élève. Inscrit en spécialités mathématiques et physique-chimie, le jeune homme a brillamment réussi son année de terminale en obtenant 17 de moyenne générale. L’adolescent parle également quatre langues, dont l’anglais et le serbe couramment, et passe une bonne partie de son temps libre à se former sur Python. Un parcours qui ne lui a cependant pas suffi pour valider ses vœux. “Je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas été admis, ni ce que j’aurais dû faire de plus. J’ai pris le temps de me renseigner sur les critères de sélection dans chaque formation, adapté mes lettres de motivation en conséquence et participé à plusieurs journées portes ouvertes. J’ai même pris des cours particuliers pour me préparer aux prépas MPSI que je visais. Mais j’ai l’impression que mes efforts n’ont servi à rien. Je le vis vraiment comme une injustice.” confie-t-il. “L’aberration du système” À plus de 700 kilomètres de là, la désillusion est similaire pour Émilie. Sa fille Katya, également âgée de 17 ans et scolarisée en terminale ST2S au lycée Bonaparte de Toulon, n’a pas été admise dans la formation dont elle rêvait. Depuis des années, la jeune fille rêve de devenir manipulatrice radio et a tout fait pour réaliser son objectif. “Elle s’est inscrite dans la bonne filière, a rencontré des radiologues, effectué des stages, passé le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa)”, énumère sa mère Émilie. Un engagement qui n’a pas porté ses fruits. Malgré une année d’avance et une moyenne générale de 16, Katya se retrouve sur liste d’attente pour intégrer l’Institut de formation public varois des professions de santé, son premier choix. Même situation pour l’école d’Avignon, où elle n’a pas encore obtenu de place. La jeune fille a toutefois été acceptée sur pratiquement tous ses vœux infirmiers alors que ce n’est pas son principal objectif : “C’est toute l’aberration du système”, s’exclame Émilie. Des situations qui remontent régulièrement à la FCPE, comme l’explique Grégoire Ensel, son vice-président : “La plupart du temps, il s’agit d’élèves travailleurs, impliqués, respectueux des consignes, avec de bons résultats, qui ont toujours répondu aux attentes du système scolaire. Et au moment de la découverte des réponses sur Parcoursup, les vœux espérés n’aboutissent pas, ou très mal.” Une injustice pour certains Un échec qui, pour beaucoup, prend la forme d’une injustice.“Beaucoup de parents, notamment dans les classes moyennes et supérieures, ont intégré l’idée que si leur enfant faisait ce qu’on lui demandait à l’école, il serait récompensé”, constate Grégoire Ensel. “Quand cette promesse implicite ne se concrétise pas, c’est extrêmement dur à vivre.” Sur les réseaux sociaux, les témoignages similaires sont nombreux : des élèves sérieux, avec de bons dossiers, qui n’ont pas obtenu la formation qu’ils souhaitaient. Malgré tout, le 2 juin, les deux tiers des lycéens avaient reçu au moins une réponse favorable à l’un de leurs vœux.

Pourtant, son dossier semble exemplaire : 17 de moyenne générale, spécialités mathématiques et physique-chimie, maîtrise de plusieurs langues et compétences en programmation Python. Malgré une préparation minutieuse de ses candidatures et des démarches ciblées vers les classes préparatoires MPSI, les portes se ferment.

Supprimer 4.000 postes à l’Éducation Nationale fera-t-il baisser le niveau ?
La suppression de 4.000 postes d’enseignants au budget de l’Education Nationale pour 2025 n’a pas tardé à susciter les foudres

Même constat pour Katya, lycéenne de terminale ST2S à Toulon. Avec une moyenne de 16 et une année d’avance, elle visait une formation de manipulatrice radio. Malgré des stages professionnels, des rencontres avec des praticiens et un engagement démontré, elle se retrouve en liste d’attente dans les établissements qu’elle ciblait. Ironiquement, elle est admise dans de nombreuses formations infirmières qui ne correspondent pas à son projet principal.

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Un algorithme opaque au service d’une allocation administrée

Créé en 2018 pour remplacer APB et ses dysfonctionnements, Parcoursup devait fluidifier l’accès au supérieur. Parcoursup repose sur des algorithmes locaux, des classements propres à chaque établissement et des capacités d’accueil limitées, créant une concurrence intense entre candidats. Le problème n’est donc plus seulement celui de la réussite académique, mais celui des critères de sélection eux-mêmes.

Bac 2026 : l’État redécouvre l’exigence, vingt ans trop tard
Un enfant de 10 ans candidat au bac, un taux de réussite frôlant les 92 %, une fraude en hausse de 30 %, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray vient d’annoncer une série de mesures de renforcement. Salutaires sur le papier. Révélatrices d’un naufrage institutionnel sur le fond. A quelques semaines du

L’État a progressivement transféré aux établissements la responsabilité du tri des dossiers tout en maintenant le discours d’une égalité des chances fondée sur le mérite. Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE, résume le problème : ce sont des élèves qui ont « toujours répondu aux attentes du système » et qui se retrouvent néanmoins exclus.

Le mécanisme de sélection de Parcoursup repose sur des critères opaques, définis établissement par établissement, sans que les candidats ni même les familles, puissent en comprendre la hiérarchie réelle.

Bac 2026 : l’orthographe redevient obligatoire… après avoir été sacrifiée
Dans sa circulaire de rentrée publiée le 7 mai 2026 au Bulletin officiel, le ministre Édouard Geffray place « le langage et le raisonnement scientifique » au cœur de la mission des enseignants. Fini les « textes à trous » en primaire : place au geste scripteur et aux phrases complètes. Au baccalauréat, la qualité

"Beaucoup de parents, notamment dans les classes moyennes et supérieures, ont intégré l'idée que si leur enfant faisait ce qu'on lui demandait à l'école, il serait récompensé", dénonce Grégoire Ensel.

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Les bons élèves découvrent l’arbitraire d’État

Les témoignages concordent : élèves travailleurs, respectueux des règles scolaires, impliqués dans des stages et des journées portes ouvertes, se heurtent à un mur. Grégoire Ensel, vice-président de la FCPE, le reconnaît : ces profils « répondent aux attentes du système » mais n’obtiennent pas les places espérées.

Derrière la rhétorique de la « méritocratie républicaine » se jouent des rapports de force. Les filières sélectives (classes prépa, IFSI, paramédical) appliquent des quotas implicites, des priorités géographiques ou sociales et une logique de remplissage statistique.

L’État, en monopole quasi-absolu sur la régulation des formations et des numerus clausus, décide de l’offre de places. Parcoursup illustre parfaitement les limites de la planification par l’État : il produit de la frustration, de l’arbitraire et un gâchis humain coûteux. Plutôt que de laisser les établissements sélectionner librement et les étudiants choisir sans intermédiaire bureaucratique, on maintient une illusion d’équité qui sert surtout à préserver les rentes institutionnelles et les équilibres corporatistes.

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Sans surprise, fin du cessez-le-feu en Iran

Sans surprise, fin du cessez-le-feu en Iran

par Thibault de Varenne Le cessez-le-feu du 8 avril n'aura tenu ni le détroit, ni le Liban, ni la parole donnée. On l'a salué pourtant. On a parlé de retour à la raison, de désescalade, de fenêtre diplomatique. Deux mois plus tard, comme je l'avais annoncé en son temps, les forces américaines arraisonnent un navire iranien dans le Golfe, frappent une île d'Ormuz, et l'Iran réplique sur un centre de commandement et sur des installations à Bahreïn et au Koweït. LE COURRIER DES STRATÈGES


Rédaction

Rédaction

L'or à 4 500 dollars : pourquoi la branche sûre du Barbell n'a jamais autant mérité son nom

L'or à 4 500 dollars : pourquoi la branche sûre du Barbell n'a jamais autant mérité son nom

par Vincent Clairmont JP Morgan a relevé le 25 février sa prévision de long terme sur l'or à 4 500 dollars l'once, soit une hausse de 15 % de son ancre structurelle, tout en maintenant à 6 300 dollars sa cible pour la fin 2026. Entre les deux chiffres, le marché a fait le grand écart : record absolu à 5 594 dollars le 29 janvier, puis correction. La question qui revient dans mes messages depuis la flambée du détroit d'Ormuz tient en sept mots : faut-il encore acheter après une correction ? Ma


Rédaction

Rédaction

Convergence mondiale des revenus : l'horreur fiscale du rapport Piketty, par Élise Rochefort

Convergence mondiale des revenus : l'horreur fiscale du rapport Piketty, par Élise Rochefort

Le World Inequality Lab, laboratoire de recherche co-dirigé par Thomas Piketty et adossé à l'École d'économie de Paris, a publié le 4 juin 2026 un rapport intitulé « Global Justice Report: a Plan for Equality and Prosperity Within Planetary Boundaries ». Le document a été présenté en ouverture de la World Inequality Conference, tenue à Paris du 4 au 6 juin. Il couvre la période 2026-2100. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin


Rédaction

Rédaction

Bitcoin sous 60 000 dollars, or en repli, étau fiscal : le point patrimoine du dimanche, par Vincent Clairmont

Bitcoin sous 60 000 dollars, or en repli, étau fiscal : le point patrimoine du dimanche, par Vincent Clairmont

Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Celle-ci fut dense : correction sévère sur Bitcoin, repli de l'or, clôture du calendrier déclaratif, BCE jeudi — et des signaux de hausse fiscale pour 2027 qu'il serait imprudent de classer sans suite. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour


Rédaction

Rédaction